Prendre rendez-vous

Conseils de gestion

CARCDSF sage-femme : cotisations, retraite et prévoyance en 2026

Date
27.10.2026
Durée
18 minutes
CARCDSF sage-femme : barèmes 2026, calcul pas à pas, prise en charge PAMC, déduction, dispenses et retraite. Anticipez votre appel de cotisations.
Sage-femme libérale en consultation avec une patiente enceinte, cotisations CARCDSF et retraite en 2026

Découvrez comment DIGIFEC accompagne les sages-femmes libérales au quotidien.

Vous venez de visser votre plaque ou vous exercez en libéral depuis plusieurs années, et chaque printemps le même document vous attend : l'appel de cotisations de la CARCDSF. Pour une sage-femme libérale, la Caisse autonome de retraite des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes gère quatre régimes obligatoires, avec des montants forfaitaires, des tranches proportionnelles et une participation de l'Assurance maladie. Résultat : beaucoup de praticiennes paient sans vraiment savoir ce qu'elles achètent, ni comment anticiper la ligne la plus lourde de leur budget après le loyer du cabinet.

Ce guide détaille le fonctionnement de la CARCDSF côté sage-femme en 2026 : les barèmes de chaque régime, un calcul complet pas à pas, la prise en charge par l'Assurance maladie, la déduction fiscale, les dispenses à manier avec prudence, la prévoyance et ce que vous toucherez réellement à la retraite.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable, nous accompagnons des professions de santé libérales sur leur comptabilité BNC, leur déclaration 2035 et le pilotage de leur trésorerie à distance avec Pennylane. Les questions sur la caisse de retraite reviennent à chaque installation : c'est pourquoi notre accompagnement d'expert-comptable pour sages-femmes libérales intègre systématiquement la lecture de l'appel CARCDSF.

Qu'est-ce que la CARCDSF pour une sage-femme libérale ?

La CARCDSF est la section professionnelle de l'assurance vieillesse des professions libérales qui couvre deux métiers : les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes. Dès que vous exercez en libéral, même à temps partiel ou en complément d'un poste salarié, l'affiliation est obligatoire. Elle prend effet au premier jour du trimestre civil qui suit le début d'activité, et les cotisations de la première année sont dues au prorata des trimestres d'affiliation.

La caisse ne gère pas votre assurance maladie ni vos allocations familiales : ces cotisations sont recouvrées par l'URSSAF dans le cadre du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC). La CARCDSF, elle, s'occupe de votre retraite et de votre prévoyance. Les chirurgiens-dentistes relèvent de la même caisse, mais avec des montants très différents, notamment pour la PCV et la prévoyance ; si vous partagez un cabinet avec un dentiste, ne comparez pas vos appels ligne à ligne (notre page dédiée à l'expert-comptable pour chirurgiens-dentistes détaille leur situation).

Les quatre régimes gérés par la caisse

  • Le régime de base des libéraux (RBL) : commun à toutes les professions libérales, ses règles sont fixées par l'État et la CNAVPL. Il attribue des points et valide des trimestres.
  • Le régime complémentaire (RC) : propre à la caisse, ses paramètres sont votés par le conseil d'administration. Il fonctionne par points.
  • Les prestations complémentaires de vieillesse (PCV) : réservées aux praticiennes conventionnées, avec une cotisation financée aux deux tiers par l'Assurance maladie.
  • Le régime invalidité-décès (RID) : il ouvre l'accès aux indemnités journalières, à la rente d'invalidité et aux allocations versées aux proches en cas de décès.
4régimes obligatoires gérés par la CARCDSF pour une sage-femme libérale
2/3de la cotisation PCV financés par l'Assurance maladie (520 € sur 780 €)
49,70 €indemnité journalière 2026 versée à partir du 91e jour d'arrêt
≈ 50 %part du régime de base dans la pension d'une sage-femme, selon la caisse

Selon la caisse, le régime de base représente environ la moitié de la pension d'une sage-femme, et le régime complémentaire environ un quart. C'est une différence majeure avec les chirurgiens-dentistes, pour qui la complémentaire pèse davantage.

Quelles sont les cotisations CARCDSF sage-femme en 2026 ?

Les montants 2026 publiés par la caisse reposent sur le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), fixé à 48 060 € pour 2026 par l'arrêté du 22 décembre 2025. Le tableau ci-dessous récapitule les cotisations sage-femme libérale à partir de la deuxième année d'activité.

Cotisations CARCDSF d'une sage-femme libérale en 2026
RégimeCalcul 2026AssietteCe que cela finance
Base (RBL)8,73 % jusqu'à 1 PASS (48 060 €) + 1,87 % jusqu'à 5 PASS (240 300 €). Minimum : 573 €Revenus 2025 (provisionnel), régularisé sur les revenus 2026Points de retraite de base et trimestres
Complémentaire (RC)Forfait de 3 210,60 € + 11,35 % des revenus entre 31 239 € et 240 300 €Revenus 2025, sans régularisationPoints de retraite complémentaire
PCV780 € au total : 260 € à votre charge, 520 € pris en charge par l'Assurance maladieForfaitPoints de retraite des praticiens conventionnés
Invalidité-décès (RID)384 €ForfaitIndemnités journalières dès le 91e jour, rente d'invalidité, allocations décès

Source : CARCDSF, montants des cotisations 2026. PASS 2026 fixé par arrêté du 22 décembre 2025.

Le régime de base : deux tranches proportionnelles

La cotisation RBL est entièrement proportionnelle à vos revenus non salariés. La tranche 1 applique 8,73 % dans la limite d'un PASS ; la tranche 2 applique 1,87 % sur la totalité des revenus jusqu'à cinq PASS. Une cotisation minimale de 573 € s'applique même en cas d'activité libérale accessoire : elle valide trois trimestres de durée d'assurance.

Ce régime est calculé en deux temps. L'appel 2026 contient une cotisation provisionnelle assise sur vos revenus 2025, puis la caisse la régularise en 2027 sur vos revenus réels 2026. Si vos revenus progressent fortement, la régularisation peut être lourde. Vous pouvez demander que le RBL soit calculé sur un revenu estimé de l'année en cours pour lisser l'effort.

Le régime complémentaire : un forfait et une part proportionnelle

La complémentaire combine une cotisation forfaitaire de 3 210,60 € en 2026 et une cotisation proportionnelle de 11,35 % sur la fraction des revenus 2025 comprise entre 0,65 PASS (31 239 €) et 5 PASS (240 300 €). Contrairement au RBL, la RC n'est jamais régularisée : elle est définitive dès l'appel.

Le paramétrage a évolué entre 2025 et 2026. Le mémento 2025 de la caisse retenait un taux de 10,80 % appliqué à partir de 0,85 PASS ; en 2026 le seuil descend à 0,65 PASS et le taux monte à 11,35 %. Vérifiez cette ligne sur votre appel : c'est souvent elle qui explique la hausse par rapport à l'an dernier.

La PCV et l'invalidité-décès : deux forfaits

Pour les sages-femmes, la PCV est un forfait de 780 € dont vous ne payez que 260 €, le reste étant pris en charge par les caisses primaires d'assurance maladie. Le RID est un forfait de 384 € en 2026. Ces deux montants ne dépendent pas de vos revenus, ce qui les rend proportionnellement plus lourds en début d'activité ou à temps partiel.

Quelle prise en charge par l'Assurance maladie pour une sage-femme conventionnée ?

Exercer en tant que sage-femme conventionnée vous fait relever du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. Ce statut a deux conséquences financières favorables. Côté CARCDSF, l'Assurance maladie finance les deux tiers de la PCV, soit 520 € sur 780 € en 2026. Côté URSSAF, une partie de votre cotisation d'assurance maladie est prise en charge sur les revenus tirés de l'activité conventionnée.

Cette prise en charge ne figure pas sur votre appel comme un « cadeau » : elle est directement déduite du montant appelé. Elle suppose toutefois que vous restiez conventionnée et que vos revenus soient correctement ventilés dans la déclaration fiscale et sociale. Une erreur de case entre revenus conventionnés et non conventionnés (par exemple pour des actes non remboursables ou une activité d'enseignement) peut réduire la prise en charge.

Comment calculer ses cotisations : un exemple chiffré pas à pas

Prenons l'exemple hypothétique de Claire, sage-femme libérale conventionnée installée depuis quatre ans. Son revenu professionnel 2025 retenu par la caisse s'élève à 45 000 €. Voici comment se construit son appel 2026.

  1. RBL tranche 1 : ses revenus étant inférieurs au PASS, toute la somme est taxée à 8,73 %, soit 3 928,50 €.
  2. RBL tranche 2 : 45 000 € × 1,87 % = 841,50 €. Le RBL provisionnel atteint donc 4 770 €.
  3. RC forfaitaire : 3 210,60 €, quel que soit le revenu au-delà du seuil de réduction.
  4. RC proportionnelle : seule la fraction au-delà de 31 239 € est retenue, soit 13 761 € × 11,35 % = 1 561,87 €.
  5. PCV : 260 € à sa charge, les 520 € restants étant financés par l'Assurance maladie.
  6. RID : 384 €.
Cas pratique : appel CARCDSF 2026 pour 45 000 € de revenus 2025
LigneCalculMontant
RBL tranche 145 000 € × 8,73 %3 928,50 €
RBL tranche 245 000 € × 1,87 %841,50 €
RC forfaitaireMontant fixe 20263 210,60 €
RC proportionnelle(45 000 € − 31 239 €) × 11,35 %1 561,87 €
PCV (part praticienne)1/3 de 780 €260,00 €
Invalidité-décèsForfait 2026384,00 €
Total à votre chargeSoit environ 22,6 % des revenus10 186,47 €

Cas hypothétique, hors cotisations URSSAF (maladie, allocations familiales, CSG-CRDS, CURPS, formation). Les montants appelés par la caisse peuvent être arrondis à l'euro.

Claire versera donc environ 10 186 € à la CARCDSF en 2026, soit près d'un quart de son revenu, avant même les cotisations URSSAF. Si son revenu 2026 atteint finalement 50 000 €, la caisse lui réclamera en 2027 un complément de RBL de (5 000 € × 8,73 %) + (5 000 € × 1,87 %), soit 530 €. À l'inverse, une baisse d'activité (congé maternité, réduction du temps de travail) donnera lieu à un remboursement ou à une imputation sur les échéances suivantes.

Ce calcul montre l'intérêt de provisionner chaque mois : en mettant de côté un pourcentage fixe des recettes encaissées, vous évitez la mauvaise surprise de juin. Un tableau de bord mensuel dans un outil comme Pennylane, alimenté par votre compte bancaire, permet de suivre ce provisionnement sans ressaisie ; c'est le cœur de notre approche de comptabilité digitale et automatisée.

Combien coûte la première année d'activité ?

En début d'exercice, la caisse ne connaît pas vos revenus. Elle applique donc une base forfaitaire. Pour 2026, la cotisation RBL de première année s'élève à 968 €, calculée sur une assiette de 0,19 PASS, soit 9 131 €. Tout revenu 2026 supérieur à ce montant entraînera un supplément en 2027 : c'est le piège classique de la deuxième année, où se cumulent la régularisation de la première année et les nouvelles cotisations provisionnelles.

Le budget théorique d'une première année complète s'établit ainsi : 968 € de RBL, 3 210,60 € de RC forfaitaire, 260 € de PCV et 384 € de RID, soit 4 822,60 €. La RC forfaitaire peut faire l'objet d'une dispense les deux premières années civiles ; le total tombe alors à 1 612 €, mais au prix d'une perte de points.

Report, étalement et ACRE

Deux mécanismes allègent la trésorerie du démarrage. Le report et l'étalement permettent de différer la cotisation RBL provisionnelle des douze premiers mois jusqu'à la cotisation définitive, puis de l'étaler sur cinq ans sans majoration ; la demande doit être faite par écrit au plus tard à la première échéance et avant tout versement. Ce dispositif n'est utilisable qu'une fois tous les cinq ans.

L'ACRE est l'alternative, non cumulable avec le report. La caisse indique pour 2026 une exonération limitée à 25 % des cotisations concernées (RBL et RID notamment) si vos revenus sont inférieurs à 75 % du PASS, soit 36 045 € pour quatre trimestres, dégressive jusqu'à 48 060 €. La demande se fait auprès de l'URSSAF dans les 60 jours suivant le début d'activité. Attention : les cotisations provisoirement exonérées sont ensuite appelées avec celles de l'année suivante, ce qui peut tendre la trésorerie du second semestre.

Le même raisonnement vaut pour les autres auxiliaires médicaux qui s'installent : notre page d'expert-comptable pour infirmiers libéraux montre comment anticiper ces premières régularisations.

Comment se déroulent l'appel et le paiement des cotisations ?

Depuis la déclaration unifiée, vous ne déclarez plus vos revenus à la caisse : la déclaration réalisée sur impots.gouv.fr est transmise à l'URSSAF et à la CARCDSF. L'appel de cotisations de l'année vous parvient ensuite, généralement à partir de mai ou juin. En attendant, vous réglez des acomptes égaux à un douzième (prélèvement mensuel) ou un quart (paiement trimestriel) des cotisations de l'année précédente.

Le cycle annuel des cotisations CARCDSF

1Janvier à mai

Vous réglez des acomptes calculés sur l'appel de l'année précédente (mensuel ou trimestriel).

2Printemps

Vous déclarez vos revenus de l'année écoulée dans la déclaration fiscale et sociale unifiée sur impots.gouv.fr.

3Appel de cotisations

La caisse calcule le RBL provisionnel, régularise le RBL de l'année précédente et fixe la RC proportionnelle.

4Fin d'année

Les échéances restantes sont ajustées jusqu'en décembre ; les acomptes de l'année suivante démarrent en janvier.

Modes de paiement et pénalités

Le paiement doit être dématérialisé : prélèvement mensuel le 15 de chaque mois, prélèvement trimestriel ou virement aux échéances du 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, ou télérèglement depuis l'espace adhérent. Le mémento 2025 de la caisse précise qu'un retard entraîne une majoration immédiate de 5 % du montant appelé, puis 0,4 % par mois ou fraction de mois.

L'absence de déclaration coûte encore plus cher. Sans revenus déclarés, la caisse calcule les cotisations RBL sur cinq PASS, soit 240 300 € en 2026. Vous pourrez obtenir une rectification en transmettant vos justificatifs fiscaux (déclaration 2035 notamment), mais les cotisations RBL resteront majorées de 5 %.

Les cotisations CARCDSF sont-elles déductibles ?

Oui. Les cotisations obligatoires de retraite, d'invalidité-décès et d'assurance maladie sont déductibles du bénéfice non commercial, en application de l'article 154 bis du code général des impôts, comme le rappelle le BOFiP sur les charges sociales personnelles des BNC. En déclaration contrôlée, elles sont portées dans la 2035 au titre des charges sociales personnelles obligatoires.

Ce qu'il faut savoir pour bien déduire

  • Seules les sommes effectivement payées dans l'année sont déductibles en comptabilité de trésorerie : acomptes de 2026 et éventuelle régularisation de 2025 versés en 2026.
  • La part prise en charge par l'Assurance maladie ne sort pas de votre compte : vous ne déduisez que ce que vous avez réellement réglé.
  • Les rachats de trimestres du régime de base sont intégralement déductibles, selon la caisse.
  • Les majorations de retard sont une source fréquente de discussion : isolez-les dans votre comptabilité pour en apprécier le traitement avec votre expert-comptable.

En régime micro-BNC, aucune charge n'est déductible individuellement : l'abattement forfaitaire est censé couvrir l'ensemble de vos frais, cotisations comprises. Avec environ 10 000 € de cotisations CARCDSF pour 45 000 € de revenus, comme dans notre exemple, la comparaison entre micro et déclaration contrôlée mérite toujours d'être chiffrée.

Quelles dispenses et réductions de cotisations existent ?

La caisse prévoit plusieurs aménagements. Ils soulagent la trésorerie, mais presque tous ont un coût en droits à la retraite.

Revenus faibles

Si vos revenus professionnels nets 2025 sont inférieurs à 65 % du PASS, soit 31 239 €, vous pouvez obtenir sur demande une réduction de la RC forfaitaire. Le coefficient est égal au rapport entre vos revenus et ce seuil : avec 20 000 € de revenus, la cotisation forfaitaire est ramenée à environ 64 % de son montant. Pour la PCV, une dispense est possible lorsque les revenus professionnels 2024 sont inférieurs ou égaux à 3 120 €, avec annulation des droits de l'année.

Maternité

Point important pour une profession très majoritairement féminine : vous pouvez demander une dispense des cotisations RC forfaitaire et proportionnelle pour l'année civile de l'accouchement et l'année suivante. Les droits perdus peuvent être rachetés à hauteur de six ou douze points par an, en une seule fois, avant la fin de la sixième année civile suivant la dispense ou au moment de la retraite. Côté régime de base, le mémento 2025 indique que 100 points sont attribués gratuitement au titre du trimestre de l'accouchement.

Maladie et incapacité

En cas d'incapacité d'exercer de plus de six mois, la cotisation RBL est exonérée sur demande avec attribution de 400 points et quatre trimestres par an. Les cotisations RC et PCV font l'objet d'une dispense, avec perte des droits correspondants. La demande doit être envoyée en recommandé dans les délais fixés par la caisse.

Point de vigilance : une dispense se paie à la retraite

  • Dispense RC de début d'activité : points perdus, rachetables seulement entre la 6e et la 15e année.
  • Dispense PCV pour revenus très faibles : points perdus et non rachetables.
  • Retard de paiement : les garanties invalidité-décès sont suspendues tant que vous n'êtes pas à jour dans tous les régimes.

Quelle prévoyance offre la CARCDSF aux sages-femmes ?

Le régime invalidité-décès est la seule couverture obligatoire en cas d'arrêt prolongé. Il est utile, mais limité. Les indemnités journalières de la CARCDSF s'élèvent pour les sages-femmes à 49,70 € par jour en 2026, soit 18 140,50 € pour 365 jours, versées à partir du 91e jour d'arrêt et pendant trois ans au maximum.

Les conditions à respecter

  • La déclaration de cessation d'activité et l'arrêt de travail doivent être adressés en recommandé au plus tard dans les 90 jours suivant la fin des 90 premiers jours d'arrêt.
  • Vous devez être à jour de vos cotisations : à défaut, le versement ne démarre que le 31e jour suivant le règlement des sommes dues.
  • En cas de rechute pour la même pathologie dans un délai inférieur à un an, il n'y a plus de délai de carence, à condition d'envoyer le certificat dans les 30 jours.

Invalidité et décès

La rente d'invalidité suppose une incapacité professionnelle totale et définitive reconnue par la commission d'inaptitude, avant 62 ans, avec cessation définitive de l'activité libérale. Elle s'accompagne d'une exonération de toutes les cotisations et de l'attribution gratuite de points. En cas de décès, la caisse affichait pour 2025 une allocation immédiate de 14 831 € versée au conjoint d'une sage-femme.

Les arrêts de moins de trois mois restent donc à votre charge côté caisse, et les montants versés ensuite sont sans commune mesure avec un revenu d'activité. Une prévoyance complémentaire couvrant les 90 premiers jours, les frais fixes du cabinet et un niveau d'indemnité cohérent avec vos revenus est presque toujours indispensable.

Retraite sage-femme libérale : combien toucherez-vous ?

La retraite sage-femme libérale se calcule régime par régime : nombre de points acquis multiplié par la valeur du point au moment du départ. Les valeurs publiées par la caisse pour 2026 sont de 0,6599 € pour le point RBL et de 31,82 € pour le point RC. La PCV utilise plusieurs valeurs selon la date d'acquisition ; le mémento 2025 indiquait 6,10 € pour les points acquis depuis 2006.

Reprenons Claire et ses 45 000 € de revenus. En appliquant les règles d'attribution publiées dans le mémento 2025 (525 points pour une tranche 1 complète, 25 points pour une tranche 2 complète, 6 points pour la RC forfaitaire, 18 points pour la PCV), on obtient l'ordre de grandeur suivant.

Ce que rapporte une année de cotisation (ordre de grandeur)
RégimePoints acquis (hypothèse 45 000 €)Valeur du pointRente annuelle future
RBL≈ 496 points0,6599 € (2026)≈ 327 €
RC6 points (forfait) + ≈ 2,9 points (proportionnel)31,82 € (2026)≈ 284 €
PCV18 points6,10 € (valeur 2025, points acquis depuis 2006)≈ 110 €
Total——≈ 721 € par an de cotisation

Calcul indicatif fondé sur les règles d'attribution publiées dans le mémento 2025 des sages-femmes et sur les valeurs de point indiquées. Seul votre relevé de carrière fait foi.

Chaque année de cotisation à ce niveau ouvre donc environ 720 € de rente annuelle. Sur une carrière libérale de 30 ans, cela représente un peu plus de 21 000 € par an, avant prélèvements sociaux et sans tenir compte des droits acquis éventuellement comme salariée à l'hôpital ou en clinique. C'est un socle, pas un niveau de vie : d'où l'intérêt d'une épargne retraite complémentaire, dont les versements sont déductibles dans certaines limites.

Âge de départ et taux plein

Le régime de base suit les règles communes. Après la suspension de la réforme de 2023, le tableau publié sur la page âge de départ de la CARCDSF fixe par exemple l'âge légal à 63 ans et 171 trimestres pour les personnes nées d'avril à décembre 1965, et 64 ans et 172 trimestres à partir de la génération 1969. Le taux plein est acquis à 67 ans quelle que soit la durée d'assurance. Avant cet âge, chaque trimestre manquant réduit la pension de base de 1,25 %, dans la limite de douze trimestres pour les générations à partir de 1968.

Rachats et cumul emploi-retraite

Vous pouvez racheter jusqu'à douze trimestres dans le régime de base (années d'études ou années incomplètes), entre 20 et 67 ans, avec un tarif préférentiel pour quatre trimestres dans les dix ans suivant la fin des études. Enfin, depuis 2023 pour le régime de base et 2024 pour la RC et la PCV, la poursuite d'activité en cumul emploi-retraite intégral permet d'acquérir de nouveaux droits. Le cumul partiel, lui, n'en ouvre pas.

Quelles erreurs éviter et comment sécuriser vos cotisations ?

Les erreurs fréquentes

  • Ne pas provisionner la régularisation de deuxième année : la base forfaitaire de 9 131 € sous-estime presque toujours le revenu réel d'une activité qui démarre bien.
  • Demander toutes les dispenses par réflexe : la PCV dispensée n'est jamais rachetable, et la RC forfaitaire dispensée coûte plus cher à racheter plus tard.
  • Payer en retard : outre la majoration, la prévoyance est suspendue, au moment précis où vous pourriez en avoir besoin.
  • Oublier d'estimer son revenu lors d'une forte variation d'activité, à la hausse comme à la baisse.
  • Confondre sa situation avec celle d'une consœur dentiste ou salariée : les forfaits PCV et RID des sages-femmes sont spécifiques.
  • Négliger le relevé de carrière : les périodes salariées, les trimestres enfants et les dispenses doivent être vérifiés bien avant 55 ans.

La méthode en 6 étapes

  1. Créer votre espace adhérent sur le site de la caisse et télécharger chaque appel ainsi que votre relevé individuel de situation.
  2. Choisir le prélèvement mensuel pour lisser les sorties de trésorerie sur douze échéances.
  3. Provisionner un pourcentage fixe de vos recettes sur un compte dédié : dans notre exemple, un peu moins d'un quart du revenu pour la seule CARCDSF.
  4. Estimer votre revenu dès qu’il s’écarte nettement de celui de l’année de référence, pour éviter une régularisation brutale.
  5. Arbitrer chaque dispense en chiffrant les points perdus et le coût d'un rachat futur.
  6. Compléter la prévoyance pour couvrir les 90 premiers jours d'arrêt et vos frais fixes, puis réexaminer chaque année.

Cette méthode vaut pour l'ensemble des professions de santé libérales que nous suivons ; vous trouverez d'autres repères sur notre page consacrée aux professions de santé libérales, et le cas des confrères affiliés à la même caisse dans notre guide pour réussir son installation de chirurgien-dentiste.

En résumé : la CARCDSF sage-femme, un budget à piloter

La CARCDSF gère quatre régimes pour les sages-femmes libérales : un régime de base proportionnel, une complémentaire mixte dont le paramétrage a été durci en 2026, une PCV largement financée par l'Assurance maladie et un régime invalidité-décès forfaitaire. Pour 45 000 € de revenus, la facture dépasse 10 000 € par an, déductible du BNC, et ouvre environ 720 € de rente annuelle par année cotisée.

Bien piloter ces cotisations, c'est provisionner chaque mois, estimer ses revenus quand l'activité change, arbitrer les dispenses avec lucidité et compléter une prévoyance qui ne démarre qu'au 91e jour. Pour faire le point sur votre appel, votre régime fiscal et votre trésorerie, découvrez notre accompagnement d'expert-comptable dédié aux sages-femmes libérales.

Nos clients

Vous êtes sage-femme libérale ?

Installation, CARCDSF, 2035 et remplacements : découvrez comment DIGIFEC accompagne les sages-femmes libérales.

Expert-comptable pour sages-femmes

Foire aux questions

Combien coûte la CARCDSF pour une sage-femme libérale en 2026 ?

Cela dépend de vos revenus. Hors première année, comptez un RBL de 8,73 % jusqu'à 48 060 € et 1,87 % jusqu'à 240 300 €, une RC de 3 210,60 € plus 11,35 % au-delà de 31 239 €, 260 € de PCV et 384 € d'invalidité-décès. Pour 45 000 € de revenus 2025, le total avoisine 10 186 € par an, hors cotisations URSSAF.

Quelle est la cotisation CARCDSF la première année ?

En 2026, la cotisation RBL de première année est de 968 €, calculée sur une base forfaitaire de 9 131 €. S'y ajoutent 3 210,60 € de RC forfaitaire, 260 € de PCV et 384 € de RID, soit 4 822,60 € pour une année complète. La RC peut être dispensée les deux premières années, avec perte des points correspondants, et les cotisations sont dues au prorata des trimestres d'affiliation.

Les cotisations CARCDSF sont-elles déductibles des impôts ?

Oui. Les cotisations obligatoires de retraite et d'invalidité-décès sont déductibles du bénéfice non commercial en application de l'article 154 bis du code général des impôts. En déclaration contrôlée, elles figurent dans la 2035 parmi les charges sociales personnelles obligatoires. Seules les sommes réellement payées dans l'année sont déductibles. En micro-BNC, l'abattement forfaitaire couvre déjà toutes les charges.

Quelle retraite peut espérer une sage-femme libérale ?

La pension est égale aux points acquis multipliés par la valeur du point : 0,6599 € pour le RBL et 31,82 € pour la RC en 2026. Selon notre calcul indicatif, une année cotisée sur 45 000 € de revenus ouvre environ 720 € de rente annuelle, PCV comprise. Le régime de base représente environ la moitié de la pension d'une sage-femme.

Background Image
Chaque croissance commence par une décision.Parlez-nous de votre vision, de vos objectifs ou de vos enjeux financiers : nous vous aidons à structurer la suite.Prenons rendez-vous et accélérons votre trajectoire.
Contactez nos experts