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Vous lancez votre projet ? Découvrez comment un expert-comptable pour startup vous accompagne de la création à la première levée de fonds.
French Tech Seed est l'un des rares dispositifs publics qui permet à une jeune startup deeptech de faire plus que doubler le montant de sa levée d'amorçage sans céder immédiatement une part supplémentaire de son capital. Le principe : pour chaque euro apporté par des investisseurs privés, Bpifrance peut investir jusqu'à deux euros en obligations convertibles, pour un ticket qui va de 50 000 € à 250 000 €, et jusqu'à 500 000 €.
Encore faut-il comprendre ce que l'on signe. Une obligation convertible n'est pas une subvention : elle porte un intérêt de 7 % par an capitalisé, elle doit être remboursée si elle n'est pas convertie, et sa conversion modifie votre table de capitalisation. Vous trouverez ici les conditions d'éligibilité vérifiées sur les pages officielles de Bpifrance, le rôle des apporteurs d'affaires labellisés, un cas chiffré complet sur une startup deeptech et les erreurs que nous voyons le plus souvent en dossier.
Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups et entreprises innovantes, nous accompagnons des fondateurs à chaque étape de l'amorçage : business plan, prévisionnel de trésorerie, structuration de la levée et dialogue avec Bpifrance. Cet article reprend la méthode que nous appliquons pour décider si French Tech Seed est le bon outil, et à quel moment l'activer.
French Tech Seed est un fonds d'amorçage public géré par Bpifrance pour le compte de l'État. Selon les communiqués de Bpifrance, il est doté de 500 millions d'euros et vise à soutenir les levées de fonds des startups et TPE innovantes de moins de 3 ans portant une innovation à forte intensité technologique. Issu du Programme d'investissements d'avenir (PIA), il est désormais intégré au plan France 2030.
Sur cette enveloppe, jusqu'à 400 millions d'euros sont réservés aux obligations convertibles, et 100 millions d'euros supplémentaires sont consacrés à des investissements en fonds propres, en plus de la conversion des obligations. Concrètement, la grande majorité des startups bénéficiaires rencontrent le fonds sous la forme d'un produit précis : l'OC French Tech Seed (ou OC FTS).
Le dispositif est toujours actif en 2026 : la fiche « OC French Tech Seed » figure au catalogue des offres de Bpifrance, et le fonds continue d'apparaître dans des tours d'amorçage annoncés en 2026, à l'image de la levée de 6 M€ de la deeptech Geolinks Services, issue de travaux du CNRS.
Les projets à forte intensité technologique cumulent deux handicaps : un temps de développement long avant le premier chiffre d'affaires et un risque technique que peu d'investisseurs privés savent évaluer. French Tech Seed s'adresse précisément à cet étage du financement. Le marché reste sélectif : dans son bilan du plan Deeptech publié en mars 2026, Bpifrance indique que l'amorçage deeptech s'est stabilisé autour de 600 M€ en 2025, avec des tickets moyens en hausse, signe d'une plus grande discipline des investisseurs.
L'effet de levier est donc la clé : le fonds ne remplace pas les business angels ni les fonds d'amorçage, il amplifie leur engagement. Sans investisseur privé, pas d'OC FTS.
La fiche officielle de Bpifrance pose trois séries de conditions, qu'il faut toutes réunir. Elles sont plus exigeantes qu'il n'y paraît, car chacune se prouve par des pièces.
L'offre vise les startups de moins de 3 ans. Le compteur part en pratique de l'immatriculation de la société : une structure créée trop tôt, « pour réserver le nom », consomme du temps d'éligibilité. Si vous êtes encore en phase de maturation dans un laboratoire ou un incubateur, réfléchissez à la date de création en fonction de votre calendrier de levée.
Le besoin décrit par Bpifrance est le développement d'un projet d'innovation à forte intensité technologique en phase de post-maturation. Autrement dit, la preuve de concept scientifique existe, et il s'agit désormais de transformer la technologie en produit. Une startup SaaS classique, dont l'innovation repose surtout sur le modèle économique ou l'usage, aura du mal à entrer dans ce cadre. Les profils typiques sont la deeptech issue de la recherche publique, les technologies industrielles, la santé, les semi-conducteurs, l'énergie ou le spatial.
C'est la condition la plus structurante. Votre startup doit être labellisée par un apporteur d'affaires French Tech Seed, ou être lauréate des concours i-Lab ou C-Innov. Sans ce label, la demande n'est pas recevable, même si votre levée privée est bouclée.
L'intervention se fait en co-financement d'une levée en seed réalisée auprès d'investisseurs avisés privés : business angels, réseaux d'angels, fonds d'amorçage, family offices ou corporate. Le montant que ces investisseurs apportent en fonds propres détermine directement le plafond des OC FTS. Les fonds apportés par les fondateurs eux-mêmes ou leurs proches ne jouent pas le même rôle qu'un investisseur avisé : en dossier, c'est la présence d'investisseurs externes capables d'analyser le projet qui crédibilise l'opération.
L'OC FTS est un titre de dette émis par votre société et souscrit par le fonds. Ses caractéristiques sont publiques et peu négociables, ce qui facilite la modélisation.
| Critère | Ce que prévoit l'offre Bpifrance |
|---|---|
| Bénéficiaires | Startups de moins de 3 ans portant un projet d'innovation à forte intensité technologique, en phase de post-maturation |
| Porte d'entrée | Labellisation par un apporteur d'affaires French Tech Seed, ou statut de lauréat des concours i-Lab ou C-Innov |
| Instrument | Obligations convertibles (OC FTS), en co-financement d'une levée seed auprès d'investisseurs avisés privés |
| Montant | Entre 50 000 € et 250 000 €, et jusqu'à 500 000 €, dans la limite de 2 € d'OC FTS pour 1 € levé en equity |
| Durée | 5 ans |
| Rémunération | 7 % par an, intérêts capitalisés annuellement |
| Sortie | Remboursement (y compris anticipé) ou, après étude, conversion en cas d'augmentation de capital d'au moins 2 M€, en une ou plusieurs levées, encours d'OC FTS compris |
| Cadre | Programme d'investissements d'avenir (PIA 3, action Frontier Venture), désormais intégré à France 2030 ; aide d'État au titre des aides en faveur des jeunes pousses |
Le ticket se situe entre 50 000 € et 250 000 €, et peut aller jusqu'à 500 000 €, toujours dans la limite de 2 € d'OC FTS pour 1 € levé en equity. Le ratio joue comme un plafond, pas comme un automatisme : une levée de 100 000 € ouvre au maximum 200 000 € d'OC, une levée de 300 000 € ouvre en théorie 600 000 €, mais le ticket reste borné par la grille de Bpifrance et par son analyse du dossier.
Les OC FTS ont une durée de 5 ans et portent un intérêt de 7 % par an, capitalisé annuellement. Il n'y a donc pas de décaissement d'intérêts pendant la vie de l'obligation : les intérêts s'ajoutent chaque année au montant dû, et produisent eux-mêmes des intérêts l'année suivante. C'est confortable pour la trésorerie d'une startup en phase de développement, mais l'encours augmente mécaniquement.
Deux issues sont prévues. Soit la société rembourse les OC, éventuellement par anticipation. Soit, après étude par Bpifrance, les OC sont converties en actions en cas d'opération, définie comme la réalisation d'une augmentation de capital d'un montant minimum de 2 M€, en une ou plusieurs levées de fonds, encours d'OC FTS compris. La conversion n'est donc ni automatique ni garantie : elle suppose une levée significative et une décision du fonds.
Les modalités précises de conversion (prix, éventuelle décote, droits attachés aux actions) figurent dans le contrat d'émission. Lisez-le avec la même attention qu'un term sheet, car ces paramètres déterminent votre dilution future.
Le modèle du fonds repose sur des apporteurs d'affaires labellisés, chargés d'identifier et de qualifier les jeunes pousses et de les mettre en relation avec des investisseurs privés. D'après Bpifrance, ils sont les garants de la validité technologique du projet : c'est leur expertise qui permet au fonds d'intervenir sans refaire lui-même toute l'analyse scientifique.
Il s'agit en pratique de structures de l'écosystème d'accompagnement de l'innovation : incubateurs, accélérateurs, structures de valorisation de la recherche ou acteurs spécialisés de la deeptech. Avant toute démarche, demandez à votre incubateur s'il dispose du label, et sinon vers quel apporteur il peut vous orienter. Les lauréats des concours i-Lab ou C-Innov bénéficient d'une voie d'accès directe, puisque ce statut tient lieu de labellisation selon la fiche de l'offre.
Le label n'est pas une formalité administrative : c'est une première due diligence. Un dossier qui n'est pas prêt pour l'apporteur d'affaires ne l'est généralement pas non plus pour les business angels.
Le calendrier type s'étale sur plusieurs mois, car il faut articuler trois acteurs : l'apporteur d'affaires, les investisseurs privés et Bpifrance. Le schéma ci-dessous résume l'enchaînement que nous recommandons.
Vérifier l'âge de la société (moins de 3 ans) et la forte intensité technologique du projet.
Être labellisé par un apporteur d'affaires FTS, ou être lauréat i-Lab ou C-Innov.
Réunir business angels ou fonds d'amorçage : leur ticket fixe le plafond des OC.
Data room, business plan, prévisionnel de trésorerie, contrat d'émission des OC.
Intérêts à 7 % capitalisés, reporting, puis remboursement ou conversion lors d'une levée.
Le prévisionnel de trésorerie est la pièce la plus regardée. Il doit montrer que la somme levée (equity plus OC) vous mène jusqu'au prochain jalon de valeur, et non simplement jusqu'à la fin de l'année. Notre guide sur le pilotage du cash burn et du runway détaille la méthode.
Prenons NeuroSense, une startup fictive issue d'un laboratoire public, qui développe un capteur médical. Créée il y a 18 mois, elle est labellisée par l'apporteur d'affaires de son incubateur. Elle brûle 45 000 € par mois (quatre salariés, prototypage, frais de propriété intellectuelle) et prépare un tour d'amorçage.
NeuroSense réunit 300 000 € en fonds propres auprès de deux business angels et d'un fonds d'amorçage. Au ratio de 2 pour 1, le plafond théorique est de 600 000 €, mais la demande est calibrée à 250 000 €, haut de la fourchette standard.
Exemple pédagogique : le montant effectivement accordé dépend de l'instruction de Bpifrance.
L'OC presque double la durée de vie de la société : le runway passe de 6,7 mois à 12,2 mois. C'est souvent la différence entre une levée suivante faite dans l'urgence et une levée préparée avec des résultats techniques en main.
Les 250 000 € d'OC portent intérêt à 7 % par an, capitalisé. Le calcul est simple : chaque année, l'encours est multiplié par 1,07.
| Fin d'année | Encours (capital + intérêts) | Intérêts cumulés |
|---|---|---|
| Année 1 | 267 500 € | 17 500 € |
| Année 2 | 286 225 € | 36 225 € |
| Année 3 | 306 261 € | 56 261 € |
| Année 4 | 327 699 € | 77 699 € |
| Année 5 | 350 638 € | 100 638 € |
Si la société rembourse au terme des 5 ans, elle doit donc 350 638 €, soit 100 638 € d'intérêts. C'est le scénario à modéliser comme « pire cas » dans votre plan de financement.
Deux ans plus tard, NeuroSense lève 1,8 M€ en série A sur une valorisation pré-money de 6 M€. L'encours d'OC FTS atteint alors 286 225 €. La condition de conversion est remplie : 1,8 M€ de levée plus 286 225 € d'encours, soit 2 086 225 €, dépassent le seuil de 2 M€.
Faisons l'hypothèse, purement illustrative, d'une conversion au prix de la série A, sans décote. La valorisation post-money devient 6 M€ + 1,8 M€ + 286 225 € = 8 086 225 €. Bpifrance détiendrait alors 286 225 / 8 086 225, soit environ 3,5 % du capital, les investisseurs de série A environ 22,3 %, et les actionnaires existants (fondateurs et investisseurs seed) environ 74,2 %. Les conditions réelles dépendent du contrat d'émission : faites tourner plusieurs scénarios avant de signer.
French Tech Seed s'inscrit dans une palette d'outils Bpifrance que les startups deeptech empilent souvent. La logique est séquentielle : la subvention finance la maturation, l'OC amplifie la levée seed, puis les fonds propres prennent le relais.
| Dispositif | Nature | Montant maximum | Cible | Contrepartie |
|---|---|---|---|---|
| Bourse French Tech | Subvention | 30 000 € | PME au sens européen, projet d'innovation à amorcer | Jusqu'à 50 % des dépenses éligibles (70 % selon la catégorie d'entreprise), programme de 24 mois maximum |
| Bourse French Tech Emergence | Subvention | 90 000 € | Petites entreprises immatriculées depuis moins d'un an, projet qualifié deeptech | Jusqu'à 50 % des dépenses éligibles (70 % selon la catégorie), programme de 12 à 18 mois |
| OC French Tech Seed | Quasi-fonds propres (obligations convertibles) | 250 000 €, jusqu'à 500 000 € | Startups de moins de 3 ans, forte intensité technologique, labellisées | Levée seed privée obligatoire, ratio de 2 € d'OC pour 1 € d'equity, 7 % capitalisés, remboursement ou conversion |
Les montants des Bourses French Tech et French Tech Emergence sont ceux affichés par Bpifrance en 2026. Une société peut tout à fait avoir bénéficié d'une Bourse French Tech Emergence en première année, puis d'une OC FTS lors de sa levée seed. Pour le détail du dossier de bourse, consultez notre article sur la Bourse French Tech : montant, conditions et dossier.
Le prêt d'amorçage, autre outil de quasi-fonds propres, répond à une logique différente : c'est une dette remboursable, sans conversion en capital. Nous en détaillons les mécanismes dans notre guide du prêt d'amorçage Bpifrance. Avant de cumuler plusieurs dettes publiques, vérifiez que l'échéancier global reste soutenable si la levée suivante tarde.
Les startups deeptech éligibles à French Tech Seed le sont souvent aussi au crédit d'impôt recherche et au statut de jeune entreprise innovante. Ces dispositifs se pilotent ensemble : le CIR améliore le plan de trésorerie, et la conversion des OC modifie la répartition du capital, ce qui doit être vérifié au regard des conditions de détention du statut JEI. Notre article sur le statut JEI en 2026 rappelle les critères à surveiller.
Tant qu'elles ne sont pas converties, les OC FTS sont une dette financière inscrite au passif, sous la forme d'un emprunt obligataire convertible. Les intérêts capitalisés sont une charge financière de chaque exercice, même s'ils ne sont pas décaissés : ils dégradent votre résultat comptable et augmentent la dette. Lors de la conversion, la dette disparaît au profit du capital social et de la prime d'émission.
Pour vos partenaires bancaires, ce traitement compte : une startup avec 300 000 € de capitaux propres et 350 000 € d'OC présente un bilan très endetté, même si les OC ont vocation à devenir des actions. Préparez une note de lecture du bilan pour vos banques et assureurs-crédit.
L'émission d'obligations convertibles relève de la compétence de l'assemblée des associés, qui doit l'autoriser et prévoir l'augmentation de capital potentielle liée à la conversion. Il faut donc anticiper ces décisions dans le calendrier de la levée et vérifier que les statuts et le pacte d'associés les permettent. Les clauses du pacte (préemption, anti-dilution, droit de sortie conjointe) doivent également être relues au regard de l'arrivée potentielle du fonds au capital.
Lors de la série A, les nouveaux investisseurs regarderont de près l'encours des OC et leurs conditions de conversion. Un passif mal documenté se négocie toujours en fin de parcours, au détriment des fondateurs. Notre guide pour décrypter et négocier un term sheet aborde ce point.
French Tech Seed permet à une startup deeptech de moins de 3 ans de compléter sa levée seed par des obligations convertibles de Bpifrance, jusqu'à 2 € pour 1 € apporté par des investisseurs privés. Le gain de runway est réel, mais l'outil a un coût : 7 % d'intérêts capitalisés sur 5 ans, une dette au bilan et une dilution potentielle au moment de la conversion.
Les dossiers qui aboutissent ont trois points communs : un label obtenu tôt, une levée privée solide et un prévisionnel qui intègre tous les scénarios de sortie des OC. C'est ce travail de modélisation qui transforme une aide publique en véritable accélérateur.
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D'après la fiche officielle de Bpifrance, l'OC French Tech Seed représente un ticket compris entre 50 000 € et 250 000 €, pouvant aller jusqu'à 500 000 €. Dans tous les cas, le montant reste limité à 2 € d'obligations convertibles pour 1 € levé en fonds propres auprès d'investisseurs privés. Le ticket effectivement accordé dépend de l'instruction du dossier et de la qualité de la levée privée.
Non. French Tech Seed intervient sous forme d'obligations convertibles, donc de quasi-fonds propres. Elles ont une durée de 5 ans et portent un intérêt de 7 % par an capitalisé chaque année. À l'issue, la société les rembourse, ou elles sont converties en actions après étude, si une augmentation de capital d'au moins 2 M€, encours d'OC compris, est réalisée.
L'offre vise les startups de moins de 3 ans qui développent un projet d'innovation à forte intensité technologique, en phase de post-maturation. Elles doivent être labellisées par un apporteur d'affaires French Tech Seed, ou être lauréates des concours i-Lab ou C-Innov, et réaliser une levée seed auprès d'investisseurs avisés privés. Les startups dont l'innovation est surtout commerciale entrent difficilement dans ce cadre.
Les apporteurs d'affaires labellisés sont des acteurs de l'écosystème d'accompagnement de l'innovation, chargés d'identifier les jeunes pousses technologiques, de garantir la validité technologique du projet et de les mettre en relation avec des investisseurs. Le plus simple est d'interroger votre incubateur, votre structure de valorisation ou votre chargé d'affaires Bpifrance pour savoir quelle structure labellisée couvre votre projet.