Conseils de gestion

Découvrez comment DIGIFEC accompagne les professionnels de santé libéraux au quotidien.
La SELARL (société d'exercice libéral à responsabilité limitée) est la forme de société la plus utilisée par les médecins, chirurgiens-dentistes, kinésithérapeutes ou vétérinaires qui veulent exercer en société. Elle permet de soumettre les bénéfices à l'impôt sur les sociétés, de s'associer avec des confrères et de préparer un rachat ou une transmission. Mais elle ne transforme pas, à elle seule, un cabinet en machine à optimiser : mal calibrée, elle ajoute des coûts, des obligations et quelques pièges sociaux.
Ce guide vous explique le fonctionnement de la SELARL, ce qui la distingue de la SELAS, de la SCM et de la SCP, la fiscalité de votre rémunération et des dividendes, le rôle de la holding SPFPL et, surtout, le moment où le passage en société devient rentable. Un cas pratique chiffré vous montre le raisonnement pas à pas.
Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable, nous accompagnons au quotidien les praticiens qui créent ou reprennent une SEL. Si vous cherchez un expert-comptable pour les professions de santé capable de modéliser ces choix avant de signer les statuts, ce guide vous donne déjà la méthode.
La SELARL est une société de capitaux à objet civil, réservée aux professions libérales réglementées. Elle reprend le fonctionnement d'une SARL (gérance, assemblées, parts sociales), mais avec des règles propres à l'exercice d'une profession soumise à un ordre ou à une autorité de tutelle. Elle compte de 2 à 100 associés ; lorsqu'un praticien est seul, on parle de SELARLU ou SELURL, l'équivalent de l'EURL.
Le cadre a été refondu par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l'exercice en société des professions libérales réglementées, entrée en vigueur le 1er septembre 2024. Elle a abrogé la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 qui régissait jusqu'alors les SEL, à droit largement constant. Pour les professions de santé, le décret n° 2025-1216 du 11 décembre 2025 a mis le Code de la santé publique en cohérence avec ces nouveaux textes.
Le principe est simple : la majorité du capital et des droits de vote doit être détenue par des professionnels qui exercent effectivement dans la société, directement ou par l'intermédiaire d'une SPFPL. Le solde peut appartenir à des tiers limitativement énumérés : un confrère qui n'exerce pas dans la structure, un ancien associé qui y a exercé, un conjoint, etc. Chaque profession peut encadrer plus strictement cette part, d'où l'intérêt de vérifier les règles propres à votre ordre avant de rédiger les statuts.
Selon la fiche officielle d'Entreprendre Service Public consacrée à la SEL, la société doit être inscrite au tableau de l'ordre (ou agréée) avant son immatriculation au registre du commerce et des sociétés. Elle transmet chaque année à l'autorité compétente l'état de son capital et de ses droits de vote, ainsi que ses statuts à jour. Depuis le 1er janvier 2024, chaque associé exerçant doit en outre disposer de son propre numéro Siren, obtenu auprès du service des impôts des entreprises qui gère la société.
Le capital social est libre. À la création, au moins un cinquième des apports en numéraire doit être libéré. Attention : un capital non entièrement libéré fait perdre le taux réduit d'impôt sur les sociétés, comme nous le verrons plus loin.
Dans une SELARL, c'est la société qui encaisse les honoraires, paie les charges et rémunère les associés. Elle est dirigée par un ou plusieurs gérants choisis parmi les associés qui exercent. Les décisions importantes (approbation des comptes, rémunération des gérants, affectation du résultat) se prennent en assemblée. L'entrée d'un nouvel associé nécessite la majorité des trois quarts des voix, et la cession de parts l'accord des trois quarts des associés exerçants : un verrou protecteur pour une patientèle partagée, mais parfois un frein lors d'une transmission.
Sur le plan financier, la responsabilité des associés est limitée à leurs apports. Sur le plan professionnel, en revanche, chaque praticien reste personnellement responsable de ses actes, la société étant solidairement responsable avec lui. Votre assurance responsabilité civile professionnelle doit donc couvrir à la fois vous et la SELARL.
Passer en SELARL, c'est quitter la comptabilité de trésorerie de la déclaration 2035 pour une comptabilité d'engagement complète : bilan, compte de résultat, liasse fiscale d'impôt sur les sociétés, approbation et dépôt des comptes. Le coût administratif augmente, ce qui doit être intégré dans votre calcul de rentabilité. Un outil comme Pennylane permet de garder une vision en temps réel des encaissements et de la trésorerie de la société.
Les praticiens confondent souvent les structures d'exercice et les structures de moyens. Une SEL (SELARL ou SELAS) exerce la profession : elle soigne, facture et encaisse. Une SCM (société civile de moyens) se contente de mettre à disposition de ses membres des locaux, du matériel ou du personnel ; chaque praticien conserve sa propre patientèle et son propre exercice. La SCP (société civile professionnelle) permet un exercice en commun, mais sans soumettre les bénéfices à l'impôt sur les sociétés par défaut.
| Critère | SELARL | SELAS | SCM | SCP |
|---|---|---|---|---|
| Objet | Exercice de la profession | Exercice de la profession | Partage de moyens (locaux, matériel, personnel) | Exercice en commun de la profession |
| Associés | 2 à 100 (SELARLU si seul) | 2 minimum (SELASU si seul) | Professionnels qui partagent les moyens | Professionnels de la même profession |
| Imposition des bénéfices | IS, option IR possible | IS, option IR possible | Pas d'IS : chaque associé imposé sur sa part | Associés imposés sur leur quote-part de bénéfice |
| Statut social du dirigeant | TNS si gérance majoritaire, sinon assimilé salarié | Président assimilé salarié | Chaque associé garde son statut libéral | Chaque associé garde son statut libéral |
| Libération du capital à la création | 1/5 des apports en numéraire | 1/2 des apports en numéraire | Selon les statuts | Selon les statuts |
| Entrée d'un nouvel associé | 3/4 des voix | 2/3 des voix | Selon les statuts | Selon les statuts |
| Intérêt principal | Cadre stable, statut TNS connu | Souplesse statutaire, pactes d'associés | Mutualiser les charges sans fusionner les patientèles | Exercice groupé sans IS |
Le choix entre SELARL et SELAS se joue d'abord sur le statut du dirigeant. Le gérant majoritaire de SELARL est travailleur non salarié (TNS) : ses cotisations sont plus faibles en proportion, mais sa protection sociale aussi. Le président de SELAS est assimilé salarié pour son mandat social. La SELAS offre aussi une liberté statutaire plus grande, utile lorsqu'il faut organiser l'entrée progressive de jeunes associés, prévoir des clauses de sortie ou accueillir des investisseurs extérieurs dans les limites autorisées par l'ordre.
En pratique, pour un médecin, un chirurgien-dentiste ou un kinésithérapeute qui exerce seul ou à deux, la SELARL reste la solution la plus fréquente. La SELAS se justifie davantage pour les structures de groupe, avec plusieurs associés aux profils différents.
Par principe, la SELARL est soumise à l'impôt sur les sociétés. Le bénéfice, après déduction de la rémunération des associés et des charges, est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € puis à 25 % au-delà. Le taux réduit est réservé aux sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros et dont le capital, entièrement libéré, est détenu à 75 % au moins par des personnes physiques.
La SELARL, comme la SELAS, peut opter pour l'impôt sur le revenu lorsqu'elle remplit les conditions prévues pour les petites sociétés récentes (moins de 50 salariés, moins de cinq ans d'existence, notamment). L'option vaut pour cinq exercices au maximum. Elle intéresse surtout le praticien qui crée sa société avec des déficits de démarrage à imputer sur ses autres revenus ; elle est rarement pertinente pour un cabinet déjà rentable.
En exercice individuel, la totalité du bénéfice est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, quelle que soit la part que vous prélevez réellement. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, la tranche à 30 % s'applique de 29 580 € à 84 577 € par part de quotient familial, celle à 41 % de 84 578 € à 181 917 €, et celle à 45 % au-delà. Dès que vous laissez une partie du bénéfice dans la structure, l'écart avec un IS à 15 % ou 25 % devient significatif.
La question a longtemps été source d'incertitude. L'administration a fixé sa doctrine : à compter de l'imposition des revenus 2024, les rémunérations perçues par les associés de SEL au titre de leur activité libérale relèvent en principe des bénéfices non commerciaux (BNC), sauf lien de subordination, auquel cas elles sont imposées en traitements et salaires. La doctrine est publiée au BOFiP (rescrit BOI-RES-BNC-000136).
Les sommes qui rémunèrent les fonctions de gérant proprement dites (convocation des assemblées, représentation de la société) restent imposées dans la catégorie des traitements et salaires, selon l'article 62 du CGI. Lorsque la distinction entre les deux missions est impossible, l'ensemble demeure imposé selon cet article.
Le Conseil d'État, saisi par le Conseil national des barreaux, a partiellement annulé ces commentaires par une décision du 8 avril 2025 (n° 492154). Ont été censurés la liste des tâches réputées « en toutes circonstances » inhérentes à l'activité libérale, et la règle pratique qui rattachait forfaitairement 5 % de la rémunération des gérants majoritaires de SELARL aux traitements et salaires. Concrètement, la ventilation entre BNC et rémunération de gérance doit désormais être justifiée au regard de votre situation réelle : formalisez-la dans les décisions d'assemblée.
Côté social, le gérant majoritaire de SELARL est affilié comme travailleur indépendant : cotisations à l'Urssaf et à sa caisse de retraite professionnelle (CARMF pour les médecins, CARCDSF pour les chirurgiens-dentistes et les sages-femmes, CARPIMKO pour les auxiliaires médicaux). Le gérant minoritaire ou égalitaire relève, lui, du régime des assimilés salariés, nettement plus coûteux pour une même rémunération nette.
C'est le point que beaucoup de praticiens découvrent trop tard. Pour un travailleur indépendant qui exerce dans une société soumise à l'IS, l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale asseoit les cotisations sur l'assiette définie à l'article L. 136-3 du même code, dont le II, 2° intègre la part des dividendes qui dépasse 10 % d'un montant de référence. Ce montant comprend le capital social et les primes d'émission détenus par le praticien, son conjoint ou partenaire de Pacs et ses enfants mineurs, ainsi que les sommes inscrites en compte courant d'associé.
Avec une SELARL au capital de quelques milliers d'euros, le seuil est donc très bas : la quasi-totalité du dividende supporte les cotisations sociales d'indépendant, en plus de l'impôt sur le revenu. Le dividende n'est alors pas un moyen de réduire les charges sociales ; il sert surtout à sortir, au moment choisi, une trésorerie déjà taxée à l'IS.
Depuis le 1er janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) se compose de 12,8 % d'impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux, soit 31,4 % au total. Vous pouvez opter pour le barème progressif, qui ouvre droit à un abattement de 40 % sur les dividendes : l'option est souvent intéressante si votre taux marginal d'imposition est de 11 %, rarement au-delà de 30 %. La fraction réintégrée dans l'assiette des cotisations d'indépendant obéit, elle, aux règles sociales des revenus d'activité : faites chiffrer précisément l'articulation des deux régimes.
Deux leviers existent : augmenter le capital social (par incorporation de réserves ou nouvel apport) et laisser des sommes en compte courant d'associé. Ils doivent être maniés avec prudence : un capital élevé est immobilisé, et un compte courant alimenté artificiellement juste avant une distribution sera regardé de près en cas de contrôle. Le montant de référence est apprécié au dernier jour de l'exercice qui précède la distribution.
Prenons l'exemple hypothétique d'un médecin spécialiste qui encaisse 380 000 € d'honoraires par an, pour 180 000 € de charges. En exercice individuel, ses 200 000 € de bénéfice sont intégralement imposés au barème et soumis aux cotisations, même s'il n'a besoin que de 120 000 € par an pour vivre et rembourser son crédit immobilier. Il envisage de créer une SELARL dont il serait gérant majoritaire, avec 5 000 € de capital et 15 000 € en compte courant.
Cas hypothétique, société éligible au taux réduit d'IS (chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques). Hors cotisations sociales personnelles du médecin.
Le médecin se verse 120 000 € de rémunération, imposée dans la catégorie des BNC et soumise à ses cotisations d'indépendant. Ce montant couvre ses besoins personnels ; il pourra être ajusté chaque année par décision d'assemblée en fonction de l'activité.
La SELARL dégage 80 000 € de bénéfice. Elle paie 6 375 € d'IS sur les premiers 42 500 € (15 %) et 9 375 € sur les 37 500 € restants (25 %), soit 15 750 € au total. Il reste 64 250 € de bénéfice net. Si ces 80 000 € avaient été imposés directement entre ses mains dans la tranche à 41 %, l'impôt sur le revenu aurait pu atteindre 32 800 €, sans compter les cotisations sociales correspondantes.
Le gain n'existe que si ces 64 250 € restent dans la société pour financer un investissement : un échographe, l'aménagement du cabinet, le remboursement d'un emprunt professionnel. S'il les distribue, la règle des 10 % s'applique : son montant de référence est de 20 000 € (5 000 € de capital et 15 000 € de compte courant), le seuil est donc de 2 000 €, et 62 250 € entrent dans l'assiette de ses cotisations. Les 2 000 € situés sous le seuil supportent les prélèvements sociaux de 18,6 %, soit 372 €, et l'ensemble du dividende l'impôt sur le revenu, soit 8 224 € au taux forfaitaire de 12,8 %.
Ce calcul est volontairement partiel : il n'intègre pas les cotisations sociales dues sur les 62 250 € réintégrés, dont le montant dépend de votre caisse, de votre revenu global et des règles d'articulation entre cotisations et prélèvements. Il ne permet donc pas, à lui seul, de comparer le coût d'un dividende à celui d'une rémunération : ce chiffrage complet doit être réalisé sur votre situation réelle avant toute décision de distribution.
| Option | Fiscalité personnelle | Cotisations sociales | Ce qu'il faut en retenir |
|---|---|---|---|
| Mise en réserve dans la SELARL | Aucune tant que rien n'est distribué | Aucune tant que rien n'est distribué | Seul l'IS de 15 750 € est payé ; la trésorerie finance le matériel ou rembourse un emprunt |
| Dividende versé au médecin (capital 5 000 €, compte courant 15 000 €) | IR : 12,8 % (PFU) ou barème avec abattement de 40 % ; prélèvements sociaux de 18,6 % sur la part sous le seuil | Seuil de 10 % = 2 000 € ; 62 250 € entrent dans l'assiette des cotisations d'indépendant (montant à chiffrer selon votre caisse) | Avec un petit capital, le dividende ne réduit presque pas l'assiette sociale |
| Dividende remonté à une SPFPL (détention d'au moins 5 % depuis 2 ans) | Régime mère-fille : seule une quote-part de 5 % est taxée à l'IS dans la SPFPL | Risque de réintégration dans l'assiette du praticien (Cass. 2e civ., 19 octobre 2023) | Utile pour rembourser l'emprunt de rachat de parts, pas pour « échapper » aux cotisations |
La conclusion de ce cas est nette : la SELARL est intéressante pour ce médecin à condition de capitaliser une partie du résultat. Pour un praticien qui prélève l'intégralité de son bénéfice, elle ajoute surtout des coûts de gestion. Pour un exemple adapté à votre spécialité, consultez nos pages dédiées à l'expertise comptable des médecins et aux chirurgiens-dentistes en SEL.
La SPFPL (société de participations financières de professions libérales) est une holding dédiée aux professions réglementées. Elle détient des parts de SEL et permet de compter, pour la règle de majorité, les praticiens qui y sont associés comme s'ils détenaient leurs parts en direct. Elle obéit, comme la SEL, à des règles de détention propres à chaque profession.
Son usage principal est le rachat de parts. Un jeune chirurgien-dentiste qui rachète les parts d'un associé partant crée une SPFPL, qui emprunte et acquiert les titres. Les dividendes versés par la SEL remontent ensuite à la SPFPL pour rembourser le prêt. Si la SPFPL détient au moins 5 % du capital de la SEL et conserve les titres au moins deux ans, le régime mère-fille s'applique : les dividendes sont exonérés d'IS, à l'exception d'une quote-part de frais et charges de 5 %.
Sur nos 64 250 € de dividendes, la quote-part taxable n'est que de 3 212,50 €, soit environ 482 € d'IS au taux de 15 %. Le remboursement d'emprunt se fait donc avec un revenu presque entièrement préservé, alors qu'un rachat à titre personnel serait financé par des revenus déjà soumis à l'impôt sur le revenu et aux cotisations. Pour aller plus loin sur la logique des holdings, lisez notre guide sur la holding patrimoniale et la structuration du patrimoine du dirigeant.
Dans un arrêt du 19 octobre 2023 (n° 21-20.366), la Cour de cassation a jugé que les bénéfices d'une société d'exercice libéral entrent dans l'assiette des cotisations sociales du praticien qui y exerce, y compris lorsqu'ils sont distribués à sa société de participations financières de profession libérale.
La SPFPL reste un excellent outil pour financer un rachat de parts ou organiser une association. Ce n'est pas un moyen de transformer des honoraires en dividendes exonérés de cotisations.
Dans un arrêt du 19 octobre 2023 (n° 21-20.366), la Cour de cassation a validé la réintégration, dans l'assiette des cotisations d'un chirurgien-dentiste, des dividendes que sa SELARL avait versés à sa SPFPL. Elle a jugé que ces bénéfices, issus de l'activité du praticien, revêtaient la nature de revenus d'activité non salariés. Ne construisez donc jamais une SPFPL dans le seul but d'éviter les cotisations : l'économie est fragile et le rappel de cotisations peut porter sur plusieurs années.
Il n'existe pas de seuil légal ou magique. Le passage en société se justifie lorsque plusieurs conditions se cumulent ; à l'inverse, un seul critère ne suffit pas.
Si vous préparez une installation en parallèle, notre guide pour réussir son installation de chirurgien-dentiste complète cette méthode avec les étapes ordinales et bancaires.
La SELARL a son propre patrimoine. Payer des dépenses personnelles avec la carte de la société crée un compte courant débiteur, interdit dans une société à responsabilité limitée et susceptible d'être requalifié en revenu distribué. Toute sortie d'argent doit être une rémunération, un remboursement de frais justifié ou un dividende voté.
C'est l'erreur la plus coûteuse : vous payez l'IS, puis l'impôt sur le revenu et, au-delà du seuil de 10 %, les cotisations sociales. Pour un gérant majoritaire au capital modeste, distribuer tout le bénéfice revient souvent plus cher que de rester en exercice individuel.
Un capital non entièrement libéré, ou détenu majoritairement par une société dont l'actionnariat ne remplit pas les conditions, fait perdre le taux de 15 % sur toute la tranche de 42 500 €. Vérifiez la libération des apports dès le premier exercice.
Depuis la décision du Conseil d'État du 8 avril 2025, la règle forfaitaire des 5 % ne peut plus servir de référence. Faute de ventilation justifiée entre activité libérale et fonctions de gérance, la totalité de votre rémunération risque d'être imposée selon l'article 62 du CGI.
La SELARL vous permet d'exercer en société, de soumettre vos bénéfices à l'impôt sur les sociétés et d'organiser une association ou un rachat de parts. Elle est rentable lorsque votre bénéfice dépasse durablement vos besoins, que vous laissez une partie du résultat dans la structure et que vous acceptez une gestion plus formelle. Elle l'est beaucoup moins si vous distribuez tout : la règle des 10 % ramène alors la plupart des dividendes dans l'assiette de vos cotisations.
Avant de vous lancer, faites chiffrer vos scénarios sur plusieurs années, en intégrant l'IS, l'impôt sur le revenu, les cotisations et les coûts de gestion. DIGIFEC accompagne les médecins, chirurgiens-dentistes, vétérinaires et auxiliaires médicaux dans ces simulations, la création de leur SEL ou de leur SPFPL et le pilotage à distance de leur cabinet avec Pennylane. Découvrez notre accompagnement d'expert-comptable dédié aux professions de santé et demandez une étude de votre situation.
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La SELARL est une société d'exercice libéral à responsabilité limitée, réservée aux professions libérales réglementées comme les médecins, chirurgiens-dentistes ou kinésithérapeutes. Elle fonctionne comme une SARL, mais la majorité du capital et des droits de vote doit être détenue par des professionnels qui exercent dans la société. Ses bénéfices sont soumis par principe à l'impôt sur les sociétés, et la responsabilité financière des associés est limitée à leurs apports.
Elle l'est lorsque le médecin dégage un bénéfice nettement supérieur à ses besoins personnels et peut en laisser une partie dans la société pour investir ou rembourser un emprunt. Ce bénéfice conservé est alors taxé à 15 % puis 25 % au lieu du barème de l'impôt sur le revenu. Si le médecin prélève tout, les coûts de gestion et la règle des 10 % sur les dividendes réduisent fortement l'intérêt de la structure.
Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération perçue par un associé de SEL au titre de son activité libérale relève en principe des bénéfices non commerciaux, sauf lien de subordination. Les sommes rémunérant les fonctions de gérance restent imposées en traitements et salaires selon l'article 62 du CGI. Depuis une décision du Conseil d'État du 8 avril 2025, la ventilation forfaitaire de 5 % n'est plus applicable.
Oui, pour le gérant travailleur indépendant, au-delà d'un seuil. La part des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des comptes courants d'associé détenus par le praticien et sa famille proche entre dans l'assiette des cotisations. Avec un capital modeste, presque tout le dividende est concerné. Le dividende supporte aussi l'impôt sur le revenu, au PFU ou au barème.