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Entrepreneuriat & croissance

EURL ou SASU : quel statut choisir pour lancer son activité en solo en 2026 ?

Date
26.10.2026
Durée
16 minutes
EURL SASU : comparez statut social, fiscalité, dividendes et levée de fonds avec un cas chiffré, puis choisissez le bon statut pour lancer votre activité.
Fondateur solo comparant avec son expert-comptable les statuts EURL et SASU avant de créer sa société

Vous lancez seul une activité à fort potentiel et vous hésitez entre EURL et SASU ? Le comparatif EURL SASU ne se résume pas à « l'une est moins chère, l'autre plus souple ». Le choix fixe votre statut social, la fiscalité de chaque euro que vous sortirez de la société et la facilité avec laquelle vous accueillerez demain un associé ou un fonds.

Ce guide compare les deux formes sur les trois axes qui comptent pour un fondateur solo : le coût social et la protection, la fiscalité (IS, IR, dividendes) et la capacité à évoluer vers une levée de fonds. Vous y trouverez des tableaux, un arbre de décision, un cas chiffré pas à pas et les erreurs à éviter. Tous les taux cités sont ceux en vigueur en 2026.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups et aux entreprises innovantes, nous voyons chaque mois des fondateurs qui ont choisi leur statut sur un simulateur en ligne, puis découvrent ses limites au moment de recruter ou de lever. L'objectif ici : vous faire décider une fois, en connaissance de cause.

EURL ou SASU : quelles différences fondamentales ?

L'EURL est une SARL à associé unique, la SASU une SAS à associé unique. Toutes deux sont des sociétés unipersonnelles à responsabilité limitée : votre responsabilité d'associé est limitée au montant de vos apports, sauf faute de gestion du dirigeant. Toutes deux se créent avec un capital libre, et la même formalité d'immatriculation (pour une activité commerciale, 33,83 € auprès du greffe, plus 19,33 € pour la déclaration des bénéficiaires effectifs et le coût d'une annonce légale, selon la fiche officielle sur le choix de la forme juridique).

Les différences tiennent à trois choses. D'abord le statut social du dirigeant : le gérant d'EURL est travailleur non salarié (TNS), le président de SASU est assimilé salarié. Ensuite la fiscalité par défaut : l'EURL détenue par une personne physique est à l'impôt sur le revenu, la SASU à l'impôt sur les sociétés. Enfin la souplesse statutaire : la SARL est très encadrée par la loi, la SAS laisse une grande liberté de rédaction, ce qui compte dès qu'un investisseur entre au capital.

EURL ou SASU : le comparatif en un coup d'œil (2026)
CritèreEURLSASU
Associé1 seul (la société devient SARL à l'arrivée d'un 2e associé, 100 associés au maximum)1 seul (la société devient SAS à l'arrivée d'un associé, sans plafond)
Capital socialLibre, au moins 20 % des apports en numéraire versés à la créationLibre, au moins 50 % des apports en numéraire versés à la création
Régime fiscal de baseIR si l'associé unique est une personne physique, option IS possibleIS, option IR possible sous conditions pour 5 exercices
Statut social du dirigeantGérant travailleur non salarié (sécurité sociale des indépendants)Président assimilé salarié (régime général), s'il est rémunéré
Assurance chômage du dirigeantNonNon (assurance privée facultative possible)
DividendesFraction au-delà de 10 % du capital, des primes et des comptes courants soumise aux cotisations socialesPas de cotisations sociales, PFU de 31,4 % ou barème sur option
Cession de titresDroits de 3 % après abattement de 23 000 € au prorata, agrément obligatoire pour un tiersDroits de 0,1 %, actions librement cessibles sauf clause d'agrément
Outils d'intéressement et de levéePas de BSPCE (réservés aux sociétés par actions)BSPCE, BSA, BSA AIR, actions de préférence

Libération du capital : un détail qui a des conséquences

En EURL, vous devez verser au moins 20 % des apports en numéraire à la création ; en SASU, au moins 50 %. Dans les deux cas, le solde doit être libéré dans les 5 ans suivant l'immatriculation. Ne libérer qu'une partie du capital soulage la trésorerie personnelle, mais coûte cher sur le plan fiscal.

Point de vigilance : le taux réduit d'IS exige un capital entièrement libéré

Vous pouvez ne verser que 20 % (EURL) ou 50 % (SASU) des apports en numéraire à la création. Mais tant que le capital n'est pas intégralement libéré, la société ne peut pas bénéficier du taux de 15 % sur ses 42 500 premiers euros de bénéfice. Sur un premier exercice bénéficiaire, l'écart peut atteindre 4 250 €.

Quel statut social pour le dirigeant : TNS ou assimilé salarié ?

C'est la différence qui pèse le plus sur votre quotidien. Le gérant associé unique d'EURL est affilié à la sécurité sociale des indépendants. Ses cotisations sont calculées sur son revenu professionnel et couvrent la maladie-maternité, les indemnités journalières, les retraites de base et complémentaire, l'invalidité-décès, les allocations familiales, la formation professionnelle, la CSG et la CRDS. Les deux premières années, les cotisations provisionnelles sont calculées sur une assiette forfaitaire de 19 % du plafond annuel de la sécurité sociale, puis régularisées sur le revenu réel.

Le président de SASU relève du régime général dès lors qu'il est rémunéré. Ses cotisations sont celles d'un cadre, à l'exception de l'assurance chômage. Selon l'administration, les charges sociales d'un dirigeant assimilé salarié représentent environ 60 % de sa rémunération brute. Pour 36 000 € de rémunération brute annuelle, comptez donc un ordre de grandeur de 21 600 € de charges. Le détail des cotisations du président est développé dans notre article sur les cotisations Urssaf du président de SASU.

Ce que vous achetez avec des cotisations plus élevées

Le surcoût de la SASU n'est pas à fonds perdus. Le président bénéficie de la protection sociale des cadres salariés : assurance maladie, accidents du travail, retraite de base et complémentaire des salariés, prévoyance. Pour un fondateur qui se rémunère correctement et veut une couverture proche de celle de son ancien poste de salarié, c'est un argument réel.

Le gérant d'EURL paie moins pour une rémunération identique, mais sa couverture est construite différemment. Beaucoup de gérants la complètent par des contrats de prévoyance et de retraite souscrits à titre individuel. Dans les deux cas, ni le gérant ni le président ne cotisent à l'assurance chômage : aucun des deux statuts ne vous protège en cas d'échec de la société.

Ne pas se rémunérer : un avantage propre à la SASU

En SASU, aucune cotisation n'est due en l'absence de rémunération. C'est précieux en phase d'amorçage : vous pouvez vivre sur l'ARE acquise lors de votre dernier emploi, que les services publics confirment pouvoir maintenir tant que le président ne reçoit aucune rémunération au titre de son mandat, et réinvestir chaque euro dans le produit. La contrepartie est claire : sans rémunération, vous ne cotisez pas et ne vous constituez aucun droit.

Comment l'EURL et la SASU sont-elles imposées ?

Par défaut, les bénéfices d'une EURL dont l'associé unique est une personne physique sont soumis à l'impôt sur le revenu, comme l'explique impots.gouv.fr. Le bénéfice s'ajoute alors à vos autres revenus et supporte le barème progressif, et, pour un gérant TNS, il entre en totalité dans l'assiette des cotisations sociales, qu'il soit prélevé ou laissé dans la société. Vous pouvez opter pour l'IS ; cette option peut être abandonnée jusqu'au cinquième exercice suivant celui pour lequel elle a été exercée, puis elle devient irrévocable.

La SASU est soumise de plein droit à l'impôt sur les sociétés. Le dirigeant n'est alors imposé que sur ce qu'il perçoit : sa rémunération, dans la catégorie des traitements et salaires avec abattement de 10 % ou frais réels, et ses dividendes. La société paie l'IS sur le bénéfice restant.

15 %taux réduit d'IS jusqu'à 42 500 € de bénéfice (PME éligibles)
25 %taux normal d'IS au-delà
31,4 %PFU sur les dividendes en 2026 (12,8 % + 18,6 %)
10 %seuil au-delà duquel les dividendes du gérant d'EURL supportent des cotisations

Les taux d'IS applicables en 2026

Le taux normal est de 25 %. Un taux réduit de 15 % s'applique à la part du bénéfice qui ne dépasse pas 42 500 €, si le chiffre d'affaires n'excède pas 10 millions d'euros et si le capital est entièrement libéré et détenu à au moins 75 % par des personnes physiques. Un fondateur solo qui détient 100 % de sa société remplit en principe la condition de détention ; reste à libérer le capital.

L'option pour l'IR en SASU

Une SASU peut opter pour l'impôt sur le revenu pendant 5 exercices, sans renouvellement possible. Selon la fiche fiscalité de la SASU, il faut notamment que la société ait moins de 5 ans, ne soit pas cotée, emploie moins de 50 salariés, réalise un chiffre d'affaires ou ait un total de bilan inférieur à 10 millions d'euros, et que les droits de vote soient détenus à au moins 50 % par des personnes physiques et à au moins 34 % par les dirigeants. L'option doit être notifiée dans les trois premiers mois de l'exercice concerné. Elle sert surtout à imputer les déficits des premières années sur vos autres revenus : un intérêt réel si vous percevez par ailleurs des revenus importants et que la startup brûle du cash au démarrage.

Dividendes : pourquoi la différence EURL SASU est-elle si marquée ?

En SASU, les dividendes ne sont pas considérés comme une rémunération et ne sont pas soumis aux cotisations sociales. Ils supportent le prélèvement forfaitaire unique, porté à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux), ou, sur option globale, le barème progressif après un abattement de 40 %.

En EURL soumise à l'IS, la règle est différente pour le gérant. La fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant d'associé est intégrée à l'assiette des cotisations sociales d'indépendant. Seule la fraction inférieure à ce seuil supporte les prélèvements sociaux classiques. Autrement dit, distribuer massivement des dividendes en EURL revient, au-delà du seuil, à se verser une rémunération soumise à cotisations, sans l'avantage de la déductibilité du résultat de la société.

Dividendes de 30 000 € : ce qui est soumis à quoi
ÉtapeSASU à l'ISEURL à l'IS (capital 1 000 €)EURL à l'IS (capital 20 000 € + compte courant 30 000 €)
Seuil des 10 %Sans objet10 % × 1 000 € = 100 €10 % × 50 000 € = 5 000 €
Part soumise aux prélèvements sociaux (18,6 %) et à l'IR30 000 €100 €5 000 €
Part soumise aux cotisations d'indépendant (et à l'IR)0 €29 900 €25 000 €
Ouvre des droits sociaux (retraite, etc.)NonOui, sur 29 900 €Oui, sur 25 000 €

Ce mécanisme explique pourquoi les fondateurs qui veulent se payer surtout en dividendes privilégient la SASU, et pourquoi, en EURL, un capital ou un compte courant plus élevé augmente le montant des dividendes qui échappent aux cotisations. Attention toutefois : dans le cas d'une EURL, la fraction soumise aux cotisations ouvre aussi des droits sociaux, alors que les dividendes de SASU n'en ouvrent aucun.

Cas pratique : une fondatrice SaaS, deux statuts, combien en poche ?

Prenons Léa, qui lance seule un logiciel SaaS B2B. Au terme de son deuxième exercice, sa société dégage 60 000 € de bénéfice imposable, après une rémunération modeste. Elle souhaite se verser 30 000 € de dividendes et garder le reste pour financer ses premiers recrutements. Le capital est intégralement libéré, le chiffre d'affaires très inférieur à 10 millions d'euros : le taux réduit d'IS s'applique.

Étape 1 : l'impôt sur les sociétés, identique dans les deux cas

Que Léa ait choisi une SASU ou une EURL ayant opté pour l'IS, le calcul est le même : 42 500 € × 15 % = 6 375 €, puis (60 000 € − 42 500 €) × 25 % = 4 375 €. L'IS total s'élève à 10 750 € et le bénéfice distribuable à 49 250 €. Sans le taux réduit, l'IS aurait été de 15 000 € : l'écart de 4 250 € montre l'intérêt de libérer le capital.

Cascade : de 60 000 € de bénéfice à l'argent net en poche (SASU)

Bénéfice imposable de la SASU60 000 €
IS à 15 % sur 42 500 €− 6 375 €
IS à 25 % sur 17 500 €− 4 375 €
Bénéfice distribuable49 250 €
Dividendes votés (le solde reste en réserve)30 000 €
PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % prélèvements sociaux)− 9 420 €
Net perçu par la fondatrice20 580 €

Étape 2 : la distribution en SASU

Les 30 000 € de dividendes supportent le PFU de 31,4 %, soit 9 420 €. Léa perçoit 20 580 € nets, sans aucune cotisation sociale, mais sans aucun droit à la retraite ni à la prévoyance au titre de ces sommes.

Étape 3 : la distribution en EURL à l'IS

Avec un capital de 1 000 € et sans compte courant, le seuil de 10 % ne représente que 100 €. Les 29 900 € restants entrent dans l'assiette des cotisations d'indépendant de Léa, qui s'ajoutent à l'impôt sur le revenu. Le net perçu est donc nettement inférieur à celui de la SASU, en échange de droits sociaux supplémentaires. Si Léa avait constitué un capital de 20 000 € et apporté 30 000 € en compte courant, le seuil aurait atteint 5 000 € : la part soumise à cotisations serait tombée à 25 000 €.

Ce qu'il faut retenir du cas

Pour une fondatrice qui se rémunère surtout en dividendes, la SASU est plus efficace. Pour celle qui se verse un salaire régulier et distribue peu, l'EURL coûte en général moins cher en cotisations. Pour arbitrer précisément la répartition entre salaire et dividendes, consultez notre simulation SASU salaire ou dividendes, et faites simuler les cotisations d'indépendant sur votre propre revenu avant de trancher.

SASU ou EURL : laquelle accompagne le mieux une levée de fonds ?

Pour un projet à potentiel de croissance, c'est souvent le critère décisif. Quand un associé entre au capital d'une SASU, par augmentation de capital ou cession partielle d'actions, elle devient simplement une SAS : même type de société, sans conséquence fiscale, avec une mise à jour des statuts. L'EURL, elle, devient une SARL, limitée à 100 associés et soumise à des règles légales rigides.

La SAS permet surtout d'utiliser la boîte à outils des startups : BSPCE pour intéresser les premiers salariés, BSA AIR pour financer l'amorçage avant de fixer une valorisation, actions de préférence pour les investisseurs. Les BSPCE sont réservés aux sociétés par actions (SA, SAS, SCA, société européenne) immatriculées depuis moins de 15 ans ; une SARL ne peut pas en émettre. Leur régime a d'ailleurs été aménagé par la loi de finances pour 2026, que nous détaillons dans notre guide BSPCE et fiscalité en 2026.

La cession de titres : 0,1 % contre 3 %

La cession d'actions de SAS supporte des droits d'enregistrement de 0,1 % du prix. La cession de parts sociales de SARL supporte 3 %, après un abattement de 23 000 € ramené à la proportion des parts cédées. En SARL, la cession à un tiers exige en outre l'accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts sociales. En SAS, les actions sont librement cessibles, sauf clause d'agrément prévue par les statuts.

Céder 20 % de sa société pour 100 000 € : les droits d'enregistrement
CalculActions de SASParts sociales de SARL
AbattementAucun23 000 € × 20 % = 4 600 €
Base taxable100 000 €100 000 € − 4 600 € = 95 400 €
Taux0,1 %3 %
Droits dus (en principe par l'acquéreur)100 €2 862 €

Pour un fondateur qui ouvrira son capital plusieurs fois avant une éventuelle sortie, ces frictions s'additionnent. C'est l'une des raisons pour lesquelles les investisseurs demandent quasi systématiquement une SAS. Pour aller plus loin sur la forme pluripersonnelle, lisez notre analyse SAS ou SASU pour lancer sa startup.

Comment choisir entre EURL et SASU en 2026 ? La méthode en 5 étapes

Plutôt que de comparer des statuts dans l'absolu, partez de votre plan sur trois ans. Le schéma ci-dessous résume la logique, la checklist qui suit la rend opérationnelle.

Arbre de décision : EURL ou SASU pour un fondateur solo

1. Prévoyez-vous d'ouvrir le capital (associé, business angel, fonds) ou de distribuer des BSPCE dans les 3 ans ?
OuiSASU : elle deviendra une SAS sans changer de forme et accueille BSPCE et BSA AIR.
NonPassez à la question 2.
2. Allez-vous vous verser une rémunération régulière dès la première année ?
OuiL'EURL coûte en général moins cher en cotisations pour une même rémunération : passez à la question 3.
NonSASU : sans rémunération, aucune cotisation n'est due et l'ARE peut être maintenue.
3. Votre rémunération servira-t-elle à financer votre protection sociale de cadre (prévoyance, retraite complémentaire) ?
OuiSASU, en acceptant un coût social plus élevé.
NonEURL, en limitant les dividendes ou en complétant par une prévoyance privée.
  1. Écrivez votre trajectoire de capital. Associé opérationnel, business angels, BSA AIR, fonds d'amorçage : si l'un de ces scénarios est probable dans les trois ans, la SASU s'impose presque mécaniquement.
  2. Chiffrez votre besoin de revenu personnel. Montant mensuel nécessaire, date à partir de laquelle vous devrez vous payer, existence d'une ARE à maintenir.
  3. Arbitrez rémunération et dividendes. Salaire régulier et peu de distributions : avantage EURL. Peu ou pas de salaire et dividendes ponctuels : avantage SASU.
  4. Évaluez votre besoin de protection sociale. Prévoyance, retraite, indemnités journalières : intégrez le coût d'une couverture privée si vous optez pour le statut TNS.
  5. Testez la fiscalité des premières années. Déficits attendus et revenus personnels élevés : étudiez l'IR (EURL par défaut ou option SASU). Bénéfices réinvestis : l'IS à 15 % sur les 42 500 premiers euros est souvent plus intéressant.

Quelles erreurs éviter quand on choisit son statut en solo ?

  • Choisir sur le seul coût des cotisations. L'EURL paraît moins chère, mais si vous levez dans 18 mois, la transformation en SAS coûtera du temps, des honoraires et des formalités au pire moment.
  • Créer une SASU et se verser un salaire « par défaut ». Un salaire de président coûte cher en charges. Sans besoin de protection sociale immédiat, différer la rémunération peut préserver la trésorerie et l'ARE.
  • Ignorer la règle des 10 % en EURL à l'IS. Les dividendes du gérant au-delà du seuil supportent des cotisations : l'optimisation « tout en dividendes » ne fonctionne pas en EURL.
  • Laisser le capital partiellement libéré. Le taux réduit d'IS est perdu tant que le capital n'est pas intégralement versé.
  • Opter pour l'IR sans plan de sortie. L'option IR de la SASU dure 5 exercices au maximum et ne se renouvelle pas ; en EURL, l'option pour l'IS devient irrévocable passé le délai de renonciation.
  • Bâcler les statuts de SASU. La liberté statutaire est un atout seulement si les statuts prévoient dès le départ les règles de gouvernance et de transmission des actions utiles à une future levée.

Créer sa SASU ou son EURL : quels points de vigilance au démarrage ?

Une fois la forme choisie, la création suit le même parcours : rédaction des statuts, dépôt du capital, annonce légale, immatriculation en ligne. Les étapes et les délais sont détaillés dans notre guide sur la création d'une SASU en 2026. Trois points méritent une attention particulière pour un fondateur solo à potentiel de croissance.

D'abord, l'objet social et les clauses de gouvernance : rédigez-les en pensant à l'investisseur qui les lira lors de la due diligence. Ensuite, l'organisation comptable : un plan de comptes propre, des rapprochements bancaires automatisés et un suivi du burn dès le premier mois rendent la future data room beaucoup plus simple. Enfin, la politique de rémunération : décidez dès la création ce que vous vous verserez la première année, car ce choix conditionne votre trésorerie, vos droits sociaux et, le cas échéant, le maintien de votre ARE.

Gardez en tête que la forme juridique peut être modifiée en cours de vie sociale, mais que chaque transformation a un coût. Mieux vaut retenir dès le départ la structure compatible avec le scénario le plus ambitieux que vous jugez crédible.

En résumé : EURL ou SASU, le bon statut dépend de votre trajectoire

L'EURL convient au fondateur solo qui se verse une rémunération régulière, distribue peu et ne prévoit pas d'ouvrir son capital : ses cotisations sont plus légères, au prix d'une protection sociale à compléter. La SASU s'impose dès qu'une levée de fonds, un associé ou des BSPCE sont envisagés, et lorsque vous préférez différer votre rémunération ou vous payer en dividendes, taxés à 31,4 % sans cotisations sociales.

Dans les deux cas, libérez votre capital pour bénéficier du taux réduit d'IS et simulez votre situation réelle avant de signer les statuts. Pour structurer votre société dès la création, de la forme juridique à l'organisation financière, l'équipe DIGIFEC vous accompagne avec son offre structuration et croissance digitale.

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EURL ou SASU : laquelle coûte le moins cher en charges sociales ?

À rémunération égale, l'EURL est en général moins coûteuse, car les cotisations du gérant travailleur non salarié sont plus faibles que celles d'un président assimilé salarié, dont les charges représentent environ 60 % de la rémunération brute. La SASU reprend l'avantage si vous vous payez surtout en dividendes, car ceux-ci ne supportent aucune cotisation sociale, contrairement à la fraction des dividendes du gérant d'EURL qui dépasse 10 % du capital, des primes et des comptes courants.

Peut-on transformer une EURL en SASU plus tard ?

Oui, la forme juridique peut être modifiée en cours de vie sociale. La transformation d'une EURL en SASU suppose toutefois une décision de l'associé unique, la refonte des statuts, des formalités de publicité et d'immatriculation, ainsi qu'un accompagnement juridique et comptable. Elle a un coût et prend du temps : si une levée de fonds est probable à court terme, il est souvent plus simple de créer directement une SASU.

Le président de SASU a-t-il droit au chômage ?

Non. Le président de SASU relève du régime général comme assimilé salarié, mais il ne cotise pas à l'assurance chômage et n'y a donc pas droit en tant que dirigeant. Il peut souscrire une assurance chômage privée facultative. En phase de création, il peut en revanche continuer à percevoir l'ARE acquise lors d'un précédent emploi s'il ne se verse aucune rémunération au titre de son mandat.

Une SASU peut-elle être imposée à l'impôt sur le revenu ?

Oui, sur option et sous conditions : société de moins de 5 ans, non cotée, de moins de 50 salariés, avec un chiffre d'affaires ou un total de bilan inférieur à 10 millions d'euros, et des droits de vote détenus à au moins 50 % par des personnes physiques et à 34 % par les dirigeants. L'option vaut pour 5 exercices et ne peut pas être renouvelée.

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