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Votre startup a levé des fonds ? Découvrez comment un expert-comptable pour scale-up structure votre fonction finance et prépare le tour suivant.
LBO, définition : le leveraged buy-out, ou rachat avec effet de levier, est une opération par laquelle des investisseurs rachètent une société en finançant une large partie du prix par de la dette, remboursée grâce aux flux de trésorerie que la société rachetée génère. Le mécanisme repose sur une société holding créée pour l'occasion : elle s'endette, achète les titres de la cible, puis rembourse son emprunt avec les dividendes qui remontent. C'est l'outil central du capital-transmission, qu'il s'agisse de reprendre une PME industrielle ou un éditeur SaaS devenu rentable.
Le sujet concerne de plus en plus les fondateurs de la tech. Une scale-up qui a atteint la rentabilité peut organiser la sortie d'un fonds de capital-risque, permettre à ses fondateurs de prendre une partie de leurs gains ou servir de plateforme d'acquisitions. Encore faut-il comprendre ce que l'on signe : le niveau de dette, la cascade de remboursement, les contraintes fiscales et juridiques déterminent si l'opération crée de la valeur ou si elle fragilise l'entreprise pendant cinq à sept ans.
Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups et scale-ups, nous accompagnons dirigeants et investisseurs dans la modélisation et la structuration de ces opérations. Ce guide vous donne la définition précise du LBO, les étapes du montage, les sources de LBO financement, les règles fiscales vérifiées sur Légifrance, un cas pratique chiffré pas à pas et les erreurs qui font échouer un montage.
Un LBO est un rachat d'entreprise financé à la fois par des fonds propres et par de la dette d'acquisition. Les repreneurs (un fonds, des managers, parfois une famille ou un industriel) constituent une holding de reprise, souvent appelée NewCo. Cette holding emprunte auprès de banques ou de fonds de dette, puis achète la majorité ou la totalité des titres de la société cible. La cible continue son activité ; ce sont ses bénéfices distribués qui servent à payer les intérêts et le capital de la dette.
L'effet de levier désigne le fait que la rentabilité des fonds propres investis augmente quand une partie du prix est financée par de la dette dont le coût est inférieur à la rentabilité économique de la cible. Si l'entreprise rachetée dégage un rendement supérieur au taux d'intérêt de la dette, l'écart profite aux actionnaires. À l'inverse, si la performance se dégrade, la dette amplifie les pertes : le levier joue dans les deux sens.
On présente classiquement le montage autour de trois effets complémentaires, qui expliquent pourquoi la structure s'est imposée dans le private equity et son fonctionnement :
Le terme LBO est générique. Selon l'identité des repreneurs et le contexte, la pratique distingue plusieurs déclinaisons, qui n'ont pas de définition légale mais un sens bien établi chez les investisseurs et les banques.
| Variante | Qui reprend ? | Contexte typique |
|---|---|---|
| LMBO / MBO (management buy-out) | L'équipe dirigeante en place, avec un fonds | Transmission d'une PME dont le fondateur part à la retraite ; sortie d'un fonds historique |
| MBI (management buy-in) | Un dirigeant extérieur, avec un fonds | Absence de successeur interne ; repreneur expérimenté issu du secteur |
| BIMBO | Des managers internes et externes réunis | Besoin de compléter l'équipe en place par un profil de direction générale |
| OBO (owner buy-out) | Le dirigeant actionnaire lui-même, via sa holding | Fondateur qui veut sécuriser une partie de son patrimoine tout en gardant le contrôle |
| LBO secondaire, tertiaire | Un nouveau fonds rachète au fonds sortant | Entreprise déjà sous LBO dont le premier fonds arrive au terme de son horizon |
| Build-up | La holding, pour des acquisitions successives | Consolidation d'un marché fragmenté (logiciels verticaux, services B2B) |
Le repreneur propose un prix, souvent exprimé en multiple d'EBITDA, et les grandes lignes de la structure.
Audit financier, fiscal, juridique, social et technique de la cible pour valider la qualité des résultats.
Projection des flux de trésorerie et test de la capacité de remboursement selon plusieurs scénarios.
Création de la holding, choix du mix fonds propres / dette, négociation avec les prêteurs.
Protocole de cession, pacte d'associés, contrat de crédit, garanties d'actif et de passif.
Signature, décaissement, transfert des titres, puis mise en place du reporting aux prêteurs.
Le prix d'un LBO se raisonne en valeur d'entreprise (enterprise value), généralement exprimée en multiple d'EBITDA, puis on passe à la valeur des titres en retranchant la dette nette de la cible. Les multiples varient fortement selon le secteur, la croissance et la récurrence du chiffre d'affaires ; notre analyse des multiples d'EBITDA par secteur détaille ces écarts.
Parce que la dette sera remboursée par la cible, la qualité de ses flux de trésorerie est le cœur du sujet. Les prêteurs exigent une due diligence approfondie qui retraite l'EBITDA (éléments non récurrents, rémunération du dirigeant, capitalisation de frais de développement), analyse le besoin en fonds de roulement et identifie les risques fiscaux et sociaux.
Le modèle projette sur la durée de détention l'EBITDA, l'impôt, les investissements, la variation du BFR et le service de la dette. Il calcule les ratios suivis par les banques et le rendement attendu par les investisseurs. Nous expliquons la méthode dans notre guide pour construire un LBO model pas à pas.
Le financement d'un LBO combine plusieurs couches qui n'ont ni le même rang de remboursement, ni le même coût, ni les mêmes droits. Plus une couche est remboursée tard, plus elle est risquée et plus elle exige une rémunération élevée. L'art du montage consiste à trouver l'empilement qui finance le prix tout en laissant à la cible assez de trésorerie pour investir et absorber un aléa.
| Instrument | Rang | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Dette senior | Remboursée en premier | Prêt bancaire amortissable, assorti de covenants et de sûretés (nantissement des titres de la cible) |
| Unitranche | Rang unique | Dette apportée par un fonds de dette qui fusionne senior et subordonné ; remboursement souvent in fine, coût plus élevé |
| Dette mezzanine | Subordonnée à la senior | Obligations souvent assorties de bons de souscription d'actions ; intérêts en partie capitalisés |
| Crédit vendeur | Généralement subordonné | Le cédant accepte d'être payé en partie plus tard ; signal de confiance pour les prêteurs |
| Quasi-fonds propres | Après toutes les dettes | Obligations convertibles ou comptes courants d'associés apportés par les investisseurs |
| Fonds propres | En dernier | Actions ordinaires ou de préférence souscrites par le fonds et les managers ; captent la plus-value |
La dette senior est le socle du financement. Elle est généralement découpée en tranches : une tranche amortissable remboursée par échéances régulières et une tranche remboursée in fine. Les banques encadrent le risque par des covenants, des ratios que l'emprunteur s'engage à respecter, comme le levier (dette nette rapportée à l'EBITDA) ou la couverture du service de la dette. Leur non-respect peut déclencher l'exigibilité anticipée du prêt.
Les fonds propres sont apportés par le fonds de private equity et par l'équipe dirigeante. Les managers investissent une somme significative à leur échelle et bénéficient souvent d'un management package (actions de préférence, bons de souscription, actions gratuites) qui leur donne un rendement supérieur si les objectifs sont atteints. Le traitement fiscal de ces gains est un sujet à part entière, à sécuriser dès la structuration.
La performance d'un LBO dépend largement de l'efficacité fiscale de la remontée de trésorerie. La holding doit percevoir les dividendes de la cible sans subir une double imposition et déduire ses charges financières. Trois régimes s'articulent, que nous avons vérifiés dans leur version en vigueur sur Légifrance.
Le régime des sociétés mères (article 145 du CGI) s'applique lorsque la holding détient au moins 5 % du capital de la filiale et conserve les titres pendant deux ans. Les dividendes reçus sont alors exonérés, sous réserve de la réintégration d'une quote-part de frais et charges fixée par l'article 216 du CGI à 5 % du produit des participations, ramenée à 1 % notamment entre sociétés d'un même groupe fiscal intégré détenues depuis plus d'un exercice.
C'est le régime clé du LBO. Selon l'article 223 A du CGI, une société mère peut se constituer seule redevable de l'impôt sur les sociétés dû par le groupe qu'elle forme avec les filiales dont elle détient, directement ou indirectement, au moins 95 % du capital de manière continue au cours de l'exercice. L'option vaut pour cinq exercices et les sociétés doivent ouvrir et clore leurs exercices aux mêmes dates. Résultat : le déficit de la holding, composé essentiellement des intérêts de la dette d'acquisition, s'impute directement sur le bénéfice de la cible.
La conséquence pratique est majeure. Si le fonds et les managers ne détiennent ensemble que 90 % de la cible, l'intégration fiscale est impossible et les intérêts de la holding risquent de rester des déficits reportables, sans économie d'impôt immédiate. C'est pourquoi les montages visent en général le rachat de 100 % des titres.
L'article 212 bis du CGI limite la déduction des charges financières nettes au plus élevé de deux montants : 3 millions d'euros ou 30 % du résultat fiscal ajusté (une notion proche de l'EBITDA fiscal). Les charges non admises sont reportables sans limite de durée, et la capacité de déduction non utilisée peut être utilisée pendant les cinq exercices suivants. Le texte prévoit aussi un plafond renforcé en cas de sous-capitalisation, lorsque les sommes prêtées par des entreprises liées dépassent une fois et demie les fonds propres. Dans un groupe intégré, la limitation s'apprécie au niveau du groupe.
Lorsque la holding rachète la cible à des personnes qui la contrôlent directement ou indirectement, puis l'intègre fiscalement, l'article 223 B du CGI impose de réintégrer au résultat d'ensemble une fraction des charges financières, pendant l'exercice d'acquisition et les huit exercices suivants. Ce dispositif vise typiquement l'OBO, où le dirigeant cède sa société à sa propre holding. Il faut en tenir compte dans le modèle, faute de quoi l'économie d'impôt espérée disparaît.
L'article L. 225-216 du Code de commerce interdit à une société d'avancer des fonds, d'accorder des prêts ou de consentir une sûreté en vue de la souscription ou de l'achat de ses propres actions par un tiers. Cette règle, applicable aux SA et, par renvoi de l'article L. 227-1, aux SAS, explique l'architecture du LBO : la cible ne peut pas garantir la dette qui sert à la racheter. Ce sont donc les titres de la cible, détenus par la holding, qui sont nantis au profit des banques.
La holding ne vit que des flux de la cible : dividendes, intérêts de prêts intragroupe, refacturations de prestations de direction (management fees). Ces flux doivent correspondre à une réalité économique et respecter l'intérêt social de la cible. Une distribution qui priverait la filiale des ressources nécessaires à son exploitation exposerait les dirigeants à des risques de responsabilité, voire pénaux en cas d'abus de biens sociaux. Une convention de trésorerie et une convention de prestations documentées sont indispensables.
Prenons un éditeur de logiciel B2B, rentable, dont les fondateurs souhaitent céder la majorité à un fonds tout en réinvestissant aux côtés de l'équipe de direction. Les hypothèses ci-dessous sont illustratives ; elles servent à montrer la mécanique, pas à fixer des références de marché.
La première année, la holding supporte 420 000 € d'intérêts sur la dette senior (7 000 000 € × 6 %) et 140 000 € sur le crédit vendeur (2 000 000 € × 7 %), soit 560 000 €, plus 100 000 € de frais de fonctionnement. Ces 560 000 € de charges financières nettes sont très inférieurs au plafond de 3 millions d'euros de l'article 212 bis : ils sont intégralement déductibles. Le calcul retient le taux normal de l'IS de 25 % prévu à l'article 219 du CGI.
Sans intégration fiscale, la holding accumulerait un déficit reportable de 660 000 € par an, inutilisable tant qu'elle n'a pas de bénéfice propre. Avec l'intégration, l'économie de 165 000 € (660 000 € × 25 %) est immédiate et vient renforcer la trésorerie disponible pour rembourser la dette.
Le flux de trésorerie disponible pour le service de la dette se calcule à partir de l'EBITDA : 2 500 000 € − 385 000 € d'impôt − 300 000 € d'investissements − 100 000 € de hausse du BFR = 1 715 000 €. Le service de la dette de l'année atteint 1 560 000 € (560 000 € d'intérêts et 1 000 000 € d'amortissement). Le ratio de couverture du service de la dette ressort à 1 715 000 / 1 560 000, soit environ 1,10. C'est tendu : une baisse de l'EBITDA de 10 % suffirait à rendre le remboursement impossible sans puiser dans la trésorerie. Un prêteur demanderait probablement soit plus de fonds propres, soit un profil d'amortissement plus lent.
Supposons une revente au bout de cinq ans. L'EBITDA a progressé à 4 000 000 € grâce à la croissance du chiffre d'affaires récurrent, et le multiple reste à 8. La dette senior restante est de 2 000 000 € (7 000 000 € − 5 × 1 000 000 €), le crédit vendeur de 2 000 000 €.
Le gain de 16 400 000 € se décompose en 12 000 000 € de croissance de valeur (1 500 000 € d'EBITDA supplémentaire × 8) et 5 000 000 € de désendettement, diminués des 600 000 € de frais. Le scénario défavorable est tout aussi instructif : avec un EBITDA stable à 2 500 000 € et un multiple ramené à 7, la valeur d'entreprise tombe à 17 500 000 €, les fonds propres à 13 500 000 €, et le multiple à 1,16 x, soit un rendement annuel d'environ 3 %. La dette, inchangée, absorbe une part bien plus grande de la valeur : c'est le levier qui joue à l'envers.
| Scénario | EBITDA | Multiple | Valeur des fonds propres | Multiple sur mise |
|---|---|---|---|---|
| Central | 4 000 000 € | 8 | 28 000 000 € | 2,41 x |
| Intermédiaire | 3 000 000 € | 7 | 17 000 000 € | 1,47 x |
| Défavorable | 2 500 000 € | 7 | 13 500 000 € | 1,16 x |
Le LBO suppose une condition que beaucoup de startups ne remplissent pas encore : des flux de trésorerie positifs, réguliers et prévisibles. Une société qui brûle du cash pour financer sa croissance ne peut pas servir une dette d'acquisition. En revanche, une scale-up qui a franchi la rentabilité, avec un revenu récurrent et un churn maîtrisé, devient une cible naturelle pour les fonds de LBO.
Les échecs de LBO ont rarement une seule cause. Voici les erreurs que nous rencontrons le plus souvent.
Avant d'entrer en négociation avec un fonds ou des banques, vérifiez que les points suivants sont traités.
Le LBO est un rachat financé par la dette, porté par une holding, remboursé par les flux de la cible. Il crée de la valeur par trois moteurs : la croissance de l'EBITDA, le désendettement et, plus rarement, l'amélioration du multiple. Il en détruit lorsque la dette est calibrée sur des hypothèses trop optimistes. Sur le plan fiscal, l'intégration fiscale à 95 %, le régime mère-fille et le plafonnement des charges financières structurent l'équation ; sur le plan juridique, l'interdiction de l'assistance financière dicte l'architecture.
Préparer un LBO, c'est donc d'abord fiabiliser ses chiffres, modéliser plusieurs scénarios et anticiper le reporting exigé par les prêteurs. Notre cabinet DIGIFEC vous accompagne dans la modélisation, les due diligences financières et la structuration de la holding : découvrez notre accompagnement en structuration financière et croissance pour sécuriser votre opération.
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Un LBO (leveraged buy-out) est le rachat d'une entreprise financé en grande partie par de la dette. Les repreneurs créent une holding qui emprunte, achète les titres de la société cible, puis rembourse sa dette grâce aux dividendes que la cible lui verse. L'effet de levier permet de racheter une entreprise avec une mise de fonds propres limitée, au prix d'un risque financier plus élevé si la performance se dégrade.
Le seuil de 95 % du capital, prévu par l'article 223 A du CGI, conditionne l'accès à l'intégration fiscale. Ce régime permet d'imputer le déficit de la holding, constitué des intérêts de la dette d'acquisition, sur le bénéfice de la cible. Sous ce seuil, les intérêts restent en déficit reportable dans la holding et l'économie d'impôt n'est pas immédiate, ce qui pèse sur la rentabilité du montage.
Non. L'article 212 bis du CGI plafonne la déduction des charges financières nettes au plus élevé de 3 millions d'euros ou de 30 % du résultat fiscal ajusté. La plupart des LBO de PME restent sous ce seuil. Il faut aussi vérifier les règles de sous-capitalisation et, en cas de rachat à des personnes qui contrôlent la cible, l'amendement Charasse prévu à l'article 223 B.
Non. L'article L. 225-216 du Code de commerce, applicable aux SAS par renvoi, interdit à une société d'avancer des fonds, d'accorder des prêts ou de consentir une sûreté pour l'achat de ses propres actions. C'est pourquoi la dette est portée par la holding et garantie par le nantissement des titres de la cible, et non par les actifs de celle-ci.