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Les statuts SAS d'une startup sont souvent rédigés en une soirée, à partir d'un modèle, pour immatriculer la société au plus vite. Ils deviennent pourtant l'un des premiers documents que lit un fonds lors de la due diligence. Un agrément mal calibré, un président aux pouvoirs flous ou l'absence de catégories d'actions, et la levée prend des semaines de retard, avec des frais juridiques en plus.
La SAS est la forme de prédilection des startups parce que la loi laisse aux associés une grande liberté : selon l'article L227-5 du Code de commerce, les statuts déterminent les conditions de direction de la société. Cette liberté a un revers. Tout ce que les statuts ne prévoient pas devra être négocié, voté et rédigé au moment où vous avez le moins de temps : entre la term sheet et le closing.
Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups, nous voyons chaque année des tours de table freinés par des statuts inadaptés. Ce guide passe en revue les clauses à soigner avant une levée : gouvernance, agrément et inaliénabilité, exclusion, actions de préférence, capital. Avec un cas chiffré, une checklist et les erreurs à éviter.
Un investisseur n'achète pas seulement un pourcentage du capital. Il achète un ensemble de droits : être informé, être consulté sur les décisions structurantes, pouvoir sortir dans de bonnes conditions, être protégé contre la dilution. Une partie de ces droits ne peut exister que si les statuts les prévoient ou, à tout le moins, ne les contredisent pas.
Trois raisons expliquent l'attention que les fonds portent aux statuts. D'abord, ils sont opposables aux tiers et à tout futur associé, alors qu'un pacte ne lie que ses signataires. Ensuite, certaines sanctions sont statutaires : une cession réalisée en violation des clauses statutaires est nulle (article L227-15). Enfin, les droits attachés aux actions de préférence doivent être définis dans les statuts (article L228-11) ; sans eux, pas de préférence liquidative ni de droits particuliers pour l'investisseur.
Le bon réflexe consiste donc à traiter les statuts comme un outil de financement, et pas comme une formalité d'immatriculation. Une startup qui prévoit de lever dans les 12 à 24 mois a intérêt à rédiger dès la création, ou dès l'entrée d'un premier business angel, des statuts qui anticipent l'arrivée d'investisseurs.
La question revient dans toutes les levées. Les statuts sont publics : ils sont déposés au greffe et consultables par tous. Le pacte d'associés reste confidentiel et se négocie plus librement. La répartition des clauses entre les deux documents est un arbitrage entre opposabilité et confidentialité.
La règle pratique : ce qui doit s'imposer à la société et à tout nouvel associé, même non signataire, va dans les statuts. Ce qui relève de l'équilibre économique entre associés (vesting, good et bad leaver, répartition du prix de cession, engagements des fondateurs) va dans le pacte, avec un renvoi croisé lorsque c'est utile.
| Sujet | Dans les statuts | Dans le pacte | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Agrément des cessions | Oui | Complément possible | Une cession faite en violation des statuts est nulle (L227-15) : sanction forte et opposable. |
| Inaliénabilité temporaire | Oui (10 ans maximum) | Lock-up plus fin possible | Base légale explicite (L227-13), adoption à l'unanimité. |
| Droits des actions de préférence | Obligatoire | Mécanique de répartition du prix | Les droits particuliers des catégories sont définis par les statuts (L228-11). |
| Organes de direction, comité stratégique | Oui | Règles de fonctionnement détaillées | Les statuts déterminent les conditions de direction (L227-5). |
| Liste des décisions soumises à l'accord de l'investisseur | Oui si opposable à la société | Souvent détaillée | Les décisions réservées doivent être articulées avec les pouvoirs du président. |
| Leaver (good / bad leaver), vesting | Clause d'exclusion possible | Le plus souvent | Confidentialité : le pacte n'est pas déposé au greffe. |
| Drag along, tag along | Possible | Le plus souvent | Souplesse de rédaction, mais exécution forcée plus délicate qu'avec une clause statutaire. |
| Préférence liquidative sur un prix de cession | Boni de liquidation | Répartition du prix de cession | Les statuts gouvernent la liquidation ; le pacte organise le partage du prix d'une vente. |
Attention à la cohérence entre les deux textes. Un pacte qui prévoit une majorité qualifiée pour une décision que les statuts laissent au président seul crée un conflit : vis-à-vis des tiers, c'est le texte statutaire qui s'applique. Les fonds vérifient systématiquement cet alignement en due diligence.
La gouvernance est la partie des statuts la plus négociée lors d'un premier tour institutionnel. L'investisseur ne veut pas diriger la société, mais il veut éviter qu'une décision majeure soit prise sans lui.
La SAS doit avoir un président, désigné dans les conditions prévues par les statuts. Il représente la société à l'égard des tiers et dispose des pouvoirs les plus étendus dans la limite de l'objet social (article L227-6). Les statuts peuvent prévoir un ou plusieurs directeurs généraux ou directeurs généraux délégués, comme le rappelle la fiche SAS d'Entreprendre Service Public.
Deux points méritent une rédaction précise. Le premier : les limitations de pouvoirs prévues par les statuts ne sont pas opposables aux tiers. Une liste de décisions soumises à autorisation préalable protège donc les associés en interne (responsabilité du président, motif de révocation), mais n'annule pas un contrat signé en dépassement. Le second : les conditions de nomination, de durée de mandat, de rémunération et de révocation du président doivent être explicites.
Sur ce dernier point, prévoyez qui révoque, à quelle majorité, avec ou sans juste motif, et si une indemnité est due. Ces choix ont des conséquences lourdes pour un fondateur, détaillées dans notre article sur la révocation du président de SAS.
La plupart des fonds demandent la création d'un comité stratégique (ou board), organe statutaire composé de représentants des fondateurs, des investisseurs et parfois d'un membre indépendant. Les statuts fixent sa composition, son mode de désignation, ses règles de quorum et de majorité, et surtout la liste des décisions que le président ne peut prendre sans son accord préalable.
Cette liste de décisions réservées doit être réaliste. On y trouve typiquement : l'adoption et la modification du budget annuel, les recrutements au-delà d'un niveau de rémunération, l'endettement au-delà d'un montant, les cessions d'actifs stratégiques (notamment la propriété intellectuelle), la création de filiales, l'attribution de BSPCE. Une liste trop large paralyse l'opérationnel ; une liste floue génère des litiges.
Les statuts déterminent les décisions que les associés prennent collectivement, dans les formes et conditions qu'ils prévoient (article L227-9). Certaines décisions relèvent obligatoirement de la collectivité des associés : augmentation, amortissement ou réduction du capital, fusion, scission, dissolution, transformation, nomination des commissaires aux comptes, comptes annuels et affectation des bénéfices.
Pour une startup qui lève, trois réglages comptent. Les majorités : distinguer décisions ordinaires et extraordinaires, avec des seuils cohérents avec la future cap table. Les modes de consultation : assemblée, consultation écrite, acte sous seing privé signé par tous, visioconférence, signature électronique. Le quorum : un quorum trop exigeant permet à un associé minoritaire de bloquer une décision en ne participant pas.
Par défaut, les actions de SAS sont librement cessibles. Pour une startup, c'est un risque : un associé pourrait céder ses titres à un concurrent ou à une personne indésirable. Les statuts disposent de trois outils complémentaires.
Les statuts peuvent soumettre toute cession d'actions à l'agrément préalable de la société (article L227-14). Il faut préciser l'organe qui agrée (associés, comité stratégique, président), la majorité requise, le délai de réponse, et prévoir des exceptions : transferts entre fonds gérés par une même société de gestion, cessions à une holding personnelle contrôlée par le cédant. Les investisseurs exigent presque toujours ces cessions libres intra-groupe.
En cas de refus d'agrément, le prix de rachat est fixé selon les statuts ; à défaut, d'un commun accord ou, à défaut d'accord, par un expert désigné selon l'article 1843-4 du Code civil (article L227-18). Prévoir une méthode de valorisation évite un recours à l'expert, long et coûteux.
Les statuts peuvent prévoir l'inaliénabilité des actions pour une durée n'excédant pas dix ans (article L227-13). Dans une startup, elle sert à garantir l'engagement des fondateurs pendant une période initiale. Elle est rarement fixée au maximum légal : deux à quatre ans, en cohérence avec le vesting, est plus courant et plus acceptable pour les fondateurs.
La préemption donne aux associés une priorité d'achat sur les actions cédées. Elle peut figurer dans les statuts ou dans le pacte. Les investisseurs veulent souvent une préemption au prorata de leur participation, avec un droit de surallocation. La version statutaire offre l'avantage de la nullité de la cession irrégulière (article L227-15) ; la version contractuelle permet plus de finesse et de confidentialité.
| Clause | Article du Code de commerce | Adoption ou modification |
|---|---|---|
| Inaliénabilité des actions | L227-13 | Unanimité des associés (L227-19) |
| Agrément préalable des cessions | L227-14 | Décision collective aux conditions prévues par les statuts (L227-19) |
| Exclusion d'un associé | L227-16 | Décision collective aux conditions prévues par les statuts (L227-19) |
| Changement de contrôle d'un associé personne morale | L227-17 | Unanimité des associés (L227-19) |
| Prix de rachat (agrément, exclusion, contrôle) | L227-18 | À défaut de clause : accord des parties, sinon expert de l'article 1843-4 du Code civil |
| Émission d'actions de préférence | L228-12 | Associés statuant collectivement, au vu d'un rapport spécial d'un commissaire aux comptes |
Ajouter une clause d'inaliénabilité ou une clause de changement de contrôle exige l'accord de tous les associés (L227-19). Si votre capital compte déjà un business angel en désaccord ou un associé fondateur sorti en mauvais termes, ces clauses deviennent impossibles à insérer sans son vote. Mieux vaut les prévoir dès la constitution ou lors du premier tour, quand le nombre d'associés est encore réduit.
Les statuts peuvent prévoir qu'un associé sera tenu de céder ses actions et suspendre l'exercice de ses droits non pécuniaires jusqu'à cette cession (article L227-16). Cette clause d'exclusion est l'un des rares moyens d'organiser la sortie d'un associé qui ne coopère pas.
Pour être utilisable, elle doit préciser les cas d'exclusion (violation grave des statuts ou du pacte, concurrence, départ d'un fondateur salarié ou mandataire), l'organe qui décide, la procédure contradictoire permettant à l'associé de présenter ses observations, et le prix de rachat. Elle s'articule souvent avec les clauses de good et bad leaver du pacte : la clause statutaire fournit la base juridique, le pacte fixe le prix selon le motif du départ.
La clause de changement de contrôle (article L227-17) vise les associés personnes morales : les statuts peuvent leur imposer d'informer la société de tout changement de contrôle, et prévoir la suspension de leurs droits non pécuniaires et leur exclusion. Elle est utile si un fondateur détient ses titres via une holding, ou si un concurrent pourrait prendre indirectement le contrôle d'un associé industriel. Rappel : son adoption exige l'unanimité.
Les fonds acceptent mal d'être eux-mêmes visés par ces clauses. La rédaction doit donc exclure les changements de contrôle liés au fonctionnement normal d'un fonds (changement de société de gestion, transferts entre véhicules d'un même gestionnaire) et réserver l'exclusion aux cas précisément listés.
Les actions de préférence sont l'outil standard des levées institutionnelles. Selon l'article L228-11 du Code de commerce, elles peuvent être créées avec ou sans droit de vote, assorties de droits particuliers de toute nature, à titre temporaire ou permanent. Le droit de vote peut être aménagé, suspendu ou supprimé pour une durée déterminée ou déterminable. Les actions sans droit de vote ne peuvent représenter plus de la moitié du capital dans une société non cotée.
Sur le plan procédural, l'émission et la conversion des actions de préférence relèvent de la collectivité des associés, au vu d'un rapport spécial d'un commissaire aux comptes (article L228-12, consultable avec les articles suivants dans la section du Code de commerce sur les actions). Lorsque les actions sont émises au profit de personnes nommément désignées, le régime des avantages particuliers s'applique (article L228-15). Comptez ces étapes dans le calendrier du closing.
Prenons une startup SaaS B2B qui lève 1 M€ en seed sur une valorisation pré-money de 4 M€. La valorisation post-money atteint 5 M€ : le fonds détient 20 % du capital en actions de catégorie A, assorties d'une préférence liquidative 1x non participante. Les fondateurs et le pool de BSPCE représentent 80 %.
Scénario 1 : cession à 3 M€. Le fonds compare deux options : récupérer 1 x 1 M€ = 1 M€, ou percevoir sa quote-part, 20 % x 3 M€ = 600 000 €. Il choisit la préférence, 1 M€. Les porteurs d'actions ordinaires se partagent 3 M€ - 1 M€ = 2 M€, soit 66,7 % du prix au lieu de 80 %.
Fonds : 1 M€ investis pour 20 % du capital (actions de catégorie A). Fondateurs et BSPCE : 80 %.
Scénario 2 : cession à 8 M€. La quote-part du fonds, 20 % x 8 M€ = 1,6 M€, dépasse sa préférence de 1 M€. Il renonce à la préférence et perçoit 1,6 M€ ; les autres associés reçoivent 6,4 M€, soit exactement 80 %. Au-delà de 5 M€ de prix (1 M€ / 20 %), la préférence non participante n'a plus d'effet.
Scénario 3 : même cession à 3 M€ avec une préférence participante. Le fonds récupère d'abord 1 M€, puis participe au solde : 20 % x 2 M€ = 400 000 €. Total : 1,4 M€. Les fondateurs et BSPCE ne perçoivent plus que 1,6 M€, soit 53,3 % du prix. Un mot dans la term sheet, « participating », coûte ici 400 000 € aux fondateurs.
Retenez que ces calculs doivent être reproduits dans votre table de capitalisation, avec une projection de la répartition (waterfall) à plusieurs prix de sortie. Juridiquement, les statuts organisent la préférence sur le boni de liquidation ; la répartition du prix d'une cession de titres, elle, est organisée par le pacte, qui engage les associés vendeurs.
Le capital d'une SAS est fixé librement par les associés, avec un minimum de 1 €. Les apports en numéraire doivent être libérés d'au moins la moitié à la création, le solde dans les 5 ans suivant l'immatriculation (source : Entreprendre Service Public). Un capital symbolique peut nuire à la crédibilité auprès des banques et des partenaires, mais il n'empêche pas une levée : ce qui compte pour le fonds, c'est la prime d'émission qu'il verse.
Les statuts doivent aussi anticiper les instruments donnant accès au capital que la startup émettra avant et après la levée :
Pensez enfin à la forme des actions et à la tenue des registres. Les investisseurs vérifient que les comptes d'associés et le registre des mouvements de titres sont à jour et concordent avec la cap table. Une incohérence entre le capital statutaire, les registres et la cap table est l'un des points les plus fréquemment relevés en due diligence.
La refonte des statuts intervient en général après la signature de la term sheet, en parallèle de la due diligence. Le calendrier est serré : plus les statuts d'origine sont proches de la cible, moins il y a de points à négocier.
Relire agrément, majorités, pouvoirs du président, clauses d'exclusion et catégories d'actions existantes.
Lister les droits négociés (préférence, gouvernance, décisions réservées) et décider statuts ou pacte pour chacun.
Projet de statuts refondus, rapport du président, rapport spécial du commissaire aux comptes pour les actions de préférence.
Augmentation de capital, création de la catégorie, adoption des nouveaux statuts, aux majorités statutaires (et unanimité si nécessaire).
Dépôt au greffe, mise à jour des registres de mouvements de titres et de la table de capitalisation.
Quelques conseils de méthode. Faites travailler sur un seul document de référence, avec un tableau de suivi des points ouverts. Validez en amont avec tous les associés existants les clauses qui requièrent l'unanimité. Synchronisez la date d'effet des nouveaux statuts avec la réalisation de l'augmentation de capital : les nouveaux droits ne doivent pas s'appliquer avant l'entrée effective de l'investisseur.
Un statuts SAS modèle téléchargé en ligne fait gagner du temps à la création, mais il est conçu pour une PME sans investisseurs. Avant votre premier tour, passez vos statuts au crible de cette liste :
Si plus de trois points de cette liste manquent dans vos statuts actuels, une refonte complète est généralement plus simple que des modifications ponctuelles.
Les mêmes erreurs reviennent dans la majorité des dossiers que nous analysons avant une levée. Aucune n'est irréparable, mais toutes coûtent du temps au moment où vous en avez le moins.
| Erreur | Conséquence | Correction |
|---|---|---|
| Statuts de SASU conservés après l'arrivée d'un associé | Aucune clause d'agrément ou d'exclusion applicable : les articles L227-13 à L227-19 ne jouent pas pour un associé unique (L227-20) | Refondre les statuts dès l'entrée du deuxième associé |
| Liste de décisions réservées dans le pacte, président tout-puissant dans les statuts | Contrat signé par le président valable vis-à-vis des tiers | Aligner statuts et pacte, prévoir la responsabilité du président |
| Unanimité exigée pour toute modification des statuts | Un associé minoritaire peut bloquer chaque levée | Majorité qualifiée pour les décisions extraordinaires, unanimité limitée aux cas légaux |
| Clause d'exclusion sans prix ni procédure | Clause inapplicable ou contestée, recours à l'expert | Cas listés, procédure contradictoire, méthode de prix |
| Pas de cessions libres pour les fonds | Blocage du transfert entre véhicules d'investissement, renégociation en urgence | Prévoir des exceptions à l'agrément et à la préemption |
| Registres et cap table non concordants | Retard de due diligence, garanties supplémentaires demandées | Rapprocher registres, statuts et cap table avant la data room |
Des statuts SAS prêts pour une levée combinent une gouvernance lisible (président, directeurs généraux, comité stratégique, décisions réservées), un contrôle des cessions solide (agrément, inaliénabilité, préemption), des sorties forcées encadrées (exclusion, changement de contrôle) et la capacité d'émettre des actions de préférence. Les règles d'adoption diffèrent selon les clauses : l'unanimité pour l'inaliénabilité et le changement de contrôle, les majorités statutaires pour l'agrément et l'exclusion. Le texte du chapitre du Code de commerce consacré aux SAS reste la référence.
Anticiper ces clauses dès la création ou l'entrée du premier business angel vous évite une négociation sous contrainte. Pour auditer vos statuts, modéliser l'impact des droits négociés sur votre cap table et préparer votre tour de table, découvrez notre accompagnement des startups en levée de fonds.
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Presque toujours. Une levée implique une augmentation de capital, donc une mise à jour du capital social et du nombre d'actions dans les statuts. Si l'investisseur obtient des actions de préférence, il faut aussi créer la catégorie et décrire ses droits particuliers dans les statuts, au vu d'un rapport spécial d'un commissaire aux comptes. C'est souvent l'occasion d'une refonte complète : gouvernance, agrément, exclusion, décisions réservées.
Pour immatriculer rapidement une société à deux fondateurs, un statuts SAS modèle peut servir de base. Il devient insuffisant dès que vous préparez une levée : il ne prévoit ni catégories d'actions, ni comité stratégique, ni clause d'exclusion articulée avec le vesting, ni majorités adaptées à un capital ouvert. Le coût d'une refonte en urgence, sous la pression d'un closing, dépasse largement celui d'une rédaction soignée en amont.
Les statuts sont publics, déposés au greffe et opposables aux tiers ; une cession contraire à leurs clauses est nulle. Le pacte est un contrat confidentiel entre signataires, plus souple, mais sa violation se règle surtout par des dommages et intérêts. En pratique, ce qui doit être opposable à la société et aux futurs cessionnaires va dans les statuts, ce qui relève de la négociation fine entre associés va dans le pacte.
Oui. Depuis la version de l'article L227-19 en vigueur au 21 juillet 2019, la clause d'agrément et la clause d'exclusion sont adoptées ou modifiées par décision collective dans les conditions fixées par les statuts. L'unanimité n'est plus exigée que pour l'inaliénabilité et la clause de changement de contrôle. Vérifiez toutefois la majorité que vos propres statuts imposent pour leur modification.