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Entrepreneuriat & croissance

SATT Ouest Valorisation : créer sa startup à partir de la recherche publique

Date
25.10.2026
Durée
19 minutes
SATT Ouest Valorisation : licence ou cession, redevances, part au capital, statut du chercheur, JEI et CIR. Le guide pour créer votre spin-off deeptech.
Fondateurs deeptech préparant la création d'une startup issue de la recherche publique avec une SATT

La SATT Ouest Valorisation est la porte d'entrée naturelle pour un chercheur, un doctorant ou un entrepreneur qui veut transformer une technologie issue d'un laboratoire public de Bretagne ou des Pays de la Loire en startup. Elle détecte les inventions, les protège, finance leur maturation puis négocie le transfert de la propriété intellectuelle vers la future société. Sur le papier, le chemin est balisé. Dans les faits, les conditions signées à la création pèsent pendant des années sur la cap table, la trésorerie et la capacité à lever.

Ce guide explique concrètement le rôle d'une SATT, la différence entre licence et cession de brevet, ce que la SATT demande en contrepartie (redevances, prise de participation), le cadre applicable aux chercheurs fonctionnaires et la manière d'articuler le projet avec la JEI, le CIR et i-Nov. Un cas pratique chiffré montre l'effet d'un accord de transfert sur une première levée.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups et aux entreprises innovantes, nous accompagnons des fondateurs deeptech au moment où ils passent du laboratoire au marché. Les points ci-dessous sont ceux que nous vérifions systématiquement avant la signature d'un accord de transfert.

Qu'est-ce que la SATT Ouest Valorisation et à quoi sert une SATT ?

Une SATT (société d'accélération du transfert de technologies) est une structure chargée de faire le lien entre la recherche publique et le monde économique. Selon le Réseau SATT, il existe en France 13 SATT, qui revendiquent plus de 1 000 startups créées et un contact quotidien avec plus de 150 000 chercheurs. Le réseau se présente comme le premier acteur de proximité du Plan Deeptech de l'État, opéré par Bpifrance.

Ouest Valorisation est la SATT du Grand Ouest. Elle intervient en Bretagne et en Pays de la Loire, en tant que mandataire de valorisation pour les établissements de recherche de quatre campus d'innovation. Concrètement, quand une invention naît dans l'un des laboratoires de ces établissements, c'est elle qui gère sa valorisation : analyse, protection, maturation, puis transfert vers une entreprise existante ou vers une startup créée pour l'occasion.

Les trois publics d'Ouest Valorisation

  • Les laboratoires : détection des résultats valorisables, protection, collaboration avec des entreprises et transfert.
  • Les entreprises : accès à des technologies innovantes, à de l'expertise scientifique et à des équipements de R&D.
  • Les startups : accompagnement des projets deeptech, du produit ou service jusqu'au business model et au plan de financement.

La page « Entreprendre » d'Ouest Valorisation précise que l'accompagnement à la création s'adresse aux chercheurs d'un établissement partenaire de Bretagne ou des Pays de la Loire dont la recherche est gérée par la SATT. Elle négocie le transfert des actifs de propriété intellectuelle, organise l'accès aux résultats de maturation et travaille avec les technopoles et incubateurs des deux régions. Parmi les startups récemment accompagnées figurent par exemple Mottronix (matériaux quantiques pour l'IA, créée en 2026), Oktoscience (dispositifs médicaux de neurostimulation) ou INSCIDE (cybersécurité et systèmes embarqués).

Pourquoi passer par la SATT plutôt que de créer seul ?

Parce que vous n'avez pas le choix sur la propriété des résultats. Une invention réalisée dans un laboratoire public appartient en principe aux établissements employeurs, pas au chercheur. Créer une startup qui exploiterait la technologie sans accord de transfert exposerait la société à un risque juridique majeur, et aucun investisseur sérieux ne financerait un projet dont la PI n'est pas sécurisée. La SATT est donc l'interlocuteur obligé pour obtenir les droits d'exploitation.

Comment se déroule la création d'une startup avec la SATT Ouest Valorisation ?

Le parcours suit une logique de dérisquage progressif : à chaque étape, la SATT et les porteurs de projet vérifient que la technologie, le marché et l'équipe justifient d'aller plus loin.

Du laboratoire à la spin-off : les 6 étapes avec une SATT

1Détection

Le chercheur déclare son invention à la SATT, qui analyse le potentiel technique et marché.

2Protection

Dépôt de brevet ou protection du logiciel et du savoir-faire, au nom des établissements copropriétaires.

3Maturation

La SATT finance la preuve de concept ou le prototype pour dérisquer la technologie.

4Équipe et projet

Constitution de l'équipe fondatrice, autorisations des chercheurs, incubation et business model.

5Accord de transfert

Licence exclusive ou cession de la PI négociée avec la SATT, souvent avec redevances et/ou prise de participation.

6Financement

Love money, subventions, prêts d'honneur, business angels et fonds d'amorçage prennent le relais.

La maturation : le financement que vous ne remboursez pas directement

La maturation est le cœur du métier d'une SATT. Elle consiste à financer les travaux qui séparent un résultat de laboratoire d'une technologie exploitable : preuve de concept, prototype, tests, études de marché, consolidation des brevets. Ce financement est porté par la SATT, qui prend le risque technique à la place de la future startup.

Il n'est pas gratuit pour autant : la SATT cherche à récupérer son investissement au moment du transfert, via le droit d'entrée, les redevances ou une participation au capital. Plus la maturation a été longue et coûteuse, plus la SATT aura d'arguments pour demander des conditions fermes. C'est un point à garder en tête dès les premiers échanges.

La feuille de route entrepreneuriale

Ouest Valorisation décrit trois briques dans son accompagnement : la sécurisation de l'accord de transfert de PI à des conditions économiques adaptées aux objectifs de la startup, une feuille de route entrepreneuriale qui démarre dans le laboratoire et se poursuit pendant l'incubation, et la structuration du modèle économique pour vérifier la viabilité du projet aux yeux des investisseurs et partenaires. Les financements de lancement restent à trouver : prêts personnels, investisseurs privés en amorçage, subventions, fonds industriels.

Licence ou cession de brevet : quel accord de transfert négocier ?

L'accord de transfert est le document le plus structurant de la vie d'une spin-off. Il fixe qui possède la technologie, ce que la startup peut en faire et combien elle paie. Deux grandes formules existent, parfois combinées dans le temps.

Licence exclusive ou cession de brevet : ce qui change pour la startup
CritèreLicence exclusiveCession de la PI
Propriété du brevetReste aux établissements publics (via la SATT)Transférée à la startup
Coût d'entréeFaible : droit d'entrée modeste ou différéÉlevé : prix de cession à financer, parfois échelonné
Coût récurrentRedevances sur le chiffre d'affaires, minimum garanti, part des sous-licencesEn principe aucun, sauf complément de prix prévu au contrat
Perception des investisseursAcceptée si la licence est exclusive, mondiale, longue et cessible en cas de M&ATrès appréciée : l'actif est au bilan de la société
Traitement comptableRedevances en charges d'exploitationImmobilisation incorporelle amortissable
Risque principalClauses de résiliation, d'exploitation minimale ou de reprise des droitsTrésorerie consommée trop tôt, avant la preuve de marché
Moment typiqueCréation et premières annéesSouvent plus tard, au moment d'une levée importante ou d'une cession

La licence exclusive, formule la plus fréquente au démarrage

Avec une licence, les établissements restent propriétaires du brevet et la startup obtient le droit de l'exploiter. Pour qu'elle soit acceptable par des investisseurs, la licence doit être exclusive, couvrir un champ d'application suffisamment large, une durée cohérente avec la vie des brevets et un territoire qui ne bloque pas l'export. Elle doit aussi prévoir le droit de consentir des sous-licences et la possibilité de transférer le contrat en cas de rachat de la société.

La cession, plus lourde mais plus lisible

Avec une cession, la startup devient propriétaire de la PI. C'est la situation la plus confortable pour un acquéreur ou un fonds, mais elle suppose de financer un prix. Une solution intermédiaire consiste à prévoir dans la licence une option d'achat des brevets, exerçable à un prix ou selon une formule définie à l'avance, par exemple lors d'une levée significative. Sur le plan comptable, un brevet acquis s'inscrit en immobilisation incorporelle et s'amortit, alors que des redevances de licence passent en charges. Pour une vision d'ensemble des actifs immatériels, consultez notre guide sur la protection et la valorisation de la propriété intellectuelle d'une startup.

Le logiciel et le savoir-faire

Toutes les technologies ne passent pas par un brevet. Un code source développé au laboratoire, des jeux de données ou un savoir-faire de fabrication font aussi l'objet d'un transfert. Le contrat doit alors lister précisément ce qui est transféré (versions, dépôts, documentation) et prévoir l'accès aux améliorations futures réalisées par le laboratoire.

Redevances, droit d'entrée, participation : que demande la SATT en contrepartie ?

La rémunération de la SATT combine en général plusieurs éléments. Aucun barème public n'est imposé : tout se négocie, en fonction de la maturité de la technologie, du coût de la maturation et du potentiel de marché.

  • Le droit d'entrée (upfront) : un montant forfaitaire à la signature, souvent réduit ou différé pour ne pas assécher la trésorerie d'une société naissante.
  • Les redevances (royalties) : un pourcentage du chiffre d'affaires réalisé avec les produits sous licence, assorti parfois d'un minimum garanti annuel.
  • La quote-part de sous-licence : un pourcentage des sommes que la startup perçoit si elle concède elle-même des droits à un industriel.
  • Les paiements d'étape (milestones) : des montants dus à l'atteinte de jalons, fréquents en santé (entrée en essai clinique, autorisation de mise sur le marché).
  • La prise de participation : une part du capital de la startup, en complément ou en substitution d'une partie des paiements en numéraire.

Pour mesurer l'effet concret de ces clauses, voici le calcul des sommes dues par une startup fictive en troisième année d'exploitation.

Cascade de calcul : redevances dues à la SATT en année 3 (cas fictif)

Chiffre d'affaires net des produits sous licence900 000 €
× taux de redevance contractuel 3 %27 000 €
Minimum garanti annuel prévu au contrat15 000 €
Redevance sur CA retenue (le plus élevé des deux)27 000 €
Sous-licence consentie à un industriel : 100 000 € × 20 %20 000 €
Total dû à la SATT au titre de l'année 347 000 €

Taux, minimum garanti et quote-part de sous-licence sont des hypothèses pédagogiques : chaque accord de transfert est négocié au cas par cas.

Sur un chiffre d'affaires de 900 000 €, la startup verse 47 000 € à la SATT, soit environ 5,2 % de son chiffre d'affaires. Le poste est supportable s'il a été anticipé dans le business plan, beaucoup moins s'il apparaît au moment où la société brûle encore de la trésorerie. Notez aussi l'effet du minimum garanti : en année 1, avec 200 000 € de chiffre d'affaires, la redevance proportionnelle n'aurait été que de 6 000 €, mais la startup aurait payé 15 000 €.

Quelle place pour la SATT dans la cap table et quel impact sur une levée ?

La prise de participation de la SATT est souvent minoritaire et ne donne pas, en elle-même, le contrôle de la société. Mais elle s'additionne aux autres contreparties et suit la startup jusqu'à sa sortie. Il faut donc la modéliser comme n'importe quel associé dans la table de capitalisation, avec ses dilutions successives.

Cas pratique : une spin-off deeptech issue d'un laboratoire breton

Prenons une startup fictive qui industrialise un capteur breveté développé dans un laboratoire partenaire d'Ouest Valorisation. Trois fondateurs : un CEO entrepreneur venu de l'industrie, une chercheuse fonctionnaire autorisée à participer à la création au titre du Code de la recherche, et un docteur qui devient CTO. La SATT accorde une licence exclusive et reçoit 5 % du capital à la création.

  1. Répartition à la création : CEO 45 %, chercheuse 25 %, CTO 25 %, SATT 5 %.
  2. Seed de 1 M€ sur une valorisation pré-money de 3 M€ : la post-money atteint 3 M€ + 1 M€ = 4 M€, et les investisseurs détiennent 1 / 4 = 25 % du capital.
  3. Coefficient de dilution : chaque associé historique conserve 75 % de sa quote-part initiale (100 % − 25 %).
  4. Nouvelle répartition : CEO 45 % × 0,75 = 33,75 % ; chercheuse et CTO 25 % × 0,75 = 18,75 % chacun ; SATT 5 % × 0,75 = 3,75 %.
  5. Valeur de chaque ligne au post-money : la part de la SATT vaut 3,75 % × 4 M€ = 150 000 €.
Cap table de la spin-off fictive avant et après le seed
AssociéCréationAprès seed (post-money 4 M€)Valeur de la part au post-money
CEO entrepreneur45 %33,75 %1 350 000 €
Chercheuse associée (Code de la recherche)25 %18,75 %750 000 €
Docteur, CTO25 %18,75 %750 000 €
SATT5 %3,75 %150 000 €
Investisseurs seed0 %25,00 %1 000 000 €
Total100 %100 %4 000 000 €

Deux enseignements. D'abord, la participation de la SATT se dilue comme les autres, sauf si l'accord prévoit une clause anti-dilution : dans ce cas, ce sont les fondateurs qui supportent seuls la dilution, ce qu'un fonds verra immédiatement. Ensuite, si l'accord prévoit en plus un pourcentage sur le prix de cession de la société, la SATT cumule deux sources de rémunération à la sortie. Pour une cession à 40 M€, une participation diluée à 2 % après plusieurs tours rapporterait 800 000 €, et un intéressement complémentaire de 1 % sur le prix ajouterait 400 000 € prélevés sur la part des autres associés.

Point de vigilance : les clauses qui inquiètent un fonds

  • Une licence non exclusive ou limitée à un territoire ou un champ d'application trop étroit.
  • Une clause de changement de contrôle qui permet de résilier la licence en cas de rachat de la startup.
  • Des obligations d'exploitation chiffrées irréalistes, dont le non-respect entraîne la perte des droits.
  • Un pourcentage sur le prix de cession de la société, qui s'ajoute à la participation au capital.
  • Des droits de préemption ou de veto accordés à la SATT au-delà de sa quote-part réelle.

Comment un investisseur lit l'accord SATT

En due diligence, un fonds d'amorçage demande systématiquement l'accord de transfert. Il vérifie l'exclusivité, la durée, le périmètre, le coût total sur la durée du business plan, les cas de résiliation et la cessibilité en cas de M&A. Une licence trop restrictive peut faire baisser la valorisation ou conditionner l'investissement à une renégociation, ce qui retarde le closing de plusieurs mois. Mieux vaut négocier ces points avant la création qu'en pleine levée.

Chercheur fonctionnaire : quelles règles pour participer à la spin-off ?

Le Code de la recherche (articles L531-1 et suivants) organise la participation des personnels de la recherche publique à la création d'entreprises. C'est un cadre précis, à respecter avant même l'immatriculation.

Les trois voies prévues par les textes

  • Participer à la création comme associé ou dirigeant (article L531-1) : le fonctionnaire peut être autorisé à participer personnellement à la création d'une entreprise dont l'objet est la valorisation de ses travaux de recherche, dans le cadre d'un contrat conclu avec une personne publique. L'autorisation doit être demandée avant la négociation de ce contrat et avant l'immatriculation au registre du commerce et des sociétés (article L531-2). Le chercheur est alors détaché ou mis à disposition de l'entreprise (article L531-4).
  • Apporter un concours scientifique à une entreprise existante qui valorise ses travaux (article L531-8), et le cas échéant détenir une participation dans son capital (article L531-9), tout en restant dans son laboratoire.
  • Siéger dans les organes de direction d'une société commerciale (article L531-12) : la participation au capital est alors limitée à 32 % du capital et 32 % des droits de vote.

Les garde-fous à connaître

Le chercheur autorisé ne peut pas représenter son établissement dans la négociation du contrat avec la startup, ni participer à l'élaboration ou à la passation des contrats entre l'entreprise et le service public de la recherche. L'autorisation est accordée pour une durée maximale fixée par voie réglementaire et peut être refusée si elle porte atteinte au fonctionnement du service ou à ses intérêts (article L531-14). En cas de fin anticipée ou de non-renouvellement, le chercheur peut conserver une participation dans la limite de 49 % du capital (article L531-15). L'administration peut saisir la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique en cas de doute sur un conflit d'intérêts.

Pour le montage, cela a une conséquence directe : le calendrier de l'autorisation conditionne la date d'immatriculation. Une société créée trop vite, avant l'autorisation, fragilise la situation du chercheur et inquiète les investisseurs.

Comment articuler la spin-off avec la JEI, le CIR et i-Nov ?

Une startup issue de la recherche publique coche souvent les cases des dispositifs fiscaux de l'innovation. Encore faut-il que le montage initial, et notamment la répartition du capital, ne ferme pas la porte à l'un d'eux.

JEI et JEU : deux statuts à examiner dès la création

Selon la fiche officielle Entreprendre.Service-Public, vérifiée au 1er juin 2026, la jeune entreprise innovante (JEI) doit être une PME de moins de 250 personnes, avec un chiffre d'affaires inférieur à 50 M€ ou un total de bilan inférieur à 43 M€. Ses dépenses de recherche doivent représenter au moins 20 % de ses charges, et son capital doit être détenu à 50 % au moins par des catégories éligibles, parmi lesquelles des personnes physiques et des établissements publics de recherche. Pour une société créée depuis le 1er janvier 2023, le statut peut s'appliquer jusqu'à 8 ans.

Le statut de jeune entreprise universitaire (JEU) est taillé pour les spin-off. Il reprend les conditions de taille, de capital et d'activité de la JEI, et exige que la société soit dirigée ou détenue à 10 % au moins par des étudiants, des titulaires depuis moins de 5 ans d'un master ou d'un doctorat, ou des personnels d'enseignement et de recherche. Son activité principale doit être la valorisation de travaux de recherche, dans le cadre d'une convention avec un établissement d'enseignement supérieur.

L'avantage principal en 2026 est l'exonération de cotisations patronales de sécurité sociale et d'allocations familiales, pour les entreprises créées avant le 31 décembre 2028, dans la limite de 8 401,58 € de rémunération mensuelle par salarié et de 240 300 € par établissement et par année civile. En revanche, les entreprises créées à partir du 1er janvier 2024 ne bénéficient plus de l'exonération d'impôt sur les bénéfices. Pour le détail et la sécurisation du statut, voyez notre article sur les conditions et avantages du statut JEI en 2026.

Arbre de décision : quel statut fiscal viser pour la spin-off ?

1. La société est-elle une PME nouvelle, et son capital est-il détenu à 50 % au moins par des personnes physiques ou d'autres catégories éligibles ?
Oui : passez à la question 2.
Non : pas de JEI ni de JEU à ce stade. Revoir la répartition du capital ou viser le CIR seul.
2. Les dépenses de recherche atteignent-elles au moins 20 % des charges de l'exercice ?
Oui : statut JEI envisageable.
Non : regarder le statut JEU (question 3) ou, entre 5 % et 20 %, les autres catégories prévues par les textes.
3. La société est-elle dirigée ou détenue à 10 % au moins par des étudiants, jeunes diplômés de master ou de doctorat, ou personnels d'enseignement et de recherche, avec une convention de valorisation avec un établissement d'enseignement supérieur ?
Oui : statut JEU envisageable, souvent le cas d'une spin-off de SATT.
Non : rester sur le CIR et les aides à l'innovation.

Le CIR : attention aux subventions et à la sous-traitance

Le crédit d'impôt recherche finance une partie des dépenses de R&D de la startup. D'après la fiche Service-Public consacrée au CIR, son taux est de 30 % pour la fraction des dépenses n'excédant pas 100 M€ en métropole. Deux points comptent particulièrement pour une spin-off. D'une part, les travaux de recherche confiés à des organismes publics de recherche ou à des établissements d'enseignement supérieur font partie des dépenses éligibles : un contrat de collaboration avec le laboratoire d'origine peut donc entrer dans la base, sous réserve des règles applicables. D'autre part, les subventions publiques reçues pour les projets de recherche viennent en déduction de la base de calcul. Les modalités de calcul détaillées sont présentées dans notre guide sur le crédit d'impôt recherche en 2026.

Les redevances versées à la SATT ne sont pas, en tant que telles, des dépenses de recherche : ce sont des coûts d'exploitation de la technologie. Ne les intégrez pas dans la base du CIR sans analyse.

i-Nov et les aides Bpifrance : le relais après la maturation

Une fois la société créée, le concours d'innovation i-Nov et les aides à l'innovation de Bpifrance prennent le relais de la maturation pour financer le développement. Ces aides complètent le tour d'amorçage mais ne le remplacent pas : elles imposent souvent un cofinancement en fonds propres et un calendrier de dépenses. Notre article sur le concours i-Nov, ses conditions et ses montants détaille le fonctionnement.

SATT, JEI/JEU, CIR et i-Nov : qui finance quoi ?
DispositifCe qu'il financeMomentPoint d'articulation
Maturation SATTPreuve de concept, prototype, protection de la PIAvant la créationLes résultats sont transférés à la startup par l'accord de licence ou de cession
JEI / JEUExonération de cotisations patronales sur les salaires des personnels de R&DDès la création, sous conditionsLa répartition du capital, y compris la part de la SATT, conditionne l'éligibilité
CIRCrédit d'impôt sur les dépenses de recherche, y compris la recherche confiée à des organismes publicsChaque exerciceLes subventions publiques reçues pour le projet viennent en déduction de la base
i-Nov et aides BpifranceProjets d'innovation à fort potentiel, en subvention et/ou avance remboursableAprès la création, au stade du développementCalendrier de dépenses à caler avec le CIR et le plan de trésorerie

Quelles erreurs éviter quand on crée une startup avec une SATT ?

  1. Immatriculer avant les autorisations des chercheurs fonctionnaires : la société naît dans une situation irrégulière au regard du Code de la recherche.
  2. Signer l'accord de transfert sans business plan : impossible alors de mesurer le poids réel des redevances, du minimum garanti et des paiements d'étape sur la trésorerie.
  3. Négliger la clause de changement de contrôle : si la licence tombe en cas de rachat, la valeur de sortie s'effondre.
  4. Accepter une anti-dilution pour la SATT sans la chiffrer : chaque tour coûte alors davantage aux fondateurs.
  5. Oublier l'impact sur le statut JEI ou JEU : une répartition du capital mal pensée peut faire perdre l'éligibilité.
  6. Confondre redevances et dépenses de recherche dans la déclaration de CIR, ce qui expose à un redressement.
  7. Sous-estimer les délais : protection, maturation, autorisations et négociation du transfert se comptent en mois, pas en semaines.

Checklist : préparer votre dossier avec la SATT Ouest Valorisation

Avant de vous asseoir à la table de négociation, rassemblez les éléments suivants. Ils vous permettront de discuter des conditions à partir de chiffres et non d'intuitions.

  • La liste des titres de PI concernés (brevets, logiciels, savoir-faire), leurs copropriétaires et leur état de protection.
  • Un business plan sur 5 ans intégrant redevances, minimum garanti, paiements d'étape et coûts de maintien des brevets.
  • Une cap table prévisionnelle sur deux ou trois tours, avec la participation de la SATT et ses éventuelles clauses particulières.
  • Le calendrier des autorisations des chercheurs et la voie choisie (création, concours scientifique, participation aux organes de direction).
  • Une analyse de l'éligibilité JEI ou JEU et une estimation du CIR de la première année.
  • Le plan de financement : love money, prêts d'honneur, subventions, i-Nov, business angels et fonds d'amorçage.
  • Les points non négociables pour vos futurs investisseurs : exclusivité, cessibilité, absence de veto excessif.

En résumé : réussir sa spin-off avec la SATT Ouest Valorisation

La SATT Ouest Valorisation est un accélérateur précieux pour les projets deeptech de Bretagne et des Pays de la Loire : elle finance la maturation, sécurise la propriété intellectuelle et accompagne la création. En contrepartie, elle négocie des redevances, des paiements d'étape et souvent une participation au capital. Ces conditions doivent être chiffrées dans le business plan et dans la cap table avant la signature, car elles suivent la startup jusqu'à sa sortie.

Les trois chantiers à mener en parallèle sont l'accord de transfert, les autorisations des chercheurs et l'optimisation fiscale (JEI ou JEU, CIR, aides à l'innovation). Si vous préparez la création d'une spin-off et voulez sécuriser ces points, notre équipe peut vous accompagner sur l'optimisation fiscale des entreprises innovantes (CIR, CII, JEI), de la modélisation de l'accord à la première levée.

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Foire aux questions

Quel est le rôle de la SATT Ouest Valorisation ?

La SATT Ouest Valorisation gère la valorisation de la recherche publique des établissements partenaires de Bretagne et des Pays de la Loire. Elle détecte les inventions, les protège, finance leur maturation et les transfère vers des entreprises existantes ou des startups créées pour les exploiter. Pour un projet de création, elle négocie l'accord de transfert de propriété intellectuelle et accompagne les porteurs avec les technopoles et incubateurs régionaux.

Faut-il obligatoirement passer par la SATT pour exploiter une invention de laboratoire ?

En pratique, oui. Une invention réalisée dans un laboratoire public appartient en principe aux établissements employeurs, et la SATT est mandatée pour la valoriser. Sans accord de licence ou de cession, la startup exploiterait une technologie dont elle n'a pas les droits, ce qui bloque toute levée de fonds sérieuse et expose la société à un contentieux.

La SATT prend-elle une participation au capital de la startup ?

C'est fréquent, mais négocié au cas par cas. La participation vient souvent en complément ou en substitution d'une partie du droit d'entrée et des redevances. Elle reste généralement minoritaire. Le fondateur doit vérifier qu'elle ne s'accompagne pas d'une clause anti-dilution, de droits de veto excessifs ou d'un pourcentage supplémentaire sur le prix de cession de la société.

Licence ou cession de brevet : que choisir au démarrage ?

La licence exclusive est la formule la plus courante au démarrage, car elle limite le coût d'entrée. Pour rassurer les investisseurs, elle doit être exclusive, large dans son champ, longue et transférable en cas de rachat. Une option d'achat des brevets peut être prévue pour passer plus tard à la cession, par exemple lors d'une levée importante.

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