Conseils de gestion

Chaque profil d’entreprise a ses enjeux comptables. Découvrez comment notre cabinet d’expertise comptable digital accompagne les startups et les professions réglementées.
Le Pennylane compte pro promet de réunir sur une seule interface ce que les startups gèrent d'ordinaire avec trois outils : la banque, le logiciel de comptabilité et la note de frais. Chaque paiement par carte devient une écriture comptable, chaque justificatif se rattache seul à sa transaction, et l'expert-comptable voit les flux en temps réel. Sur le papier, c'est la fin des relances de fin de mois pour retrouver le reçu d'un abonnement SaaS payé en dollars.
Encore faut-il comprendre ce que vous ouvrez réellement. Le Compte Pro n'est pas un compte bancaire au sens strict : il est opéré par un établissement de monnaie électronique, avec ses propres règles de protection des fonds, sa grille de frais et ses limites. Pour un fondateur ou un CFO, la question n'est pas « est-ce pratique ? » mais « est-ce adapté à mon volume, à mes paiements internationaux et à ma trésorerie après la levée ? ».
Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable des startups et scale-ups, nous accompagnons des équipes qui travaillent sur Pennylane au quotidien. Ce guide détaille le fonctionnement du Compte Pro, ses frais réels en 2026, la protection de vos fonds, puis le compare aux néobanques et aux banques traditionnelles, avec un cas chiffré pour une startup SaaS.
Le Compte Pro est le compte de paiement professionnel intégré au logiciel Pennylane. Il vous donne un IBAN français, des cartes Mastercard physiques et virtuelles, des virements SEPA et internationaux, ainsi que des outils d'encaissement : prélèvements, liens de paiement, terminaux de paiement et dépôt de chèques par photo. Sa particularité est qu'il ne vit pas à côté de votre comptabilité : il est dedans.
Pennylane le dit clairement sur sa page de présentation du Compte Pro : Pennylane n'est pas une banque. Le compte est opéré par son partenaire Swan, une SAS parisienne agréée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) comme établissement de monnaie électronique. Swan est le prestataire réglementé qui tient votre compte, exécute vos paiements et facture les frais d'usage ; Pennylane fournit l'interface, la comptabilité et la relation client.
Concrètement, vous signez avec deux acteurs. Le contrat de compte et les conditions tarifaires relèvent de Swan, l'abonnement logiciel relève de Pennylane. Les factures des frais Swan ne sont d'ailleurs pas envoyées automatiquement par e-mail : celles d'un mois sont disponibles à partir du premier jour du mois suivant, dans l'espace de gestion d'abonnement, rubrique dédiée au Compte Pro. Pensez à les récupérer, car ce sont des pièces comptables comme les autres.
L'intérêt du Compte Pro tient dans la boucle courte entre la dépense et l'écriture. Avec une banque externe, Pennylane récupère les transactions par synchronisation, puis vous ou votre comptable rapprochez les justificatifs. Avec le Compte Pro, la transaction naît dans l'outil : la carte est payée, le justificatif est photographié depuis l'application, l'écriture est créée automatiquement et l'expert-comptable la valide.
Un salarié paie un abonnement avec sa carte virtuelle, plafonnée et dédiée à cet usage.
Le reçu est photographié depuis l'application ou récupéré, puis rapproché de la transaction.
Pennylane génère l'écriture comptable avec le compte de charge et la TVA proposés.
L'expert-comptable contrôle et corrige si besoin, sans export ni ressaisie.
La dépense alimente le suivi de trésorerie et les tableaux de bord en temps réel.
Les cartes physiques standard sont gratuites et illimitées, avec un plafond de dépenses annoncé jusqu'à 30 000 € par mois. Pennylane propose aussi des cartes Premium, payantes, qui réduisent ou suppriment les frais en devise, ajoutent des assurances pour les déplacements professionnels et montent jusqu'à 100 000 € de dépenses mensuelles. Les cartes virtuelles sont disponibles immédiatement et compatibles Apple Pay et Google Pay.
Le vrai levier pour une startup est le paramétrage carte par carte : plafond, usage, titulaire. Vous pouvez donner une carte virtuelle à l'équipe marketing pour les campagnes publicitaires, une autre à l'équipe produit pour les outils, et suivre chaque enveloppe sans attendre la clôture mensuelle.
Côté sorties, les virements SEPA classiques, instantanés et groupés sont gratuits ; les virements groupés se font par import d'un fichier XML, utile pour payer plusieurs fournisseurs ou freelances d'un coup. Les virements internationaux couvrent plus de 130 pays. Côté entrées, l'IBAN peut figurer directement sur vos factures, et vous pouvez encaisser par prélèvement SEPA, lien de paiement, terminal de paiement (fonds annoncés disponibles sous 24 heures) ou Tap to Pay sur smartphone.
Le Compte Pro s'inscrit enfin dans la réforme de la facturation électronique : Pennylane est référencé comme plateforme agréée, et l'administration fiscale rappelle sur son espace dédié à la facturation électronique que la généralisation entre entreprises est effective depuis le 1er septembre 2026. Si vous voulez aller plus loin sur ce volet, notre article sur l'automatisation de la facturation électronique en startup détaille la mise en œuvre.
Le Compte Pro est inclus dans l'abonnement Pennylane à partir du plan Starter. Pour les indépendants, Pennylane affiche des plans de 7 € à 79 € HT par mois ; pour les PME, l'offre est personnalisée. Le détail des formules est traité dans notre guide sur les tarifs Pennylane selon le profil de startup. Ici, nous nous concentrons sur les frais d'usage facturés par Swan, publiés dans la grille officielle des frais du Compte Pro (tarifs HT de juillet 2026).
| Opération | Tarif | À surveiller |
|---|---|---|
| Ouverture et tenue de compte | Gratuit | Commissions de mouvement gratuites |
| Carte Go | Gratuite, illimitée | 2 % sur les paiements en devise hors zone euro |
| Carte Plus | 5 € par mois | 1 % sur les paiements en devise |
| Carte Max | 15 € par mois | 0 % sur les paiements en devise |
| Virement SEPA sortant (classique, instantané, groupé) | Gratuit, illimité | Aucun |
| Virement international sortant | 5 € + 0,6 % du montant | 5 € de plus dans certains cas (USD hors États-Unis, etc.) |
| Virement international entrant en devise | 5 € + 0,6 % | Déduit du montant reçu |
| Prélèvement encaissé (SDD) | 0,30 € par prélèvement | 2 € par échec, 15 € par contestation |
| Paiement par terminal ou lien | 0,75 % (cartes grand public EEE) | 2 % hors EEE ou cartes pro, 2,5 % Amex |
| Dépôt de chèque | 2 € | 25 € par chèque rejeté |
| Retrait d'espèces en euros (France, zone SEPA) | 1 € | 2 % hors zone SEPA |
| Avance de trésorerie, financement fournisseur | 0,05 % par jour | Soit environ 1,5 % sur 30 jours |
Deux postes pèsent vraiment dans une startup tech. D'abord les paiements en devise : AWS, Google Cloud, outils de growth et licences sont souvent facturés en dollars, et 2 % sur un volume mensuel significatif finit par coûter plus cher qu'une carte payante. Ensuite les encaissements : un SaaS facturé par prélèvement paie 0,30 € par prélèvement exécuté, alors que la même somme payée par carte via un lien de paiement coûte 0,75 % ou plus.
La grille prévoit aussi des frais d'incidents : un découvert non autorisé coûte 8 € par opération, plafonné à 80 € par mois ; une saisie ou un avis à tiers détenteur est facturé 10 % de la créance, dans la limite de 100 € ; une attestation d'existence de compte coûte 20 € et une lettre de circularisation pour l'auditeur 45 €. Ce dernier point concerne directement les sociétés dotées d'un commissaire aux comptes.
C'est la question qu'il faut poser avant de virer le produit d'une levée de fonds. La réponse est : protégés, mais différemment. Un établissement de monnaie électronique ne peut pas utiliser librement l'argent de ses clients. Le Code monétaire et financier (articles L. 522-17 et L. 526-32) l'oblige à protéger ces fonds, soit par cantonnement sur un compte spécial ouvert dans une banque ou en titres de fonds monétaires, soit par une assurance ou une garantie équivalente. L'ABE Info Service, portail de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF résume ce mécanisme.
Dans le cas de Swan, les fonds des clients sont séparés de ses fonds propres et cantonnés chez BNP Paribas. Deux scénarios de défaillance sont donc à distinguer.
Pour comparaison, sur un compte bancaire classique, le FGDR garantit jusqu'à 100 000 € par client et par établissement bancaire. Le plafond est le même, le circuit d'indemnisation ne l'est pas. Le message pour un CFO est simple : au-delà de 100 000 € de trésorerie, aucun compte unique, bancaire ou non, ne couvre l'intégralité de votre cash en cas de défaillance. La diversification entre établissements reste la seule vraie protection.
Avant d'ouvrir un compte chez n'importe quelle fintech, vérifiez le statut de l'établissement qui tient réellement le compte sur le registre REGAFI, tenu par la Banque de France et l'ACPR. Swan y figure comme établissement de monnaie électronique, autorisé depuis le 4 juin 2020. Cette vérification prend deux minutes et répond à une question que les investisseurs posent de plus en plus souvent en due diligence.
L'ouverture est entièrement en ligne et annoncée en quelques minutes. Les conditions posées par Pennylane sont les suivantes : être majeur, résider dans l'Espace économique européen et être abonné au moins au plan Starter. Les citoyens américains ne peuvent pas ouvrir de Compte Pro, ce qui concerne directement les startups dont un fondateur a la nationalité américaine. Plusieurs secteurs sont exclus, dont les armes, les casinos, le cannabis, le tabac et la crypto-monnaie : une startup Web3 doit donc regarder ailleurs.
Les pièces demandées sont classiques :
La vérification d'identité se fait depuis un smartphone. Comme tout prestataire de services de paiement, Swan applique les obligations de connaissance client : préparez la table de capitalisation et l'identification des bénéficiaires effectifs, car les questions arrivent souvent à ce stade. Le dépôt du capital social lors de la création ne figure pas parmi les services présentés sur la page du Compte Pro : prévoyez-le auprès d'un établissement habilité si votre société n'est pas encore immatriculée.
| Critère | Compte Pro Pennylane | Néobanque pro | Banque traditionnelle |
|---|---|---|---|
| Statut de l'établissement | Établissement de monnaie électronique (Swan) | Souvent établissement de paiement ou de monnaie électronique | Établissement de crédit |
| Intégration comptable | Native : la transaction naît dans le logiciel | Connecteurs et exports vers les logiciels | Synchronisation bancaire, parfois limitée |
| Justificatifs | Rapprochement automatique dans l'outil comptable | Rapprochement dans l'appli bancaire, puis export | À gérer dans un outil tiers |
| Cartes et délégation | Cartes physiques et virtuelles paramétrables | Point fort, souvent par équipe | Plus rigide, cartes souvent payantes |
| Crédit et cautions | Avances de trésorerie et financement de factures | Offres limitées, souvent via partenaires | Prêts, lignes de crédit, cautions, prêts Bpifrance cofinancés |
| Protection des fonds | Cantonnement chez BNP Paribas | Cantonnement ou garantie, selon l'établissement | FGDR jusqu'à 100 000 € par client et par banque |
| Interlocuteur | Support en ligne, expert-comptable dans l'outil | Support en ligne | Chargé d'affaires, souvent clé pour le financement |
Le Compte Pro se distingue surtout par l'intégration native. Une néobanque fait bien le travail bancaire et s'interface avec le logiciel ; le Compte Pro supprime l'interface. Si votre équipe finance est réduite et que la tenue comptable est votre goulot d'étranglement, c'est un gain réel. En revanche, aucune fintech ne remplace aujourd'hui le chargé d'affaires d'une banque quand il faut négocier un prêt d'amorçage cofinancé, une caution locative pour vos bureaux ou une ligne de crédit avant une Série A.
Prenons une startup SaaS B2B de 15 personnes, qui vient de boucler son seed. Son profil de flux mensuel est le suivant :
Avec deux cartes Go, les 6 000 € de paiements en devise supportent 2 % de frais, soit 120 € par mois. Avec deux cartes Plus, les frais tombent à 1 %, soit 60 €, plus 2 × 5 € d'abonnement : 70 € par mois. Avec deux cartes Max, les frais en devise sont nuls et l'abonnement coûte 2 × 15 € = 30 € par mois. Le choix est évident : les cartes Max coûtent 90 € de moins que les cartes gratuites chaque mois, soit 1 080 € par an.
Le point mort entre Go et Max est facile à calculer : une carte Max à 15 € devient rentable dès que les paiements en devise qu'elle porte dépassent 15 € / 2 % = 750 € par mois. Entre Plus et Max, la différence d'abonnement de 10 € est absorbée dès 10 € / 1 % = 1 000 € de dépenses en devise mensuelles.
Sur douze mois, les opérations courantes reviennent à 105,10 € × 12 = 1 261,20 € HT. S'y ajoute ponctuellement l'avance de trésorerie : 20 000 € × 0,05 % × 30 jours = 300 €, soit un coût de 1,5 % sur la période. Rapporté à une année, c'est un financement cher, qu'il faut réserver à un besoin court et identifié, comme l'attente d'un versement de crédit d'impôt ou d'une tranche de subvention.
Deux enseignements pour cette startup. Le premier : sans optimisation des cartes, la facture annuelle serait supérieure de plus de 1 000 €. Le second : le premier poste de coût n'est pas la carte mais l'encaissement, qui croît avec le nombre de clients. À 1 000 clients mensuels, les prélèvements coûteraient 300 € par mois : il faut alors comparer avec d'autres solutions d'encaissement, et intégrer ce coût dans le suivi de votre cash burn et de votre runway.
Le Compte Pro est conçu pour fluidifier les flux, pas pour porter toute la relation financière d'une scale-up. Plusieurs points méritent d'être anticipés avant d'en faire votre compte principal.
Le sujet le plus sensible est la trésorerie post-levée. Une startup qui lève 2 M€ n'a aucun intérêt à laisser l'intégralité des fonds sur un compte opérationnel. Une répartition fréquente consiste à garder sur le compte de flux deux à trois mois de dépenses, et à placer le reste dans un ou plusieurs établissements bancaires, sur des supports liquides et sans risque en capital. Cette politique de trésorerie gagne à être écrite et validée par le board.
Le Compte Pro est surtout un formidable outil de visibilité, à condition de structurer la donnée qu'il produit. Couplé à des tableaux de bord financiers bien construits, il permet de suivre les dépenses par équipe et par fournisseur en quasi temps réel, ce qui change la qualité des discussions avec votre board.
Le Pennylane compte pro est une bonne réponse pour les startups dont la comptabilité vit déjà sur Pennylane : il supprime la synchronisation, rattache les justificatifs à la source et donne à l'expert-comptable une vision en temps réel. Ses frais sont lisibles, gratuits sur l'essentiel des flux SEPA, mais sensibles aux paiements en devise et aux encaissements à fort volume. Les fonds sont protégés par cantonnement chez BNP Paribas, dans les limites que nous avons détaillées.
Ce n'est pas pour autant une banque : pour financer votre croissance, obtenir une caution ou sécuriser une trésorerie de plusieurs millions, une relation bancaire traditionnelle reste indispensable. La bonne architecture combine souvent les deux, avec une politique de trésorerie écrite.
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Non. Pennylane n'est pas une banque : le Compte Pro est opéré par Swan, établissement de monnaie électronique agréé par l'ACPR. Vous disposez d'un IBAN français, de cartes Mastercard et des virements SEPA, mais pas des services propres à un établissement de crédit. Pour un prêt bancaire, une caution ou une ligne de trésorerie classique, une relation bancaire traditionnelle reste nécessaire.
Les fonds des clients de Swan sont séparés de ses fonds propres et cantonnés chez BNP Paribas. Ce cantonnement est une obligation légale pour les établissements de monnaie électronique : en cas de faillite de Swan, ces fonds ne servent pas à payer ses autres créanciers. En cas de défaillance de la banque dépositaire, le compte de cantonnement relève du FGDR, dans la limite de 100 000 € par client.
Le Compte Pro est inclus dans l'abonnement Pennylane dès le plan Starter. La tenue de compte, les virements SEPA et la carte Go sont gratuits. Les frais apparaissent à l'usage : cartes Plus (5 € par mois) ou Max (15 € par mois), paiements en devise (de 0 à 2 % selon la carte), virements internationaux, dépôts de chèques, retraits et encaissements par prélèvement ou terminal de paiement.
Oui. Le logiciel Pennylane synchronise aussi les comptes ouverts dans d'autres établissements et rapproche leurs transactions. Ouvrir le Compte Pro n'est donc pas obligatoire pour utiliser la comptabilité Pennylane. Beaucoup de startups conservent une banque traditionnelle pour le financement et la trésorerie de réserve, et utilisent le Compte Pro pour les dépenses courantes et les cartes des équipes.