Entrepreneuriat & croissance

Ce guide s’adresse aux fondateurs en phase de lancement. Pour un suivi sur mesure, découvrez notre accompagnement des startups en création et en amorçage.
Le programme French Tech Tremplin 2026 est l’un des rares dispositifs publics qui combinent une subvention directe, un an d’incubation gratuite et l’accès au réseau French Tech, avec une condition d’entrée originale : il ne s’adresse qu’aux startups dont les fondateurs sont issus de milieux sous-représentés dans la tech. Boursiers, bénéficiaires du RSA, habitants d’un quartier prioritaire ou d’une zone rurale, réfugiés : si vous cochez l’une de ces cases et que vous portez un projet numérique, ce programme peut financer vos premiers mois d’existence.
Encore faut-il bien lire le règlement. Les critères portent à la fois sur l’entreprise, sur le porteur de projet, sur la répartition du capital et sur la nature des dépenses, et une seule erreur suffit à écarter un dossier solide. Ce guide reprend point par point le règlement officiel de l’édition 2026, avec un cas pratique chiffré et une checklist pour préparer la prochaine candidature.
Chez DIGIFEC, cabinet d’expertise comptable dédié aux startups, nous accompagnons des fondateurs à ce stade très amont : structuration du capital, justification des fonds propres, budget prévisionnel. C’est précisément là que se jouent la plupart des refus.
French Tech Tremplin est un programme lancé en janvier 2019 par la Mission French Tech pour promouvoir la diversité et l’égalité des chances dans l’écosystème des startups. Selon la page officielle du programme, il est opéré par Bpifrance et financé par l’État et la Caisse des Dépôts (via la Banque des Territoires) dans le cadre du plan Quartiers 2030.
Le volet aujourd’hui actif est la phase « Incubation ». Le règlement 2026 indique que les quatre premières éditions ont permis d’accompagner 896 lauréats, et la Mission French Tech a annoncé le 19 juin 2026 les 102 lauréats de la cinquième promotion, dont 33 entreprises dirigées par des femmes.
Le soutien comporte deux volets. D’abord, une aide financière sous forme de subvention d’un montant maximum de 15 000 €, versée par Bpifrance. Ensuite, une incubation de douze mois au sein d’un incubateur ou accélérateur partenaire, d’une valeur maximale de 12 000 € prise en charge pour le lauréat. Cette incubation constitue la part « en nature » du soutien.
À cela s’ajoutent les événements et rendez-vous organisés par les Capitales et Communautés French Tech locales, qui participent à l’identification des candidats et animent les promotions avec les anciens lauréats. Pour situer ce programme parmi les autres dispositifs, consultez notre panorama des programmes et aides de la French Tech pour les startups.
Le règlement officiel de l’édition 2026 pose des conditions cumulatives. Elles portent sur la société candidate, sur le porteur de projet et sur le projet lui-même. Le tableau ci-dessous les résume avec les justificatifs à réunir.
| Critère | Exigence du règlement 2026 | Justificatif à prévoir |
|---|---|---|
| Forme juridique | Personne morale immatriculée au RCS (SA, SAS, SASU, SARL, EURL…) | Kbis à jour |
| Ancienneté | Créée à compter du 1er janvier 2023, existence juridique inférieure à 3 ans au 1er janvier 2026 | Kbis, statuts |
| Taille | Petite entreprise au sens européen : moins de 50 personnes et CA ou total de bilan inférieur à 10 M€ | Liasse ou arrêté comptable |
| Fonds propres | Au moins 3 000 € de fonds propres ou quasi-fonds propres | Statuts et certificat du dépositaire, liasse, PV d’AG, prêt d’honneur signé… |
| Porteur de projet | Associé détenant au moins 25 % et remplissant un critère de diversité sociale | Attestation (CAF, CROUS, OFPRA…) ou justificatif de domicile |
| Capital | Au moins 50 % détenu par des associés répondant aux critères sociaux | Table de capitalisation, statuts |
| Projet | Innovation à dimension technologique ou numérique majeure | Dossier de candidature, pitch |
| Antécédents | Pas de Bourse French Tech déjà perçue, pas de lauréat d’une édition précédente dans l’équipe | Déclaration sur l’honneur |
Seules les sociétés immatriculées au RCS peuvent candidater. Les personnes physiques, les associations, les SCI et les entreprises sans personnalité morale (micro-entrepreneur, entrepreneur individuel, EIRL) sont exclues. Pour l’édition 2026, la société devait avoir été créée en France à compter du 1er janvier 2023 et avoir moins de trois ans d’existence juridique au 1er janvier 2026.
Elle doit aussi répondre à la définition européenne de la petite entreprise : moins de 50 personnes, et chiffre d’affaires ou total de bilan inférieur à 10 millions d’euros. Les secteurs de la production primaire agricole, de la pêche, de l’aquaculture, ainsi que la transformation et la commercialisation de produits agricoles, sont exclus.
C’est le critère le plus souvent sous-estimé. Le candidat doit justifier d’un minimum de 3 000 € de fonds propres ou quasi-fonds propres. Bpifrance valide lui-même ce critère. Le règlement liste les éléments admis :
Attention à la lecture comptable : une société créée avec 3 000 € de capital mais qui a déjà enregistré des pertes peut afficher des capitaux propres inférieurs au seuil dans son arrêté. Le prêt d’honneur, signé avant la clôture, est souvent la solution la plus rapide pour consolider ce poste.
Sont également écartées les entreprises en procédure collective (sauvegarde, redressement, liquidation), celles dont la situation financière ne permet pas de mener le projet, celles qui ne se soumettent pas aux diligences de connaissance client (KYC) et celles qui ont déjà bénéficié d’une Bourse French Tech. L’entreprise ne doit pas non plus être « en difficulté » au sens de la réglementation européenne au moment de la signature du contrat d’aide.
Le cœur du programme réside dans le profil des fondateurs. Le règlement définit le porteur de projet comme un associé détenant une part significative, d’au moins 25 % du capital. Il doit être majeur, juridiquement capable, et remplir au moins l’un des critères suivants, justificatif à l’appui :
Le critère QPV s’applique aussi aux personnes qui résident à moins de 300 mètres du périmètre d’un QPV, identifiées via l’outil cartographique SIG Ville. Vérifiez donc précisément votre adresse avant d’écarter cette piste. Pour les résidents d’Outre-mer, la fiche Bpifrance de l’édition 2026 mentionne aussi la résidence dans un quartier de veille active (QVA).
Il ne suffit pas qu’un fondateur soit éligible. Au moins 50 % du capital doit être détenu par des associés ou actionnaires qui répondent aux critères sociaux. Un fondateur éligible associé à deux cofondateurs non éligibles qui détiennent ensemble 60 % ne passera donc pas, même s’il détient lui-même 40 %.
Cette contrainte doit être anticipée dès la rédaction des statuts et du pacte, et suivie à chaque mouvement de capital. Notre guide sur le pacte d’associés et le founders agreement détaille les clauses qui permettent de sécuriser la répartition entre cofondateurs.
Le projet doit porter sur la création ou le développement en France d’une startup, entendue comme une jeune entreprise technologique à la recherche d’un modèle de croissance rapide. L’innovation peut concerner le produit, le procédé ou le service, mais elle doit présenter une dimension technologique majeure : projet numérique et/ou ayant un potentiel de dépôt de brevet.
Le règlement exclut explicitement les activités d’import-export, de conseil, les franchises et, plus largement, les projets sans innovation de produit, de procédé ou technologique. Les projets sans aspect numérique sont inéligibles. Un éditeur SaaS ou une startup deeptech correspondent à la cible ; une agence web vendant du sur-mesure, beaucoup moins.
Les dossiers sont jugés sur trois blocs :
Pour l’édition 2026, les candidatures étaient ouvertes du 22 janvier au 1er mars 2026 à 23 h 59, uniquement en ligne sur la plateforme de Bpifrance, comme le rappelait l’annonce de Bpifrance Création. Le concours est gratuit. Chaque candidat et chaque porteur ne peuvent présenter qu’une seule candidature, et toute soumission multiple entraîne l’exclusion.
Dossier dématérialisé et justificatifs sur la plateforme Bpifrance, pitch vidéo encouragé.
Capitales et Communautés French Tech vérifient les critères ; Bpifrance valide les fonds propres.
Analyse humaine, technologique, juridique, financière et commerciale du dossier.
Sélection finale des lauréats, montant de l’aide et choix de l’incubateur.
Contrat d’aide Bpifrance, contrat d’incubation de 12 mois, puis versement.
Après le dépôt, un accusé de réception est adressé par voie électronique ; tout dossier incomplet ou comportant des justificatifs non conformes n’est pas pris en compte. L’éligibilité est d’abord examinée par les Capitales et Communautés French Tech avec l’appui de la Mission French Tech, Bpifrance validant le critère de fonds propres.
Les dossiers éligibles passent ensuite devant un comité régional de sélection, présidé par un représentant de Bpifrance et composé au moins d’un représentant des Capitales et Communautés French Tech. Son analyse se fonde exclusivement sur le dossier de candidature. Un pitch vidéo est fortement encouragé : c’est souvent le seul moyen pour le comité de percevoir l’équipe.
Le comité d’engagement national, composé de deux représentants du ministre chargé de l’économie et d’un représentant de Bpifrance, arrête la liste des lauréats, l’allocation des financements et l’incubateur qui accueillera chaque projet. Les candidats retenus reçoivent une notification dans les 15 jours suivant la décision. Le comité est souverain, n’a pas à motiver ses décisions et les candidats non retenus ne disposent d’aucune voie de recours.
La subvention est plafonnée à 15 000 € et son montant dépend de l’éligibilité des dépenses présentées dans le dossier. Le règlement prévoit deux catégories de dépenses :
Le règlement 2026 précise que les dépenses ne sont éligibles que si elles sont engagées après la date de dépôt du dossier.
Un devis signé ou une prestation commandée avant le dépôt ne pourra pas être financé par la subvention, même s’il figure dans votre budget prévisionnel.
Après notification, Bpifrance établit un contrat d’aide sur la base de pièces complémentaires (RIB d’un compte ouvert en France, attestation de l’incubateur, annexe financière, Kbis de moins de trois mois, justificatifs de fonds propres). L’aide est versée après signature du contrat d’aide, fourniture du contrat d’incubation de douze mois, levée des éventuelles conditions suspensives et vérification de la régularité fiscale et sociale du lauréat.
Un retard de déclaration de TVA ou de cotisations URSSAF peut donc bloquer le versement. Si les conditions de contractualisation ne sont pas remplies dans les 6 mois suivant l’annonce des lauréats, le soutien ne peut plus être réclamé.
La subvention comme l’accompagnement gratuit sont des aides d’État dites « de minimis », soumises au règlement (UE) n° 2023/2831. Le candidat doit déclarer les aides de ce type déjà perçues ou à percevoir, afin de vérifier que le total ne dépasse pas le plafond fixé, sauf cas particulier, à 300 000 € sur les 36 derniers mois.
Prenons Lumio SAS, éditeur d’un logiciel SaaS de gestion des rendez-vous pour les kinésithérapeutes, immatriculée au RCS en mars 2024. Trois associés : Inès, ancienne boursière de niveau 6 dont la bourse s’est terminée il y a huit mois et qui réside en QPV ; Karim, bénéficiaire du RSA ; Thomas, développeur sans critère social. La société emploie deux personnes et n’a pas encore clôturé d’exercice à fort chiffre d’affaires.
Créée en mars 2024, Lumio a moins de trois ans au 1er janvier 2026 et a été créée après le 1er janvier 2023 : le critère d’âge est rempli. Avec deux salariés et un chiffre d’affaires très inférieur à 10 M€, elle est une petite entreprise au sens européen.
Inès détient 40 % du capital : elle dépasse le seuil de 25 % et remplit deux critères sociaux. Elle peut être désignée porteuse de projet. Reste le test des 50 %.
Le test est validé avec une marge de 5 points. Mais si Thomas avait reçu 6 points de capital supplémentaires lors d’un apport en industrie converti, la part éligible tomberait à 49 % et le dossier deviendrait inéligible. Gelez donc le capital pendant la préparation du dossier.
Le capital social de Lumio est de 2 000 €, et le premier arrêté fait apparaître une perte de 1 200 €. Les capitaux propres ne sont donc que de 800 €, bien en deçà des 3 000 € requis. Inès obtient un prêt d’honneur de 5 000 €, dont l’accord est signé avant la clôture de l’appel à projets. Les fonds propres et quasi-fonds propres justifiables atteignent alors 5 800 € (800 € + 5 000 €) : le critère est rempli.
| Poste | Nature (règlement) | Montant |
|---|---|---|
| Salaire chargé d’Inès (part affectée au projet) | Frais internes | 9 000 € |
| Étude de marché sectorielle | Frais externes | 2 500 € |
| Conseil en propriété intellectuelle | Frais externes | 2 000 € |
| Sous-traitance d’un module de paiement | Frais externes | 3 500 € |
| Total des dépenses éligibles présentées | 17 000 € | |
| Subvention plafonnée | 15 000 € |
Les dépenses présentées s’élèvent à 17 000 €. La subvention étant plafonnée à 15 000 €, Lumio peut viser le maximum, sous réserve que chaque dépense soit engagée après le dépôt du dossier et justifiée. Présenter un budget légèrement supérieur au plafond est prudent : si un poste est écarté par Bpifrance, l’aide reste au maximum.
Lumio brûle 6 000 € par mois. Les 15 000 € de subvention représentent donc 15 000 / 6 000 = 2,5 mois de runway supplémentaires, auxquels s’ajoute l’économie de l’incubation prise en charge. Pour modéliser cet effet, appuyez-vous sur notre méthode de pilotage du cash burn et du runway.
Côté plafond de minimis, Lumio a déjà perçu 20 000 € d’aides de ce type. Avec 15 000 € de subvention et au plus 12 000 € d’accompagnement valorisé, le total atteint 47 000 € sur trois ans, très loin des 300 000 €.
Devenir lauréat engage. Le règlement prévoit plusieurs obligations, dont le non-respect peut entraîner la perte de l’aide ou son remboursement.
Les deux dispositifs ne se cumulent pas dans ce sens : une entreprise qui a déjà perçu une Bourse French Tech est exclue du French Tech Tremplin. Le choix de l’ordre est donc stratégique. D’après la fiche Bpifrance de la Bourse French Tech, celle-ci prend la forme d’une subvention pouvant atteindre 30 000 € pour des entreprises immatriculées depuis moins d’un an.
| French Tech Tremplin Incubation | Bourse French Tech | |
|---|---|---|
| Public | Fondateurs issus de milieux sous-représentés (critères sociaux) | Toute startup innovante éligible |
| Montant | Subvention de 15 000 € maximum + incubation prise en charge | Subvention jusqu’à 30 000 € |
| Âge de l’entreprise | Moins de 3 ans au 1er janvier de l’édition | Immatriculée depuis moins d’un an |
| Accès | Concours annuel sur appel à projets | Demande auprès d’un chargé d’affaires Bpifrance |
Pour un fondateur éligible aux critères sociaux, la bonne séquence se discute au cas par cas : la Bourse French Tech offre un montant plus élevé, le French Tech Tremplin apporte un accompagnement structuré et un réseau. Retrouvez le détail du dossier dans notre article sur la Bourse French Tech : montant, conditions et dossier, et comparez avec le prêt d’amorçage Bpifrance.
Le calendrier de l’édition suivante n’est pas encore publié : surveillez le site de la Mission French Tech et la plateforme Bpifrance. L’édition 2026 a laissé un peu plus de cinq semaines entre l’ouverture et la clôture, ce qui est court si vous partez de zéro. Mieux vaut préparer le dossier en amont :
Ces critères s’appliquent à l’édition 2026 ; ils peuvent évoluer d’une édition à l’autre, notamment la date de création de référence. Relisez toujours le règlement de l’édition à laquelle vous candidatez.
Le French Tech Tremplin 2026 apporte jusqu’à 15 000 € de subvention et un an d’incubation gratuite aux startups technologiques fondées par des profils sous-représentés. Les conditions sont précises : société de moins de trois ans immatriculée au RCS, 3 000 € de fonds propres justifiés, un porteur éligible détenant au moins 25 % et au moins 50 % du capital entre les mains d’associés éligibles, dépenses engagées après le dépôt.
La plupart des refus tiennent à la structuration du capital et à la justification des fonds propres, deux sujets qui se préparent des mois avant l’ouverture de l’appel à projets. L’équipe DIGIFEC peut sécuriser votre table de capitalisation, vos comptes et votre budget prévisionnel : découvrez notre accompagnement des startups et des levées de fonds.
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Une société immatriculée au RCS, créée à compter du 1er janvier 2023 et âgée de moins de trois ans au 1er janvier 2026, répondant à la définition européenne de la petite entreprise et disposant d’au moins 3 000 € de fonds propres. Le porteur de projet doit détenir au moins 25 % du capital et remplir un critère social, et au moins 50 % du capital doit être détenu par des associés éligibles.
Le lauréat reçoit une subvention de 15 000 € maximum, versée par Bpifrance et calculée en fonction des dépenses éligibles présentées. Il bénéficie aussi d’une incubation de douze mois dans un incubateur partenaire, d’une valeur maximale de 12 000 €, entièrement prise en charge. Les deux volets constituent des aides de minimis à déclarer.
Non. Le règlement exclut les personnes physiques, les associations, les SCI et les entreprises sans personnalité morale, dont les micro-entrepreneurs, entrepreneurs individuels et EIRL. Seules les sociétés immatriculées au RCS sont éligibles, par exemple une SAS, une SASU, une SARL ou une EURL. Un micro-entrepreneur doit donc créer une société avant de déposer son dossier.
Oui, dans une certaine limite. Le critère QPV s’applique aussi aux personnes résidant à moins de 300 mètres du périmètre d’un quartier prioritaire de la politique de la ville, ce qui se vérifie avec l’outil SIG Ville. La résidence dans une zone France Ruralités Revitalisation est également un critère valable.