Conseils de gestion
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Vous exercez en libéral dans la santé ? Découvrez comment un expert-comptable pour médecins, dentistes et vétérinaires vous accompagne de l’installation à la transmission.
L'orthopédie dento-faciale reste l'une des rares spécialités de santé où l'effectif n'a presque pas bougé depuis dix ans, pendant que le reste de la profession dentaire progressait de plus de 20 %. La France compte aujourd'hui 2 083 chirurgiens-dentistes spécialistes ODF, et un quart d'entre eux partira à la retraite dans la décennie qui vient. Pour un praticien qui vient d'obtenir son diplôme d'études spécialisées, ce contexte change la donne : s'installer en orthodontie en 2026 pose des questions de structuration, de fiscalité et de rentabilité assez différentes de celles d'un cabinet dentaire généraliste.
Ce guide fait le point sur l'environnement de la spécialité, les choix d'installation et les leviers financiers à connaître avant de créer ou reprendre un cabinet d'orthodontie.
Le DES d'orthopédie dento-faciale remplace depuis 2011 l'ancien certificat d'études cliniques spéciales (CECSMO). Il s'obtient par le concours national de l'internat en odontologie, après les six années de chirurgie dentaire, puis trois années supplémentaires à temps plein. Chaque année, 51 postes sont ouverts au concours, un chiffre qui plafonne mécaniquement le renouvellement de la profession.
La spécialité est majoritairement féminine (59 % de femmes) et l'âge moyen des praticiens s'établit à 51 ans. Cette pyramide des âges, combinée au nombre restreint de postes ouverts chaque année, dessine un contexte où l'offre de soins se resserre dans plusieurs territoires, notamment ceux où peu de spécialistes sont déjà installés. Pour un jeune diplômé, c'est un facteur d'opportunité réel, à condition de bien choisir son mode d'exercice et sa zone d'implantation.
Trois options structurent l'entrée dans la profession, et le choix n'est jamais figé à vie. L'exercice individuel mobilise seul l'intégralité du capital d'installation, mais offre une autonomie clinique et organisationnelle totale. L'association, en société civile de moyens ou de personnes avec d'autres spécialistes ODF ou des omnipraticiens, permet de mutualiser locaux, personnel et parfois honoraires, dans la limite réglementaire de deux sociétés d'exercice libéral par praticien. Le salariat, en centre dentaire ou en structure pluriprofessionnelle, reste la voie sans apport ni risque financier, souvent choisie en début de carrière avant une installation.
Seul le titulaire du DES (ou de l'ancien CECSMO) peut revendiquer le titre de spécialiste sur sa plaque ou ses ordonnances : un chirurgien-dentiste omnipraticien peut pratiquer des actes d'orthodontie sans détenir cette qualification, mais ne peut pas s'en prévaloir. La distinction compte autant pour le patient que pour un confrère qui envisagerait une association.
Contrairement à ce qu'on pourrait attendre d'une spécialité aussi particulière, aucune forme juridique n'est propre à l'orthodontie. L'exercice en société relève de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, entrée en vigueur le 1er septembre 2024, comme pour tout chirurgien-dentiste. Deux points de vigilance méritent d'être anticipés dès le montage : l'inscription à l'Ordre est obligatoire quel que soit le mode d'exercice retenu, et un praticien ne peut détenir de participations que dans deux sociétés d'exercice libéral au maximum.
Un projet d'installation s'apprécie sur un horizon d'au moins trois ans, en croisant les besoins (frais d'établissement, immobilisations, fonds de roulement de démarrage) et les ressources mobilisables (apport personnel, aides publiques, emprunt bancaire). Le choix entre création et reprise pèse directement sur ce montant : une reprise coûte plus cher à l'entrée du fait du prix de la patientèle, mais reste plus simple à financer, les derniers bilans du prédécesseur servant de référence à la banque.
Un point mérite d'être signalé aux praticiens habitués aux discours sur les multiples de cession : aucune donnée institutionnelle ne publie de multiple de valorisation propre à la patientèle d'orthodontie. Contrairement à d'autres professions de santé, ce repère n'existe pas à ce jour pour l'ODF. La valeur d'une patientèle reprise doit donc être négociée au cas par cas, à partir d'un audit des bilans du prédécesseur, de la structure de sa patientèle et de son mode d'exercice, plutôt que sur la base d'un standard de marché.
Côté rentabilité, les dernières statistiques UNASA disponibles situent le chiffre d'affaires moyen d'un cabinet d'orthodontie à 564 594 euros en 2024, pour un bénéfice comptable de 200 382 euros, en baisse de 11,3 % sur un an. Ces chiffres portent sur un échantillon réduit à 37 cabinets, contre 103 l'année précédente : une baisse de représentativité à garder à l'esprit. Les cotisations de retraite de première année versées à la CARCDSF s'élèvent par ailleurs à 7 015,96 euros selon le barème 2025, un montant identique pour tout chirurgien-dentiste libéral conventionné.
Au-delà du fauteuil et de l'équipement dentaire courant, l'orthodontie mobilise des postes propres à la spécialité : téléradiographie et imagerie céphalométrique pour l'analyse des bases osseuses, scanner intra-oral et logiciel de planification pour la conception des appareils et des aligneurs, matériel de pose des systèmes multi-attaches. Selon le flux retenu, numérisation complète ou recours partiel à un laboratoire de prothèse externe, ces postes varient fortement d'un cabinet à l'autre : ils relèvent d'un repère de gestion à faire préciser par les fournisseurs, pas d'une statistique de marché.
Sur le local, le bail professionnel reste le régime de droit commun pour les professions libérales : il doit avoir une durée au moins égale à six ans, mais le locataire peut le résilier à tout moment avec un préavis de six mois. Le bail commercial s'applique lui aux structures où un fonds est exploité, par exemple un centre dentaire ou d'orthodontie.
L'ACRE reste le dispositif le plus mobilisé, avec une exonération d'une partie des cotisations sociales personnelles pendant douze mois. Depuis le 1er janvier 2026, l'attribution automatique a toutefois été supprimée : la demande doit désormais être formulée auprès de l'Urssaf. Le zonage France Ruralités Revitalisation (ZFRR), en vigueur depuis le 1er juillet 2024, ouvre droit en zone classée à une exonération d'impôt de 100 % pendant cinq ans, puis dégressive les trois années suivantes.
La Cour des comptes a toutefois publié le 12 novembre 2025 une analyse critique de ces dispositifs de zonage, relevant qu'ils sont coûteux pour les finances publiques et que leur effet sur la répartition territoriale de l'offre de soins n'est pas clairement établi. Un zonage favorable reste un critère parmi d'autres dans le choix d'installation, jamais une garantie de rentabilité à lui seul.
Les traitements d'orthodontie sont remboursés par l'Assurance Maladie à 60 % ou 100 % selon la base de remboursement de l'acte, mais les honoraires de l'orthodontiste restent libres : c'est l'entente directe qui s'applique, à la différence des consultations et des soins conservateurs. La prise en charge suppose un accord préalable de la caisse et un début de traitement avant le 16e anniversaire du patient, sauf exception encadrée avant une chirurgie des maxillaires.
Le second point, plus technique, concerne la TVA sur les appareils orthodontiques et les aligneurs : la frontière entre acte de soins exonéré et dispositif taxable reste une zone d'appréciation qui dépend de la doctrine fiscale en vigueur et de la jurisprudence du Conseil d'État. Ce point doit systématiquement être validé avec un expert-comptable avant toute facturation, en particulier pour les actes à visée esthétique chez l'adulte.
Digifec est un cabinet d'expertise comptable inscrit à l'Ordre des experts-comptables qui a fait de l'orthodontie l'une de ses spécialités d'accompagnement. Sur une profession qui ne compte que 2 083 praticiens en France, où la fiscalité de certains actes se pose différemment que pour un cabinet dentaire généraliste, une approche générique ne suffit pas.
Nous accompagnons les spécialistes ODF à chaque étape de leur installation : choix du mode d'exercice, montage juridique du cabinet, business plan de création ou de reprise, structuration de la rentabilité dès la première année, et validation des points fiscaux sensibles comme la TVA sur les appareils. L'objectif est de transformer les données comptables du cabinet en un véritable outil de pilotage, pas seulement en une obligation déclarative.
Le guide Ouvrir son cabinet d'orthodontie de Digifec détaille l'ensemble de ces repères : démographie et voie d'accès à la spécialité, formes juridiques disponibles, business plan et rentabilité de première année, financements et aides à l'installation, question de la TVA sur les appareils, et check-list des cinq premières années.
Pour une analyse adaptée à votre situation, l'équipe Digifec est à votre disposition : contact@digifec.com, 01 53 21 91 00.
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La France compte 2 083 chirurgiens-dentistes spécialistes en orthopédie dento-faciale, selon les dernières données disponibles de l'Assurance Maladie. L'effectif est resté quasiment stable depuis dix ans, à contre-courant du reste de la profession dentaire.
Non. Aucune forme sociale n'est propre à l'ODF : le cadre juridique est celui, commun, des professions de santé libérales, régi par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023.
Non, aucune donnée institutionnelle ne publie de multiple propre à l'ODF. La valeur d'une patientèle reprise doit être négociée au cas par cas, avec l'appui d'un expert-comptable, à partir d'un audit des bilans du prédécesseur.
La frontière entre acte de soins exonéré et dispositif taxable reste une zone d'appréciation, qui dépend de la doctrine fiscale et de la jurisprudence en vigueur. Ce point doit systématiquement être validé avec un expert-comptable avant facturation.