Conseils de gestion

Découvrez comment DIGIFEC accompagne les orthophonistes libéraux au quotidien.
S'installer comme orthophoniste libéral, c'est cumuler trois métiers dès le premier jour : soignant, chef d'entreprise et gestionnaire. Le choix de la zone conditionne vos aides conventionnelles, le mode d'exercice (remplacement, collaboration, cabinet de groupe) fixe votre niveau de risque, et le régime fiscal détermine combien vous paierez d'impôt et de cotisations sur chaque euro d'honoraires.
Ce guide suit l'ordre réel d'une installation : zonage et conventionnement, choix entre collaboration et installation, statut juridique, TVA, cotisations Carpimko et Urssaf, puis tenue de la comptabilité et déclaration 2035. Chaque étape est illustrée par des montants à jour pour 2026 et par un cas pratique chiffré.
Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable, nous accompagnons des professions de santé et des professions libérales réglementées dans leur installation, leur comptabilité BNC et leur pilotage à distance avec Pennylane. Vous trouverez le détail de notre accompagnement sur notre page dédiée à l'expert-comptable pour orthophonistes.
Avant toute question de statut, une installation réussie repose sur une séquence administrative précise. Sauter une étape (par exemple, commencer à soigner avant d'avoir sa carte CPS ou son adhésion à la convention) retarde vos premiers remboursements et crée un trou de trésorerie dès le lancement.
Enregistrement du diplôme et obtention de l'identifiant RPPS, indispensable pour facturer.
Vérification du niveau de dotation de la zone sur le site de l'ARS et des aides mobilisables.
Remplacement, collaboration, installation seule ou en cabinet de groupe, maison de santé.
Formalité unique en ligne, qui déclenche l'affiliation Urssaf et Carpimko.
Adhésion à la convention, carte CPS, télétransmission et, le cas échéant, contrat incitatif.
Compte dédié, responsabilité civile professionnelle, prévoyance complémentaire.
Choix du régime fiscal, outil de saisie, provision mensuelle pour les cotisations et l'impôt.
Le premier investissement d'un orthophoniste libéral est rarement immobilier : il s'agit surtout des tests et batteries d'évaluation, du mobilier, de l'informatique, du logiciel métier avec lecteur de carte, et parfois d'un dépôt de garantie pour le local. À cela s'ajoute un matelas de trésorerie pour couvrir le délai entre les premiers soins et les premiers remboursements, ainsi que les premières cotisations provisionnelles.
Le lieu d'installation est la décision la plus structurante. Depuis l'avenant n° 19 à la convention nationale des orthophonistes, conclu le 25 février 2022 et publié au Journal officiel du 26 avril 2022, le territoire est classé en quatre niveaux de dotation : zones sous-denses, intermédiaires, très dotées et sur-dotées. Ce classement est arrêté région par région par l'ARS, à l'échelle du bassin de vie ou, dans les grandes unités urbaines, du pseudo-canton.
L'avenant fixe aussi des objectifs de rééquilibrage : davantage d'installations en zones sous-denses, moins en zones très dotées et sur-dotées. Les partenaires conventionnels se sont engagés, si ces objectifs n'étaient pas atteints, à négocier un dispositif encadrant le conventionnement dans les zones sur-dotées. Avant de signer un bail en centre-ville, vérifiez donc auprès de votre CPAM et de votre ARS les règles applicables à la date de votre installation.
En zone sous-dense, l'Assurance maladie propose trois contrats, non cumulables entre eux, décrits sur la page ameli consacrée aux contrats incitatifs orthophonistes :
| Contrat | Objet | Montant maximal | Durée |
|---|---|---|---|
| CAPIOP | Première installation en libéral | 30 000 € : 12 750 € par an les deux premières années, puis 1 500 € par an | 5 ans, non renouvelable |
| CAIOP | Installation (hors première installation) | 19 500 € : 7 500 € par an les deux premières années, puis 1 500 € par an | 5 ans, non renouvelable |
| CAMOP | Maintien d'un orthophoniste déjà installé | 1 500 € par an | 3 ans, renouvelable |
| Option stagiaire | Accueil d'un étudiant de 4e ou 5e année | 200 € par mois de stage à temps plein | Pendant le stage |
Ces aides ont une contrepartie : exercer au moins cinq ans dans la zone (trois ans pour le contrat de maintien), y réaliser au moins la moitié de votre activité libérale, respecter un niveau minimal d'activité et recourir autant que possible à un remplaçant pour assurer la continuité des soins. En cas de départ anticipé, une partie de l'aide peut être réclamée : c'est un engagement à intégrer dans votre projet de vie, pas seulement dans votre budget.
Les aides conventionnelles constituent des recettes professionnelles imposables l'année de leur encaissement. Une première année à 12 750 € d'aide CAPIOP peut donc faire grimper votre bénéfice imposable, et par ricochet vos cotisations de l'année suivante. Anticipez-le dans vos provisions.
La plupart des orthophonistes ne s'installent pas directement seuls. Le parcours type passe par des remplacements, puis une collaboration, avant une installation en nom propre ou une association. Chaque formule a des conséquences fiscales et sociales identiques sur le fond (vous restez travailleur indépendant), mais très différentes sur le risque financier.
| Mode d'exercice | Patientèle | Ce que vous payez | Pour qui ? |
|---|---|---|---|
| Remplacement | Celle du titulaire, pendant son absence | Rétrocession d'une part des honoraires au titulaire | Jeune diplômé qui veut tester plusieurs cabinets |
| Collaboration libérale | Patientèle du titulaire et constitution de votre propre patientèle | Redevance au titulaire (pourcentage ou forfait négocié) | Orthophoniste qui veut s'installer progressivement |
| Installation individuelle | Votre propre patientèle | Loyer, équipement, charges en totalité | Praticien autonome, souvent en zone peu dotée |
| Cabinet de groupe (SCM) | Chaque associé garde sa patientèle | Quote-part des frais communs de la société | Plusieurs orthophonistes ou paramédicaux qui mutualisent |
| Maison de santé pluriprofessionnelle | Votre patientèle, dans un projet de santé partagé | Quote-part des frais et du projet collectif | Exercice coordonné avec médecins et paramédicaux |
Le collaborateur libéral exerce en toute indépendance aux côtés d'un titulaire, tout en développant sa propre patientèle. Il encaisse ses honoraires et reverse une redevance qui rémunère la mise à disposition du local, du matériel et parfois du secrétariat. Le contrat doit être écrit et préciser la durée, les modalités de rupture, le délai de prévenance et la possibilité de constituer votre patientèle.
Prenons l'exemple hypothétique d'une collaboratrice qui encaisse 60 000 € d'honoraires et reverse une redevance de 20 % au titulaire : elle verse 12 000 € par an. Cette redevance est une charge déductible chez elle et une recette chez le titulaire. Si elle choisit le micro-BNC, cette charge est absorbée par l'abattement forfaitaire et n'est pas déduite en plus : c'est l'un des cas où le régime réel est presque toujours plus favorable.
Le remplaçant n'est pas salarié : il déclare une activité libérale, cotise à l'Urssaf et à la Carpimko et tient une comptabilité, même simplifiée. Les rétrocessions perçues sont des honoraires. Les orthophonistes qui alternent remplacements et premiers soins personnels ont tout intérêt à centraliser leurs encaissements dans un seul outil, comme le font de nombreux confrères paramédicaux, par exemple les masseurs-kinésithérapeutes que nous accompagnons.
Dans l'immense majorité des cas, l'orthophoniste démarre en entreprise individuelle. Depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel, votre patrimoine personnel est séparé par défaut de votre patrimoine professionnel, sans formalité supplémentaire. Le bénéfice est imposé dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (BNC), à l'impôt sur le revenu.
Pour un orthophoniste qui démarre, la combinaison la plus fréquente reste entreprise individuelle + SCM lorsqu'on partage un cabinet. Elle offre la souplesse fiscale de l'entreprise individuelle et la mutualisation des coûts, sans la lourdeur d'une société d'exercice.
Non, pour ses soins. Les soins dispensés aux personnes par les membres des professions paramédicales réglementées, dont les orthophonistes, sont exonérés de TVA en application de l'article 261, 4-1° du code général des impôts. La doctrine administrative le confirme dans le Bulletin officiel des finances publiques consacré aux professions médicales et paramédicales.
L'exonération suppose une finalité thérapeutique : prévenir, diagnostiquer, soigner. Les activités annexes n'en bénéficient pas automatiquement. Une expertise réalisée pour un tiers, une mission de conseil ou une vente sans lien avec le soin d'un patient relèvent en principe de la TVA. Si vous développez des formations, des interventions en entreprise ou des contenus pédagogiques, faites analyser ces recettes séparément : selon leur montant, la franchise en base peut vous dispenser de facturer la TVA, mais il faut le vérifier.
Conséquence pratique : sur vos soins, vous ne collectez pas de TVA et vous ne récupérez pas celle payée sur vos achats. Dans votre comptabilité, les dépenses sont donc enregistrées toutes taxes comprises.
L'orthophoniste conventionné relève du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés. Il cotise à deux organismes : l'Urssaf (maladie, allocations familiales, CSG-CRDS, formation professionnelle, contribution aux unions régionales) et la Carpimko, sa caisse de retraite et de prévoyance. Une partie des cotisations maladie et allocations familiales assises sur les revenus conventionnés est prise en charge par l'Assurance maladie : c'est l'un des avantages concrets du conventionnement.
La réforme de l'assiette sociale des indépendants s'applique avec la déclaration des revenus 2025, réalisée au printemps 2026. Une base unique sert désormais au calcul des cotisations et des contributions sociales : le revenu professionnel diminué d'un abattement de 26 %, encadré par un plancher et un plafond. Les contributions CSG-CRDS diminuent, tandis que les cotisations retraite augmentent, ce qui améliore les droits à la retraite. Le détail figure dans le bulletin spécial de la Carpimko d’avril 2026.
| Régime | Mode de calcul en 2026 | À retenir |
|---|---|---|
| Retraite de base | 8,73 % de l'assiette sociale jusqu'à 48 060 €, puis 1,87 % jusqu'à 240 300 € | Taux de la tranche 1 en hausse (8,23 % en 2025) |
| Retraite complémentaire | 8,70 % de l'assiette sociale, entre un plancher de 24 030 € et un plafond de 144 180 € | La part forfaitaire de 2 312 € est supprimée |
| ASV (praticiens conventionnés) | Forfait de 224 € à votre charge (+ 447 € réglés par la CPAM) et 0,16 % des revenus conventionnés (+ 0,24 % réglé par la CPAM) | Réservée à l'exercice conventionné |
| Invalidité-décès | Forfait de 1 022 € | Montant identique quel que soit le revenu |
Le plafond annuel de la sécurité sociale 2026, qui sert de borne à la tranche 1 de la retraite de base, s'élève à 48 060 €. En cas d'arrêt de travail prolongé, la Carpimko verse des indemnités journalières à partir du 91e jour d'incapacité : une prévoyance complémentaire reste vivement conseillée pour couvrir les frais fixes du cabinet pendant cette période.
Pour les revenus 2026, le régime micro-BNC s'applique si vos recettes de l'année précédente ou de l'avant-dernière année n'ont pas dépassé 83 600 €, comme l'indique la fiche Service-Public dédiée au régime micro-entreprise. L'administration applique alors un abattement forfaitaire de 34 % (avec un minimum de 305 €) censé couvrir toutes vos charges. Au-delà du seuil, ou sur option, vous relevez de la déclaration contrôlée et déposez une déclaration 2035.
Pour un orthophoniste libéral, la question se pose différemment de celle d'un consultant : vos charges réelles (loyer, quote-part de SCM, cotisations Carpimko et Urssaf, matériel de tests, déplacements à domicile, formation continue) dépassent très souvent 34 % des honoraires. Dès que c'est le cas, le régime micro vous fait payer de l'impôt sur des charges que vous avez réellement supportées.
Prenons l'exemple hypothétique d'une orthophoniste installée seule, qui encaisse 75 000 € d'honoraires en 2026. Elle est sous le seuil de 83 600 € et pourrait rester au micro-BNC. Ses charges réelles se décomposent ainsi :
Total des charges : 35 000 €, soit près de 47 % des honoraires.
Hypothèse : orthophoniste installée seule, 75 000 € d'honoraires encaissés en 2026, charges réelles de 35 000 € dont 14 000 € de cotisations sociales obligatoires.
Avec la déclaration contrôlée, le bénéfice imposable passe de 49 500 € à 40 000 €, soit 9 500 € de base imposable en moins. Selon sa tranche marginale d'imposition, l'économie d'impôt se chiffre en milliers d'euros, sans compter l'effet sur l'assiette sociale de l'année suivante. Le coût de la tenue comptable est lui-même déductible. L'option pour le régime réel se formule par le dépôt d'une 2035 au titre de l'année concernée : faites le calcul avec votre expert-comptable avant le printemps.
En déclaration contrôlée, la comptabilité orthophoniste est une comptabilité de trésorerie : vous enregistrez les recettes quand elles sont encaissées et les dépenses quand elles sont payées. Les obligations sont simples sur le papier, mais exigeantes au quotidien : un livre-journal des recettes et des dépenses, un registre des immobilisations et des amortissements, et la conservation de toutes les pièces justificatives.
Vos honoraires arrivent par plusieurs canaux : virements de l'Assurance maladie et des complémentaires en tiers payant, paiements directs des patients, rétrocessions de remplacement, aides conventionnelles. Le point critique est le rapprochement entre les relevés de télétransmission et les encaissements bancaires, pour repérer les rejets et les impayés. Un orthophoniste qui ne fait ce rapprochement qu'une fois par an découvre trop tard des actes jamais payés.
La méthode la plus efficace aujourd'hui consiste à connecter le compte bancaire professionnel à un outil comme Pennylane, à photographier les justificatifs au fil de l'eau et à laisser l'expert-comptable valider les catégories. C'est le principe de notre offre de comptabilité digitale et automatisée, et notre guide de prise en main de Pennylane montre comment l'outil s'utilise au quotidien.
La déclaration orthophoniste 2035 récapitule les recettes et les dépenses de l'année civile et détermine le bénéfice non commercial. Elle se télédéclare chaque printemps, à la date limite fixée par l'administration, puis le résultat est reporté sur la déclaration complémentaire de revenus 2042-C-PRO. Elle s'accompagne d'annexes : tableau des immobilisations et amortissements, détermination du résultat, et éventuellement détail des plus-values.
Une 2035 bien préparée ne se fait pas en mai : elle se construit tout au long de l'année grâce à une comptabilité tenue mensuellement. Le dépôt n'est alors qu'une formalité, et vous disposez de chiffres fiables pour décider d'un investissement ou d'un changement de cabinet.
Ces écueils sont communs à l'ensemble des paramédicaux libéraux : on les retrouve chez les infirmiers libéraux comme chez les psychologues installés en libéral.
Une installation solide repose sur quatre décisions prises dans le bon ordre : le lieu, en fonction du zonage et des contrats incitatifs ; le mode d'exercice, du remplacement à la SCM ; le régime fiscal, presque toujours la déclaration contrôlée dès que les charges dépassent 34 % des honoraires ; et une comptabilité tenue mois par mois, avec des provisions pour les cotisations Carpimko et Urssaf. Les montants 2026 évoluent avec la réforme de l'assiette sociale : chaque projet mérite une simulation personnalisée.
DIGIFEC accompagne les orthophonistes de la création de leur activité à leur 2035, avec un suivi à distance sur Pennylane. Découvrez notre accompagnement d'expert-comptable spécialisé pour orthophonistes libéraux et, plus largement, nos missions auprès des professions de santé.
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Non pour ses soins. Les soins dispensés par les orthophonistes, profession paramédicale réglementée, sont exonérés de TVA au titre de l'article 261, 4-1° du code général des impôts, dès lors qu'ils ont une finalité thérapeutique. En revanche, certaines activités annexes, comme une expertise réalisée pour un tiers ou une prestation de conseil, peuvent relever de la TVA. Ces recettes doivent être identifiées séparément pour vérifier si la franchise en base s'applique.
Si vos honoraires restent sous 83 600 € en 2026, vous pouvez relever du micro-BNC, avec un abattement forfaitaire de 34 %. Mais dès que vos charges réelles dépassent ce pourcentage, ce qui est fréquent avec un loyer, des cotisations et du matériel, la déclaration contrôlée et la 2035 réduisent votre bénéfice imposable. Le bon choix se fait sur un calcul chiffré, réalisé avant le dépôt de la déclaration.
L'Assurance maladie propose le contrat d'aide à la première installation (CAPIOP), jusqu'à 30 000 € sur cinq ans, le contrat d'aide à l'installation (CAIOP), jusqu'à 19 500 €, et le contrat de maintien (CAMOP), de 1 500 € par an. Ils ne sont pas cumulables et imposent notamment d'exercer cinq ans dans la zone. Des collectivités locales peuvent ajouter leurs propres aides.
Elles dépendent de votre assiette sociale. En 2026, la retraite de base est de 8,73 % jusqu'à 48 060 €, puis 1,87 % au-delà, la complémentaire de 8,70 % entre 24 030 € et 144 180 €, l'ASV comprend un forfait de 224 € à votre charge plus une part proportionnelle, et l'invalidité-décès un forfait de 1 022 €. Le simulateur de la Carpimko permet d'affiner l'estimation.