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Entrepreneuriat & croissance

Société d'investissement en capital à risque : faire entrer une SCR au capital

Date
22.10.2026
Durée
17 minutes
Société d'investissement en capital à risque : statut, quota de 50 %, plafond de 40 % des votes, pacte. Préparez l'entrée d'une SCR à votre capital.
Fondateurs de startup négociant l'entrée d'une société de capital-risque au capital de leur entreprise

Une société d'investissement en capital à risque, que le droit français appelle simplement société de capital-risque (SCR), n'est pas un fonds comme les autres. C'est une société par actions dont le métier est de prendre des participations dans des entreprises non cotées, et qui bénéficie d'un régime fiscal de faveur en échange de règles d'investissement strictes. Quand elle entre à votre capital, ces règles deviennent aussi un peu les vôtres.

Pour un fondateur, la différence avec un FPCI ou un business angel est concrète : horizon de sortie, appétit pour le réinvestissement, gouvernance demandée, clauses du pacte, et même plafond de droits de vote que l'investisseur peut détenir. Ce guide vous donne la grille de lecture complète, un cas chiffré de série A et la checklist des points à négocier.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups et scale-ups, nous accompagnons des fondateurs face à des SCR, des fonds et des réseaux d'angels. Les remarques qui suivent reprennent les points qui reviennent à chaque closing.

Qu'est-ce qu'une société d'investissement en capital à risque ?

Le statut de société de capital-risque est défini par l'article 1-1 de la loi n° 85-695 du 11 juillet 1985. Peuvent prendre cette dénomination les sociétés françaises par actions qui remplissent un ensemble de conditions : un objet social limité à la gestion d'un portefeuille de valeurs mobilières, un quota d'investissement en titres non cotés, un plafond d'endettement, un plafond de détention par une même famille et une option pour le régime avant l'ouverture de l'exercice concerné.

Une société, pas un fonds

Contrairement à un FPCI, la SCR a la personnalité morale. Elle signe elle-même le bulletin de souscription, figure en son nom dans votre registre des mouvements de titres et vote en assemblée par l'intermédiaire de son représentant légal. Pour comprendre la mécanique d'un fonds, avec sa société de gestion, ses souscripteurs et son cycle de vie, vous pouvez lire notre article sur le fonctionnement des fonds de venture capital.

Cette différence a une conséquence majeure : une SCR n'a pas de date de liquidation imposée par un règlement de fonds. Elle peut fonctionner comme un véhicule à capital permanent, qui réinvestit ses plus-values au fil du temps. C'est souvent son principal argument face aux fonds fermés.

Quel est le statut fiscal d'une SCR et pourquoi il vous concerne ?

Le cœur du régime figure au 3° septies de l'article 208 du code général des impôts : les SCR qui fonctionnent dans les conditions de l'article 1-1 sont exonérées d'impôt sur les sociétés sur les produits et plus-values nettes de leur portefeuille. Une plus-value réalisée lors de la revente de vos actions n'est donc pas taxée au niveau de la SCR.

Côté actionnaires de la SCR, l'article 163 quinquies C du CGI prévoit que les distributions prélevées sur les bénéfices issus de l'objet social sont exonérées pour les personnes physiques qui conservent leurs actions au moins 5 ans à compter de leur souscription ou acquisition et qui réinvestissent immédiatement les sommes reçues pendant cette période, soit en actions de la SCR, soit sur un compte bloqué. D'autres conditions s'ajoutent, notamment de domicile fiscal et de détention.

Pourquoi ce régime pèse sur votre relation avec l'investisseur

L'exonération n'est acquise que si la SCR respecte ses ratios en permanence. Si elle les perd, l'avantage fiscal peut être remis en cause pour elle et pour ses actionnaires. Votre startup devient donc une ligne de quota à surveiller : la SCR vous demandera des déclarations sur votre éligibilité, des informations sur votre capital et parfois des engagements sur le maintien de certaines caractéristiques.

Comment fonctionne le quota d'investissement en titres non cotés ?

La règle centrale tient en une phrase : la situation nette comptable de la SCR doit être représentée de façon constante, pour 50 % au moins, de titres de sociétés non cotées. Ces sociétés doivent avoir leur siège dans un État membre de l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d'assistance administrative, exercer une activité industrielle ou commerciale au sens de l'article 34 du CGI et être soumises à l'impôt sur les sociétés au taux normal.

Les quatre ratios qui encadrent une SCR

50 %

minimum de la situation nette comptable investi en titres de sociétés non cotées éligibles

40 %

plafond des droits de vote que les participations du quota peuvent conférer à la SCR ou à ses actionnaires

10 %

plafond des emprunts d'espèces, rapporté à l'actif net de la SCR

30 %

plafond des droits dans les bénéfices de la SCR pour une personne physique et sa famille proche

Ce qui peut entrer dans le quota

  • Les actions et titres de capital de sociétés non cotées éligibles, que la SCR souscrit lors d'une augmentation de capital ou rachète à des associés existants.
  • Les titres cotés de petites capitalisations, dans la limite de 20 % de la situation nette, lorsque la capitalisation boursière de l'émetteur est inférieure à 150 M€.
  • Les avances en compte courant consenties à des sociétés dont la SCR détient au moins 5 % du capital, dans la limite de 15 % de la situation nette.
  • Certaines participations indirectes, via des entités de placement collectif ou des holdings, sous conditions précisées par le texte.

Bonne nouvelle pour les scale-ups qui envisagent une introduction en bourse : les titres d'une société admise à la cote après l'entrée de la SCR restent pris en compte dans le quota pendant cinq ans à compter de leur admission, sauf exceptions. La SCR n'est donc pas obligée de vendre à l'IPO pour préserver son régime.

Les règles qui découlent du quota pour la startup

Votre société doit être soumise à l'IS au taux normal et exercer une activité commerciale ou industrielle. Une startup SaaS, deeptech, medtech ou marketplace remplit généralement ces critères. Une société à prépondérance immobilière ou une structure purement patrimoniale pose davantage de questions, de même qu'une société dont le siège serait situé hors de l'Espace économique européen.

Exemple : les limites du quota pour une SCR de 20 M€ de situation nette
Règle (article 1-1 de la loi de 1985)CalculMontant
Quota minimum en titres non cotés éligibles50 % x 20 M€10 M€ au moins
Titres cotés de petites capitalisations comptés dans le quota20 % x 20 M€4 M€ au plus
Avances en compte courant comptées dans le quota (participation d'au moins 5 %)15 % x 20 M€3 M€ au plus
Emprunts d'espèces autorisés (base : actif net)10 % x 20 M€2 M€ au plus

Pourquoi une SCR ne peut pas détenir plus de 40 % des droits de vote ?

L'article 1-1 précise que les participations retenues dans le quota ne doivent pas conférer, directement ou indirectement, à la SCR ou à l'un de ses actionnaires directs ou indirects plus de 40 % des droits de vote des sociétés concernées. C'est une garantie de minorité : la SCR est un investisseur, pas un repreneur. Le contrôle reste en principe entre les mains des fondateurs ou d'autres associés.

Le calcul se fait en droits de vote, pas en capital. Des actions de préférence à droit de vote multiple, ou au contraire sans droit de vote, modifient donc le résultat. Le calcul agrège aussi les titres que détiennent les actionnaires de la SCR, ce qui oblige à connaître précisément sa chaîne de détention.

Cas pratique : le test des 40 % lors d'une série A

Prenons une startup SaaS B2B, avec un ARR de 1,8 M€, qui lève 3 M€ en série A sur une valorisation pré-money de 9 M€. Le prix par action est fixé à 10 €. Avant l'opération, le capital compte 900 000 actions, soit une valorisation pré-money de 900 000 x 10 € = 9 M€. La levée crée 300 000 actions nouvelles (3 M€ / 10 €), et le capital post-money atteint 1 200 000 actions, soit 12 M€.

La SCR apporte 2 M€ et reçoit 200 000 actions. Un business angel déjà présent apporte 1 M€ et reçoit 100 000 actions. Particularité : l'actionnaire de référence de la SCR, un family office, détenait déjà en direct 120 000 actions acquises lors du seed. Toutes les actions sont ordinaires, à une voix par action.

Cascade : le test des 40 % au tour de série A

Actions détenues après la série A (100 % des droits de vote)1 200 000
Actions souscrites par la SCR (2 M€ / 10 € par action)200 000
Droits de vote de la SCR : 200 000 / 1 200 00016,7 %
Actions détenues par l'actionnaire de référence de la SCR (entrée au seed)120 000
Droits de vote de cet actionnaire : 120 000 / 1 200 00010,0 %
Total direct et indirect à comparer au plafond de 40 %26,7 %
Un réinvestissement de la SCR en série B, combiné à une sortie partielle des fondateurs, peut rapprocher ce total du plafond. Le calcul se refait à chaque opération sur le capital.

Lecture : la SCR détient 16,7 % des droits de vote, son actionnaire de référence 10,0 %, soit un total de 26,7 %, sous le plafond de 40 %. Si, lors de la série B, la SCR réinvestit massivement pendant que les fondateurs cèdent une partie de leurs titres en secondaire, ce total doit être recalculé. Mieux vaut l'anticiper dans le prévisionnel de table de capitalisation que de le découvrir au moment de la signature.

SCR, FPCI ou business angel : quelles différences pour le fondateur ?

Les trois profils financent des startups, mais leurs contraintes ne sont pas les mêmes. Le FPCI, régi notamment par l'article L. 214-160 du code monétaire et financier, est réservé à certains investisseurs et soumis à un quota de 50 % en titres non cotés par renvoi à l'article L. 214-28 du même code. Pour approfondir ce véhicule, consultez notre guide sur le fonds professionnel de capital investissement.

SCR, FPCI ou business angel : ce qui change pour la startup
CritèreSCRFPCIBusiness angel
Nature juridiqueSociété française par actions, dotée de la personnalité moraleFonds géré par une société de gestion, réservé aux investisseurs professionnels et assimilésPersonne physique, en direct ou via sa holding
Horizon de détentionPas de durée de vie imposée par un règlement : capital permanent possibleDurée de vie fixée par le règlement, avec période d'investissement puis de désinvestissementLibre, souvent long, mais liquidité personnelle parfois pressante
Contraintes d'investissementQuota de 50 % de la situation nette en non coté éligible, plafond de 40 % des droits de voteQuota de 50 % de l'actif en titres non cotés, par renvoi au code monétaire et financierAucune, hors conditions des dispositifs fiscaux mobilisés
Ticket typiqueVariable selon la taille du bilan de la SCRVariable selon la taille du fondsGénéralement le plus faible des trois
Capacité de réinvestissementDépend des fonds propres et de la trésorerie disponiblesRéserves de suivi prévues dès la levée du fondsLimitée, sauf réseau ou co-investissement
Gouvernance demandéeSiège ou censeur, droits d'information, veto sur décisions majeuresSiège, veto étendu, reporting normé pour les souscripteurs du fondsSouvent information et droits de sortie, rarement un siège
Pression de sortieModérée, liée aux attentes de ses actionnairesForte en fin de vie du fondsFaible à modérée

Ce que la SCR apporte de spécifique

Le premier atout est la flexibilité de l'horizon. Un fonds fermé entre en période de désinvestissement à date fixe et doit restituer le capital à ses souscripteurs. Une SCR à capital permanent peut, si ses actionnaires le souhaitent, rester plus longtemps et vous accompagner jusqu'à une sortie mieux préparée.

Le deuxième atout tient à la nature des actionnaires. Une SCR portée par des entrepreneurs ou un groupe industriel apporte un réseau sectoriel et parfois des clients. En contrepartie, sa capacité à suivre aux tours suivants dépend de ses fonds propres disponibles, et non d'une réserve de suivi calibrée dès la levée, comme dans un fonds.

Ce que le business angel garde d'unique

Le business angel décide vite, investit souvent tôt et demande moins de droits. Il est imbattable au pré-seed, mais rarement en mesure de porter seul un tour de plusieurs millions. Pour structurer cette relation, vous trouverez nos conseils sur la façon de trouver et convaincre des business angels en France. Dans la pratique, une SCR intervient souvent aux côtés d'angels au seed ou en série A, ce qui demande d'harmoniser les droits de chacun dans un même pacte.

Arbre de décision : quel investisseur pour votre tour ?

Avez-vous besoin de plus de quelques centaines de milliers d'euros et d'un investisseur capable de suivre aux tours suivants ?
Oui : passez à la question suivante.
Non : un ou plusieurs business angels, éventuellement regroupés, suffisent souvent au pré-seed.
Votre horizon de sortie est-il incertain ou au-delà du cycle classique d'un fonds ?
Oui : une SCR, sans date de liquidation imposée par un règlement de fonds, est un bon candidat.
Non : un FPCI ou un FCPR en début de période d'investissement convient aussi.
Le fonds ou la SCR vise-t-il plus de 40 % des droits de vote, seul ou avec ses actionnaires ?
Oui : la ligne ne pourrait pas compter dans le quota de la SCR ; revoyez le montage ou l'investisseur.
Non : négociez le pacte et la gouvernance.

Quel horizon de sortie attendre d'une SCR ?

L'horizon d'une SCR dépend moins d'une échéance contractuelle que de la stratégie de ses actionnaires. Une SCR détenue par des personnes physiques qui bénéficient du régime de l'article 163 quinquies C a intérêt à ce que ses actionnaires conservent leurs titres au moins 5 ans. Cela favorise un comportement d'investisseur de long terme, mais pas un désintérêt pour la sortie.

Les trois scénarios de sortie les plus fréquents

  1. Cession industrielle : rachat de la startup par un groupe, la SCR vendant ses titres aux côtés des fondateurs grâce à la clause de sortie conjointe.
  2. Cession secondaire : la SCR revend sa participation à un fonds entrant lors d'un tour ultérieur, souvent avec une décote négociée.
  3. Introduction en bourse : la SCR peut conserver ses titres après l'admission, qui restent dans son quota pendant cinq ans.

Discutez dès la term sheet de l'horizon cible de la SCR. Une question simple, « dans quel délai et selon quel scénario espérez-vous céder ? », révèle souvent l'existence d'une clause de liquidité que l'investisseur voudra inscrire au pacte. Demandez aussi comment la SCR finance ses propres besoins de trésorerie : une SCR qui doit distribuer à ses actionnaires sera plus pressée de céder.

Quels droits une SCR demande-t-elle dans le pacte d'associés ?

Une SCR négocie un pacte proche de celui d'un fonds de venture capital, avec une attention particulière portée à l'information sur votre capital, nécessaire au suivi de son quota. Si vous partez de zéro, notre guide sur le pacte d’associés et le founders agreement détaille la structure type.

Droits demandés par une SCR dans le pacte et réponse du fondateur
ClauseCe que demande la SCRPoint de négociation fondateur
Actions de préférencePréférence de liquidation, souvent 1x non participanteRefuser le participating, plafonner le multiple
Anti-dilutionAjustement en cas de tour à valorisation inférieurePréférer la moyenne pondérée large au full ratchet
Droits d'informationReporting mensuel ou trimestriel, budget, comptes annuelsAligner sur le reporting déjà produit pour éviter le double travail
GouvernanceSiège au comité stratégique, liste de décisions soumises à accordLimiter la liste aux décisions vraiment structurantes
Sortie conjointe (tag along)Droit de céder aux mêmes conditions que les fondateursClause standard, à accepter en contrepartie d'un drag along
Sortie forcée (drag along)Obligation de céder si une majorité qualifiée accepte une offreFixer un seuil élevé et un prix plancher
Clause de liquiditéEngagement de rechercher une sortie après une période donnéeFormuler une obligation de moyens, jamais de résultat
Engagement de conformité au quotaDéclarations sur l'éligibilité de la société au régime de la SCRLimiter la garantie aux faits connus à la date du closing

Les actions de préférence : là où se joue la valeur

La SCR souscrit fréquemment des actions de préférence, assorties d'une préférence de liquidation. Une préférence 1x non participante signifie qu'en cas de cession, la SCR récupère d'abord son investissement, ou bien convertit et partage au prorata si c'est plus favorable. Le piège est la préférence participante, qui cumule les deux. Nos explications détaillées sont dans l'article sur les droits et pièges des actions de préférence.

Quelles conséquences pour la gouvernance et la liquidité de la startup ?

Gouvernance : un comité plus structuré

L'entrée d'une SCR s'accompagne presque toujours d'un comité stratégique ou d'un conseil de surveillance, où elle obtient un siège ou un poste de censeur. Les décisions importantes, comme le budget annuel, les recrutements de dirigeants, les emprunts au-delà d'un seuil, les cessions d'actifs ou l'émission de nouveaux titres, deviennent soumises à une majorité renforcée ou à l'accord de l'investisseur.

Liquidité : moins de liberté pour céder vos titres

Le pacte encadre vos propres cessions : droit de préemption, clause d'agrément, inaliénabilité temporaire des titres des fondateurs, clause de good leaver et bad leaver. Votre liquidité personnelle passe donc par une négociation, par exemple une cession secondaire partielle lors d'un tour ultérieur, à prévoir dans le pacte.

Côté société, la SCR peut demander une clause de liquidité qui oblige les parties à rechercher une sortie après une période donnée. Rédigez-la comme une obligation de moyens (mandater une banque d'affaires, organiser un processus), jamais comme une obligation de céder à n'importe quel prix.

Comment préparer l'entrée d'une SCR au capital : méthode en six étapes

Une SCR suit un processus d'investissement proche de celui d'un fonds, avec quelques vérifications propres à son régime. Voici la séquence que nous recommandons de préparer.

Les 6 étapes de l'entrée d'une SCR au capital

1Qualification

Vérifier que votre société est éligible au quota de la SCR : non cotée, soumise à l'IS au taux normal, activité commerciale ou industrielle.

2Term sheet

Montant, valorisation, catégorie d'actions, droits de gouvernance et clauses de sortie négociés en amont.

3Due diligence

Audit financier, juridique, fiscal et social, contrôle de la table de capitalisation et des engagements hors bilan.

4Documentation

Statuts modifiés, pacte d'associés, décisions d'assemblée, éventuel plan de BSPCE mis à jour.

5Closing

Souscription, libération des fonds, certificat du dépositaire, mise à jour des registres de mouvements de titres.

6Suivi

Reporting trimestriel, comités, attestations utiles au suivi du quota de la SCR, préparation de la sortie.

Checklist du fondateur avant la signature

  • Vérifier le statut de l'investisseur : SCR ayant opté pour le régime, holding d'investissement classique, ou véhicule géré par une société de gestion.
  • Demander la liste des actionnaires significatifs de la SCR et leurs éventuelles participations directes dans votre société.
  • Simuler les droits de vote de la SCR et de ses actionnaires après l'opération et aux tours suivants.
  • Confirmer l'éligibilité de votre société au quota : siège, activité, régime d'impôt sur les sociétés.
  • Obtenir la position de la SCR sur son horizon de détention et sa capacité de réinvestissement.
  • Relire la liste des décisions réservées et les seuils associés.
  • Encadrer la clause de liquidité et le drag along (seuil, prix plancher, durée).
  • Mettre à jour la table de capitalisation, le registre des titres et le plan de BSPCE.

Quelles erreurs éviter face à une SCR ?

Confondre SCR et holding d'investissement. Beaucoup de structures se présentent comme « société d'investissement » sans avoir opté pour le régime de SCR. Les contraintes et les attentes ne sont pas les mêmes : une holding classique n'a pas de quota, mais n'a pas non plus d'exonération sur ses plus-values de portefeuille au titre de l'article 208.

Ignorer la chaîne de détention. Le plafond de 40 % intègre les actionnaires directs et indirects de la SCR. Un angel présent au seed peut être, sans que vous le sachiez, actionnaire de la SCR qui entre en série A.

Accepter une garantie illimitée sur l'éligibilité. La SCR veut être rassurée sur votre éligibilité, ce qui est légitime. En revanche, une garantie qui vous rendrait responsable de la perte de son régime fiscal, quelle qu'en soit la cause, est disproportionnée. Limitez-la aux faits connus au closing et à un montant plafonné.

En résumé : faire d'une SCR un partenaire de long terme

Une société de capital-risque est un investisseur minoritaire par construction, tenu par un quota de 50 % en non coté, un plafond de 40 % des droits de vote et un régime fiscal qu'il doit préserver. Pour la startup, c'est la promesse d'un horizon plus souple qu'un fonds fermé, avec en contrepartie des demandes précises d'information et de garanties sur l'éligibilité.

Préparez la table de capitalisation, simulez les droits de vote aux tours suivants, négociez les décisions réservées et encadrez la clause de liquidité. Pour structurer votre tour et dialoguer d'égal à égal avec l'investisseur, découvrez notre accompagnement DIGIFEC dédié aux startups et levées de fonds.

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Foire aux questions

Qu'est-ce qu'une société d'investissement en capital à risque ?

C'est le nom courant de la société de capital-risque (SCR), définie par l'article 1-1 de la loi du 11 juillet 1985. Il s'agit d'une société française par actions dont l'objet est la gestion d'un portefeuille de valeurs mobilières. Elle doit investir au moins 50 % de sa situation nette comptable dans des titres de sociétés non cotées éligibles et respecter plusieurs ratios. En contrepartie, elle est exonérée d'impôt sur les sociétés sur les produits et plus-values de son portefeuille.

Une SCR peut-elle prendre le contrôle de ma startup ?

En principe non, pour les participations qu'elle compte dans son quota. Celles-ci ne doivent pas conférer, directement ou indirectement, à la SCR ou à ses actionnaires plus de 40 % des droits de vote de la société détenue. Le calcul se fait en droits de vote et agrège les titres des actionnaires de la SCR. Ce plafond limite le poids de l'investisseur, mais le pacte peut lui donner des droits de veto importants.

Quelle différence entre une SCR et un FPCI ?

La SCR est une société dotée de la personnalité morale, qui peut fonctionner avec un capital permanent. Le FPCI est un fonds géré par une société de gestion, réservé à certains investisseurs, avec une durée de vie fixée par son règlement. Les deux sont soumis à un quota de 50 % en titres non cotés, mais le FPCI subit une pression de sortie plus forte en fin de vie du fonds.

Ma startup est-elle éligible au quota d'une SCR ?

Votre société doit être non cotée, avoir son siège dans l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen ayant conclu une convention d'assistance administrative avec la France, exercer une activité industrielle ou commerciale et être soumise à l'impôt sur les sociétés au taux normal. La plupart des startups SaaS, deeptech ou marketplaces remplissent ces critères. Un transfert du siège de la société mère hors d'Europe peut en revanche poser problème.

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