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Entrepreneuriat & croissance

Conseil en levée de fonds : guide juridique complet pour dirigeants et fondateurs

Date
8.5.2026
Durée
10 minutes
Comment réussir une levée de fonds ? Découvrez le rôle du conseil, les étapes juridiques clés et les bonnes pratiques pour sécuriser et structurer votre opération.

La levée de fonds est devenue un passage quasi obligé pour les start-up, scale-up et PME en croissance. Derrière l’aspect financier de l’opération se cache une mécanique juridique exigeante, qui engage durablement les fondateurs, les salariés clés et la trajectoire de l’entreprise. Choix de la forme sociale, augmentation de capital, pacte d’associés, dispositifs d’intéressement, conformité RGPD, protection des actifs immatériels : chaque étape mérite un accompagnement rigoureux.

Le cabinet DIGIFEC, cabinet d’avocats d’affaires basé à Paris, accompagne les dirigeants à chaque phase du cycle de vie de l’entreprise. Cet article propose un panorama opérationnel des points juridiques essentiels d’une levée de fonds réussie, à la lumière des textes en vigueur (Code de commerce, Code civil, Code monétaire et financier, Code général des impôts et Règlement (UE) 2016/679 dit RGPD).

Pourquoi se faire accompagner juridiquement pour une levée de fonds ?

Qu’est-ce qu’une levée de fonds d’un point de vue juridique ?

D’un point de vue juridique, une levée de fonds correspond à une augmentation de capital réalisée au profit de nouveaux investisseurs (business angels, fonds de capital-risque, family offices, corporate venture). Elle est régie principalement par les articles L. 225-127 et suivants du Code de commerce pour les sociétés anonymes, applicables par renvoi aux sociétés par actions simplifiées. Aux termes de l’article L. 225-129 du Code de commerce, c’est en principe l’assemblée générale extraordinaire qui décide d’une augmentation de capital, sur rapport de l’organe de direction.

L’opération combine plusieurs réalités :

  • une émission de titres (actions ordinaires, actions de préférence, valeurs mobilières composées) ;
  • une modification des statuts ;
  • la signature d’un pacte d’associés ou de la mise à jour de celui qui existe déjà ;
  • un transfert de pouvoirs au sein de la gouvernance.

L’encadrement contractuel et statutaire de la levée détermine, pour plusieurs années, les rapports entre fondateurs et investisseurs, la latitude de décision du dirigeant, ainsi que les mécanismes de sortie.

Quels sont les principaux risques d’une levée de fonds mal préparée ?

Une opération mal structurée expose les fondateurs à des risques juridiques et financiers significatifs :

  • dilution excessive liée à une valorisation mal négociée ou à des clauses anti-dilution agressives ;
  • perte de contrôle opérationnel par le jeu de droits de veto trop larges accordés aux investisseurs ;
  • remise en cause de la valorisation en cas d’absence de due diligence juridique sérieuse ;
  • mise en jeu de la garantie d’actif et de passif en cas de passifs non révélés ;
  • non-conformité RGPD susceptible de bloquer ou ralentir le closing ;
  • insécurité sur les actifs immatériels (logiciels, marques, savoir-faire), souvent au cœur de la valeur d’une jeune entreprise.

L’intervention d’un avocat d’affaires dès les premières discussions permet d’anticiper ces risques, de sécuriser la documentation et de défendre les intérêts des fondateurs face à des investisseurs systématiquement assistés de leurs propres conseils.

Comment choisir la bonne forme juridique avant de lever des fonds ?

Pourquoi la SAS s’impose-t-elle pour les opérations de levée de fonds ?

La société par actions simplifiée (SAS), régie par les articles L. 227-1 et suivants du Code de commerce, est devenue la forme sociale de référence pour les opérations de venture capital en France. Sa flexibilité statutaire constitue un atout décisif :

  • liberté d’organisation de la gouvernance (président, directeurs généraux, comités, conseil de surveillance, conseil stratégique) ;
  • possibilité d’émettre des actions de préférence au sens de l’article L. 228-11 du Code de commerce, avec des droits financiers et politiques sur mesure ;
  • absence de capital social minimum ;
  • aménagement contractuel des droits de vote, des droits préférentiels de souscription et des conditions d’agrément.

À l’inverse, la SARL se révèle peu adaptée à une opération de levée d’ampleur, notamment en raison de l’impossibilité d’émettre des actions et des contraintes de cession des parts sociales. Une transformation en SAS est donc souvent recommandée en amont d’un tour de table sérieux.

Faut-il modifier ses statuts avant l’arrivée d’investisseurs ?

Oui, dans la grande majorité des cas. Les statuts initiaux, rédigés à la création, sont rarement adaptés à l’arrivée d’investisseurs professionnels. Il convient notamment de revoir :

  • les clauses d’agrément et de préemption sur les cessions de titres ;
  • les règles de quorum et de majorité pour les décisions collectives ;
  • la catégorisation des actions (ordinaires et de préférence) ;
  • les modalités d’émission de valeurs mobilières donnant accès au capital (BSA, OCA, BSA-Air).

Dans la pratique, une opération de levée s’accompagne quasi systématiquement d’une refonte statutaire complète, souvent assortie d’un pacte d’associés qui vient préciser et compléter les statuts.

Quelles sont les étapes juridiques clés d’une levée de fonds ?

Comment se déroule la phase de term sheet et de due diligence ?

L’opération démarre généralement par la signature d’une lettre d’intention ou term sheet (parfois nommée letter of intent). Ce document, partiellement non engageant sauf pour certaines clauses (exclusivité, confidentialité, frais), fixe les grands paramètres : valorisation pré-money, montant levé, catégorie de titres émis, droits préférentiels, principaux engagements des fondateurs.

Vient ensuite la phase de due diligence, audit juridique, fiscal, social et technique conduit par les conseils des investisseurs. Elle porte typiquement sur :

  • la régularité des actes de société (statuts, procès-verbaux, registres) ;
  • la chaîne de titres et l’absence de litiges entre associés ;
  • les contrats stratégiques (clients, fournisseurs, distributeurs) ;
  • les contentieux en cours ;
  • la propriété intellectuelle et les logiciels ;
  • la conformité RGPD ;
  • les contrats de travail des collaborateurs clés et l’existence de clauses de cession de droits.

Une due diligence vendeur anticipée, conduite par le cabinet du dirigeant, permet de préparer les réponses, corriger les anomalies et renforcer la position de négociation.

Que doit contenir le pacte d’associés post-levée ?

Le pacte d’associés est l’instrument contractuel central de la relation entre fondateurs, investisseurs historiques et nouveaux entrants. Il complète les statuts et organise la vie de la société pour les années à venir. Un pacte bien rédigé couvre notamment :

  • les clauses de gouvernance (conseil stratégique, droits d’information, droits de veto sur les décisions importantes) ;
  • les clauses de transfert de titres (préemption, agrément, droit de sortie conjointe, obligation de sortie conjointe dite drag-along) ;
  • les clauses anti-dilution au profit des investisseurs ;
  • les engagements des fondateurs : exclusivité, non-concurrence, clause de leaver distinguant good leaver et bad leaver ;
  • les clauses de liquidité et de liquidation préférentielle ;
  • les modalités de règlement des litiges (arbitrage ou juridiction étatique).

Chaque clause doit être étudiée à l’aune des intérêts du dirigeant et de la stratégie de long terme. Un pacte trop favorable aux investisseurs peut bloquer le développement de l’entreprise ou conduire à une éviction des fondateurs.

Quelles sont les formalités juridiques de finalisation ?

La phase de closing comporte plusieurs formalités impératives :

  • assemblée générale extraordinaire décidant l’augmentation de capital, dans le respect des articles L. 225-129 et suivants du Code de commerce ;
  • dépôt des fonds sur un compte bancaire bloqué ou auprès d’un dépositaire ;
  • émission des titres et inscription dans les comptes individuels d’actionnaires ;
  • dépôt au greffe du tribunal de commerce des statuts modifiés et des actes de l’assemblée ;
  • mise à jour du registre des bénéficiaires effectifs ;
  • déclaration auprès de l’administration fiscale, le cas échéant.

L’ensemble peut représenter plusieurs dizaines de documents à signer le jour du closing. Une checklist juridiquerigoureuse, tenue par l’avocat conseil, est indispensable pour éviter toute omission.

Comment intéresser et fidéliser les talents lors d’une levée de fonds ?

Quels sont les avantages des BSPCE pour les start-up ?

Les bons de souscription de parts de créateur d’entreprise (BSPCE), régis par l’article 163 bis G du Code général des impôts, constituent l’outil le plus adapté à l’intéressement des collaborateurs clés dans une jeune société innovante. Ce dispositif fiscalement avantageux a été récemment modernisé par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, applicable aux bons attribués à compter du 1er janvier 2026.

Pour bénéficier du régime, la société émettrice doit notamment :

  • être passible de l’impôt sur les sociétés en France ;
  • avoir son capital détenu directement à hauteur de 15 % au moins par des personnes physiques (avec des règles spécifiques pour les fonds de capital-investissement) ;
  • présenter une capitalisation boursière inférieure à 150 millions d’euros lorsqu’elle est cotée ;
  • être immatriculée au registre du commerce et des sociétés depuis moins de quinze ans.

Le gain d’exercice réalisé par le bénéficiaire est imposé au taux forfaitaire prévu par l’article 200 A du CGI, ou sur option dans la catégorie des traitements et salaires. Un taux majoré de 30 % s’applique lorsque le bénéficiaire exerce son activité dans la société depuis moins de trois ans à la date de la cession.

Les BSPCE présentent un double intérêt pour le dirigeant : aligner les intérêts des collaborateurs clés sur la trajectoire de la société et préserver la trésorerie en évitant des hausses de salaires immédiates.

Quand privilégier les actions gratuites ou les stock-options ?

Pour les sociétés ne remplissant pas les conditions d’éligibilité aux BSPCE, ou pour des profils particuliers (mandataires sociaux, salariés tardifs), d’autres outils existent :

  • les attributions gratuites d’actions (AGA) régies par les articles L. 225-197-1 et suivants du Code de commerce, qui permettent une distribution d’actions sous condition de présence et, souvent, de performance ;
  • les stock-options ou options de souscription d’actions, prévues par les articles L. 225-177 et suivants du Code de commerce ;
  • les bons de souscription d’actions (BSA), plus souples mais ne bénéficiant pas d’un régime fiscal de faveur dédié.

Le choix dépend de la maturité de la société, du profil des bénéficiaires et de la stratégie de dilution acceptée par les fondateurs. Une politique d’intéressement doit être pensée comme un système d’ensemble, en lien avec la politique de rémunération et les engagements pris vis-à-vis des investisseurs.

Pourquoi la conformité RGPD est-elle essentielle avant une levée de fonds ?

Quels documents RGPD doivent être prêts pour la due diligence ?

Le Règlement (UE) 2016/679 (RGPD) impose à tout responsable de traitement des obligations qui sont devenues un axe central des audits juridiques. Une non-conformité visible peut entraîner une réduction de valorisation, des conditions suspensives lourdes, voire un retrait des investisseurs.

Avant une levée, l’entreprise doit pouvoir présenter :

  • un registre des activités de traitement conforme à l’article 30 du RGPD ;
  • des politiques de confidentialité à jour, accessibles aux personnes concernées ;
  • des contrats de sous-traitance conformes à l’article 28 du RGPD, avec ses prestataires (hébergeur, CRM, outils marketing) ;
  • les analyses d’impact sur la protection des données (AIPD) lorsqu’un traitement présente un risque élevé au sens de l’article 35 du RGPD ;
  • la désignation d’un délégué à la protection des données (DPO) si l’entreprise y est tenue par l’article 37 du RGPD ;
  • des procédures internes de gestion des droits des personnes et des violations de données.

Pour une plateforme digitale ou e-commerce, l’audit RGPD revêt une importance particulière : cookies, profils clients, données de paiement, ciblage publicitaire, transferts hors Union européenne. Un plan de mise en conformitéanticipé évite de découvrir les manquements au moment où l’investisseur les pointe.

Comment sécuriser ses actifs immatériels avant une levée ?

La valeur d’une start-up tient le plus souvent à ses actifs immatériels : logiciels, bases de données, savoir-faire, marques, noms de domaine, contenus, modèles algorithmiques. Leur sécurisation juridique est une condition de réussite de la levée :

  • dépôt des marques auprès de l’INPI et, le cas échéant, à l’international ;
  • cessions de droits signées par tous les contributeurs (salariés, prestataires, freelances) au profit de la société, sur le fondement des articles L. 131-1 et suivants du Code de la propriété intellectuelle ;
  • traçabilité des développements logiciels et dépôts probatoires (enveloppe Soleau, horodatage, technologies de blockchain) ;
  • protection du secret des affaires et clauses de confidentialité dans tous les contrats sensibles ;
  • inventaire des licences open source et conformité avec leurs conditions.

Un investisseur professionnel n’investit pas dans une société dont la propriété intellectuelle est juridiquement fragile. La due diligence IT et IP est aujourd’hui aussi structurante que l’audit financier.

Comment DIGIFEC accompagne-t-il les dirigeants dans leur levée de fonds ?

Le cabinet DIGIFEC, cabinet d’avocats d’affaires implanté à Paris, intervient à chaque étape du cycle de vie de l’entreprise et offre un accompagnement intégré des opérations de levée de fonds, structuré autour de plusieurs axes :

  • création et structuration de sociétés : choix de la forme sociale, rédaction des statuts, mise en place initiale de la gouvernance ;
  • opérations de croissance externe (M&A) : stratégie d’acquisition ou de cession, négociation des term sheets, conduite des due diligence, rédaction des contrats de cession, garanties d’actif et de passif, gestion des formalités post-closing ;
  • structuration juridique et financière des opérations de financement : levées de fonds, financements obligataires, fiducie-sûreté sur le fondement des articles 2011 et suivants du Code civil ;
  • rédaction et négociation des pactes d’associés et mise en place de dispositifs d’intéressement (BSPCE, AGA, stock-options, BSA) adaptés aux contraintes de la société et aux objectifs du dirigeant ;
  • conformité RGPD : audits, registre des traitements, AIPD, contrats de sous-traitance, accompagnement du DPO et formation des équipes ;
  • sécurisation des actifs immatériels : stratégie de propriété intellectuelle, contrats de cession de droits, contrats de licence, protection du secret des affaires ;
  • conseil global aux dirigeants sur la durée, en lien étroit avec les conseils financiers et fiscaux.

Cette approche transversale, combinant droit des sociétés, droit des affaires, droit de la data et droit patrimonial, permet aux dirigeants de bénéficier d’un point de contact unique pour piloter leurs opérations stratégiques.

En synthèse : sécuriser sa levée de fonds, un investissement juridique stratégique

Une levée de fonds ne se résume pas à signer un chèque. Elle engage l’avenir de la société, des fondateurs et des collaborateurs. La qualité de la structuration juridique, la solidité du pacte d’associés, la pertinence des dispositifs d’intéressement, le niveau de conformité RGPD et la protection des actifs immatériels font toute la différence entre une opération réussie et un tour de table source de difficultés futures.

S’entourer d’un cabinet d’avocats d’affaires expérimenté, comme DIGIFEC, permet aux dirigeants d’aborder leur levée avec sérénité, de défendre leurs intérêts avec rigueur et de préparer dès aujourd’hui les opérations de demain : nouvelle levée, fusion-acquisition, cession ou introduction en bourse.

Article rédigé à des fins d’information générale. Il ne constitue pas une consultation juridique individualisée. Pour toute question relative à votre projet, contactez le cabinet DIGIFEC.

Foire aux questions

Combien de temps dure une levée de fonds en moyenne ?

Une levée de fonds prend généralement entre 6 et 12 mois entre la décision de lever et l’encaissement effectif des fonds. Ce délai se décompose en plusieurs phases : préparation des documents (1 à 2 mois), prises de contact et premiers rendez-vous investisseurs (2 à 4 mois), négociation de la term sheet (3 à 6 semaines), due diligence et négociation de la documentation juridique (2 à 3 mois), puis closing et formalités. Anticiper ce calendrier est essentiel pour éviter une tension de trésorerie en fin de parcours.

Faut-il transformer sa SARL en SAS avant une levée de fonds ?

Dans la grande majorité des cas, oui. La SARL est peu adaptée aux opérations de capital-risque : elle ne permet pas d’émettre d’actions de préférence, impose un agrément contraignant pour les cessions de parts et limite la flexibilité de la gouvernance. La SAS, régie par les articles L. 227-1 et suivants du Code de commerce, offre une grande liberté statutaire et constitue le standard du marché pour les opérations de venture capital. La transformation doit être réalisée plusieurs mois avant le début des discussions avec les investisseurs.

Quelle est la différence entre les statuts et le pacte d’associés ?

Les statuts sont le document officiel de la société, déposés au greffe et opposables aux tiers. Ils fixent les règles générales de fonctionnement : forme sociale, capital, organes de direction, modalités de prise de décision. Le pacte d’associés est un contrat privé, confidentiel, qui complète et précise les statuts entre les signataires. Il contient les engagements sensibles : clauses de leaver, liquidation préférentielle, droits de veto, engagements de non-concurrence, drag-along et tag-along. En cas de contradiction, les statuts priment juridiquement, mais le pacte engage contractuellement ses signataires.

Qu’est-ce qu’une action de préférence ?

Prévue par l’article L. 228-11 du Code de commerce, une action de préférence est une catégorie d’action assortie de droits particuliers, financiers (priorité sur dividendes, liquidation préférentielle) ou politiques (droits de vote renforcés, droits d’information). Les investisseurs en capital exigent quasi systématiquement des actions de préférence pour sécuriser leur investissement, notamment via une clause de liquidation préférentielle qui leur garantit de récupérer leur mise en cas de cession ou de liquidation, avant les fondateurs.

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