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La nomination d'un commissaire aux comptes est une obligation que beaucoup de dirigeants découvrent au détour d'une croissance rapide, parfois trop tard. Depuis la loi PACTE et le relèvement des seuils en 2024, les règles ont évolué et certaines entreprises qui pensaient être concernées ne le sont plus, tandis que d'autres le deviennent sans le savoir. Comprendre précisément les seuils applicables et les cas particuliers est essentiel pour sécuriser ses décisions et éviter des sanctions.
Le cabinet DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable basé à Paris dédié aux scale-ups et entreprises en croissance, accompagne les dirigeants dans l'analyse de leurs obligations en matière de commissariat aux comptes et dans la sécurisation de leur gouvernance. Cet article fait le point complet sur les seuils de nomination du commissaire aux comptes en 2026, les cas d'obligation et les bonnes pratiques, à la lumière des textes en vigueur (Code de commerce, décret du 28 février 2024).
Le commissaire aux comptes (CAC) est un professionnel indépendant chargé d'une mission légale de contrôle des comptes des sociétés. Sa fonction principale est de certifier les comptes annuels, c'est-à-dire d'attester qu'ils sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de la situation de l'entreprise. Cette certification apporte une garantie aux associés, aux investisseurs, aux banques et aux partenaires de l'entreprise.
Au-delà de la certification, le commissaire aux comptes exerce une mission de vérification et d'alerte. Il vérifie la cohérence des informations financières, signale les irrégularités et peut déclencher une procédure d'alerte s'il identifie des faits compromettant la continuité de l'exploitation. Son intervention contribue à la fiabilité de l'information financière et à la sécurité des tiers. Le commissaire aux comptes se distingue de l'expert-comptable : ce dernier établit les comptes, tandis que le commissaire aux comptes les contrôle, dans une logique d'indépendance.
C'est la question centrale pour les dirigeants. Depuis le décret n° 2024-152 du 28 février 2024, les seuils de désignation obligatoire ont été relevés de 25 % pour tenir compte de l'inflation, et sont restés inchangés en 2025 et 2026.
Une société commerciale (SARL, SAS, SA, SNC, SCS) est tenue de désigner un commissaire aux comptes dès lors qu'elle dépasse au moins deux des trois seuils suivants : un total de bilan de 5 millions d'euros, un chiffre d'affaires hors taxes de 10 millions d'euros, et un nombre moyen de 50 salariés. Ces seuils, identiques pour toutes les formes de sociétés commerciales depuis la loi PACTE de 2019, traduisent une hausse par rapport aux anciens seuils (4 millions, 8 millions, 50 salariés).
Concrètement, une SAS réalisant 9 millions d'euros de chiffre d'affaires avec un total de bilan de 4,5 millions d'euros ne franchit qu'un seul seuil (et encore, aucun des deux mentionnés n'est dépassé ici) : elle n'est donc pas tenue de désigner un commissaire aux comptes. Cette marge supplémentaire bénéficie aux entreprises qui se situaient auparavant à la limite des anciens seuils.
Le franchissement des seuils s'apprécie à la clôture de l'exercice. L'obligation de nommer un commissaire aux comptes naît lorsque la société dépasse deux des trois seuils. Selon les modalités d'appréciation, l'obligation se concrétise généralement pour l'exercice suivant : une société qui dépasse les seuils au titre d'un exercice n'est pas tenue de nommer un CAC pour l'exercice en cours, mais doit le faire pour le suivant. La désignation intervient en assemblée générale ordinaire, pour une durée de six exercices.
Le nombre moyen de salariés se calcule sur l'exercice, en faisant la moyenne des effectifs mensuels. Une société qui recrute massivement en fin d'année peut rester sous le seuil de 50 salariés en moyenne annuelle, même si elle compte davantage de collaborateurs au 31 décembre. Cette subtilité de calcul mérite attention.
Au-delà des seuils généraux, plusieurs situations spécifiques déclenchent l'obligation de nommer un commissaire aux comptes, indépendamment de la taille de la société.
Les groupes de sociétés font l'objet de règles spécifiques. Une société mère à la tête d'un groupe doit nommer un commissaire aux comptes lorsque l'ensemble du groupe (mère et filiales) dépasse deux des trois seuils généraux (5 millions de bilan, 10 millions de chiffre d'affaires, 50 salariés), appréciés de manière consolidée. Cette règle vise à éviter qu'une société ne contourne l'obligation en fractionnant son activité entre plusieurs filiales de petite taille.
Les filiales significatives sont également concernées. Une société contrôlée par une entité, lorsqu'elle dépasse des seuils abaissés (2,5 millions de bilan, 5 millions de chiffre d'affaires, 25 salariés) au sein d'un groupe lui-même au-dessus des seuils généraux, doit nommer un commissaire aux comptes. Beaucoup de holdings à la tête de petits groupes ignorent cette obligation et s'exposent à des sanctions.
Avant la loi PACTE, toute SAS devait nommer un commissaire aux comptes, quelle que soit sa taille. Depuis 2019, les SAS sont soumises aux seuils généraux. Toutefois, une obligation subsiste pour les SAS qui contrôlent ou sont contrôlées par une autre société : dans ce cas, la SAS doit nommer un commissaire aux comptes dès lors que le sous-groupe formé atteint les seuils de filiale significative. Ce point est souvent méconnu des dirigeants de SAS appartenant à un groupe.
Oui. Même lorsque les seuils légaux ne sont pas atteints, la nomination volontaire d'un commissaire aux comptes est toujours possible. Elle peut être décidée par les associés, et présente plusieurs intérêts. Elle renforce la crédibilité de l'entreprise auprès des banques, investisseurs et partenaires, en apportant une garantie sur la fiabilité des comptes. Elle sécurise la gouvernance en cas d'actionnariat dispersé ou de présence d'investisseurs. Elle prépare une opération (levée de fonds, cession) en crédibilisant l'information financière.
En cas de nomination volontaire, la durée du mandat est réduite à trois exercices, contre six pour une nomination obligatoire. Par ailleurs, un ou plusieurs associés représentant au moins le tiers du capital peuvent demander la nomination d'un commissaire aux comptes. Même en deçà de ce seuil, des associés représentant au moins 10 % du capital peuvent saisir le juge pour demander cette nomination, le juge restant libre de l'accorder.
Le défaut de nomination d'un commissaire aux comptes alors que la société y est tenue expose à des conséquences sérieuses. Sur le plan de la validité, les délibérations prises sans la désignation requise peuvent être fragilisées. Sur le plan de la responsabilité, le défaut de nomination peut engager la responsabilité des dirigeants et donner lieu à des sanctions.
Au-delà de l'aspect sanctionnateur, l'absence de commissaire aux comptes là où il serait nécessaire prive l'entreprise et ses partenaires de la garantie attachée à la certification des comptes. Pour les sociétés en croissance ou en voie de structuration, anticiper l'obligation et nommer le commissaire aux comptes en temps utile est un gage de sécurité juridique. Une analyse régulière du franchissement des seuils, en particulier lors des phases de croissance, permet d'éviter de se trouver en situation irrégulière.
La nomination d'un commissaire aux comptes suit une procédure précise. La désignation intervient en assemblée générale ordinaire, ou peut figurer dans les statuts à la constitution. Le choix du commissaire aux comptes doit tenir compte de son indépendance (il ne peut être l'expert-comptable de la société), de son expérience du secteur d'activité et de sa capacité à accompagner l'entreprise.
Après la désignation, plusieurs formalités doivent être accomplies : procès-verbal de désignation, lettre d'acceptation du commissaire aux comptes, justificatif de son inscription sur la liste officielle, et dépôt au registre du commerce et des sociétés via le guichet unique. Les honoraires du commissaire aux comptes sont encadrés par un barème fondé sur le total du bilan et les produits de l'entreprise. Pour une petite structure, ils représentent généralement plusieurs milliers d'euros par an. Un accompagnement permet de sécuriser la procédure et de choisir un professionnel adapté.
Pour une entreprise qui prépare une levée de fonds, la présence d un commissaire aux comptes, même non obligatoire, présente des avantages significatifs. Les investisseurs accordent une grande importance à la fiabilité de l information financière : des comptes certifiés par un professionnel indépendant rassurent et facilitent la due diligence. La certification réduit l incertitude sur la situation réelle de l entreprise et limite les risques de mauvaise surprise lors de l audit d acquisition.
Au-delà de la confiance, la nomination volontaire d un commissaire aux comptes structure et fiabilise les processus financiers de l entreprise, ce qui est précieux dans une phase de croissance. Elle témoigne d une démarche de transparence et de rigueur appréciée des financeurs. Pour une entreprise qui anticipe plusieurs tours de table successifs, mettre en place tôt cette certification crédibilise sa trajectoire. Le coût de cette nomination doit être mis en regard de la sécurité qu elle apporte et de la fluidité qu elle confère aux opérations de financement. C est un investissement dans la crédibilité financière de l entreprise.
La distinction entre ces deux professionnels est essentielle et souvent mal comprise. L expert-comptable est un professionnel qui accompagne l entreprise dans la tenue de sa comptabilité, l établissement de ses comptes annuels, ses déclarations fiscales et son conseil de gestion. Il travaille pour le compte de l entreprise et entretient avec elle une relation de conseil continue. Sa mission est d aider l entreprise à produire une information financière de qualité.
Le commissaire aux comptes, à l inverse, exerce une mission légale de contrôle dans une logique d indépendance. Il ne tient pas la comptabilité mais vérifie et certifie les comptes établis par l entreprise et son expert-comptable. Cette séparation des rôles garantit l objectivité du contrôle : le commissaire aux comptes ne peut être l expert-comptable de la même société, car il doit porter un regard indépendant sur des comptes qu il n a pas établis. Les deux professionnels sont complémentaires : l un produit l information financière, l autre la certifie. Comprendre cette complémentarité permet de structurer correctement la gouvernance financière de l entreprise et de mobiliser le bon professionnel selon le besoin.
Pour une entreprise en croissance, le franchissement des seuils de nomination du commissaire aux comptes doit être anticipé plutôt que subi. Le chiffre d affaires est le critère le plus volatil : une start-up qui réussit son lancement commercial peut franchir le seuil de 10 millions d euros en une seule année. Le total de bilan peut augmenter rapidement à la suite d une levée de fonds importante, qui gonfle l actif. L effectif croît au rythme des recrutements.
Anticiper suppose de suivre régulièrement l évolution de ces trois critères et de projeter leur franchissement au regard des prévisions de croissance. Cette anticipation permet d organiser sereinement la nomination, de choisir le bon professionnel et d éviter de se trouver en situation irrégulière. Elle est particulièrement importante après une levée de fonds, qui peut faire franchir plusieurs seuils simultanément. Intégrer le suivi des seuils dans le pilotage financier de l entreprise, aux côtés des autres indicateurs, est une bonne pratique de gouvernance. Un dirigeant averti vérifie chaque année sa position au regard des seuils et anticipe l obligation, plutôt que de la découvrir lors d un contrôle ou d une opération.
Le cabinet DIGIFEC accompagne les dirigeants dans l'analyse et la sécurisation de leurs obligations en matière de commissariat aux comptes. L'accompagnement couvre l'analyse du franchissement des seuils (seuils généraux, groupes, filiales significatives, SAS contrôlées), l'anticipation de l'obligation lors des phases de croissance, l'opportunité d'une nomination volontaire dans une perspective de levée ou de cession, et la sécurisation de la procédure de désignation.
Le cabinet aide les dirigeants à éviter les situations irrégulières et à intégrer le commissariat aux comptes dans une stratégie globale de gouvernance et de crédibilité. Une analyse précise des obligations est d'autant plus utile que les règles relatives aux groupes sont souvent méconnues. Pour échanger sur votre situation, l'équipe de DIGIFEC se tient à votre disposition via www.digifec.com.
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Une société commerciale (SARL, SAS, SA, SNC, SCS) doit désigner un commissaire aux comptes dès lors qu'elle dépasse au moins deux des trois seuils suivants : 5 millions d'euros de total de bilan, 10 millions d'euros de chiffre d'affaires hors taxes, et 50 salariés en moyenne annuelle. Ces seuils, relevés de 25 % par le décret du 28 février 2024, sont restés inchangés en 2025 et 2026.
Non, plus depuis la loi PACTE de 2019. Avant cette réforme, toute SAS devait nommer un commissaire aux comptes quelle que soit sa taille. Désormais, les SAS sont soumises aux seuils généraux. Toutefois, une obligation subsiste pour les SAS qui contrôlent ou sont contrôlées par une autre société : dans ce cas, la SAS doit nommer un commissaire aux comptes dès lors que le sous-groupe atteint les seuils de filiale significative (2,5M€ de bilan, 5M€ de chiffre d'affaires, 25 salariés).
Une société mère à la tête d'un groupe doit nommer un commissaire aux comptes lorsque l'ensemble du groupe dépasse deux des trois seuils généraux, appréciés de manière consolidée. Les filiales significatives dépassant des seuils abaissés (2,5M€ de bilan, 5M€ de chiffre d'affaires, 25 salariés) au sein d'un groupe lui-même au-dessus des seuils généraux doivent également désigner un commissaire aux comptes. Beaucoup de holdings ignorent cette obligation et s'exposent à des sanctions.
Oui. Même sans atteindre les seuils légaux, la nomination volontaire est possible et présente plusieurs intérêts : renforcer la crédibilité auprès des banques et investisseurs, sécuriser la gouvernance, et préparer une levée de fonds ou une cession. La durée du mandat est alors réduite à trois exercices, contre six pour une nomination obligatoire. Des associés représentant au moins un tiers du capital peuvent par ailleurs demander cette nomination.
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