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Conseils de gestion

Salaire infirmière libérale : combien gagne une IDEL en net en 2026 ?

Date
27.10.2026
Durée
16 minutes
Salaire infirmière libérale : des honoraires au revenu net, charges, CARPIMKO, URSSAF et impôt 2026, avec un cas chiffré. Calculez ce que vous gagnerez.
Infirmière libérale en soins à domicile, illustration du salaire et du revenu net d'une IDEL en 2026

Découvrez comment DIGIFEC accompagne les infirmiers libéraux au quotidien.

Le salaire d'une infirmière libérale n'existe pas au sens strict : une IDEL ne perçoit pas de fiche de paie, elle encaisse des honoraires dont elle doit déduire ses frais, ses cotisations sociales et son impôt. Entre le montant affiché sur le relevé de l'Assurance maladie et ce qui reste réellement sur le compte personnel, l'écart peut approcher la moitié des encaissements, comme le montre notre cas pratique. C'est cet écart qui surprend les infirmières qui quittent l'hôpital pour le libéral.

Ce guide vous donne les repères officiels sur les revenus de la profession, puis déroule pas à pas le passage des honoraires au revenu net, avec les règles 2026 : nouvelle assiette sociale, cotisations CARPIMKO, choix du régime fiscal. Vous saurez combien gagne une infirmière libérale selon son niveau d'activité et quels leviers actionner pour améliorer votre revenu sans allonger vos tournées.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable, nous accompagnons des professions de santé libérales de l'installation au pilotage quotidien, en comptabilité BNC et 2035. Si vous préparez votre installation, notre page dédiée à l'expert-comptable pour infirmiers libéraux détaille la façon dont nous travaillons avec les IDEL.

Combien gagne une infirmière libérale en moyenne ?

La référence la plus solide est la statistique publique. Selon la DREES, dans sa publication du 15 septembre 2026, le revenu d'activité moyen des infirmières libérales atteint 57 100 € en 2021, en hausse de 3,0 % par an en euros constants par rapport à 2017. Ce revenu d'activité ne doit pas être confondu avec le montant des honoraires encaissés, qui lui est nettement supérieur.

Ce chiffre appelle trois précautions. Il s'agit d'une moyenne, tirée vers le haut par les infirmières à forte activité, et non d'un salaire médian. Les données portent sur l'année 2021 : la statistique publique sur les revenus libéraux est publiée avec plusieurs années de décalage. Enfin, la moyenne masque des situations très différentes entre une titulaire installée depuis dix ans en zone peu dotée, une collaboratrice qui reverse une redevance et une remplaçante qui travaille quelques jours par mois.

Les repères chiffrés à connaître

57 100 €

Revenu d'activité moyen des infirmières libérales en 2021 (DREES, publication de septembre 2026)

26 %

Abattement forfaitaire appliqué au revenu brut social pour calculer l'assiette des cotisations depuis 2026

8,70 %

Nouveau taux de la retraite complémentaire CARPIMKO en 2026, devenue proportionnelle

83 600 €

Seuil de recettes du régime micro-BNC pour les années 2026 à 2028

Pour votre projet, mieux vaut donc raisonner sur votre propre niveau d'honoraires et sur vos charges prévisibles. C'est l'objet des sections suivantes : comprendre chaque étage du calcul, puis l'appliquer à un cas chiffré.

Honoraires, revenu brut, revenu net : de quoi parle-t-on ?

Quand une infirmière libérale évoque son « salaire », elle peut viser quatre montants différents. Les confondre est la première source d'erreurs de prévision, notamment au moment d'emprunter ou de comparer avec un poste salarié.

  • Les honoraires (ou recettes) : tout ce que vous encaissez au titre des actes, majorations, indemnités de déplacement et kilométriques facturés aux caisses et aux patients.
  • Le revenu brut social : vos recettes diminuées des charges d'exploitation (véhicule, cabinet, matériel…), avant cotisations sociales personnelles. Depuis 2026, c'est le point de départ du calcul des cotisations.
  • Le revenu disponible avant impôt : ce qui reste après paiement des cotisations URSSAF et CARPIMKO. C'est l'équivalent le plus proche d'un « net avant impôt » de salarié.
  • Le revenu net après impôt : votre véritable pouvoir d'achat, une fois l'impôt sur le revenu acquitté.

Une différence de fond avec le salariat : l'infirmière libérale finance elle-même sa protection sociale, ses congés et ses outils de travail. Pour comparer avec un salaire hospitalier, il faut donc confronter le revenu disponible annuel à un salaire net annuel incluant primes et congés payés, et non des montants mensuels pris isolément.

Quelles charges déduire de vos honoraires ?

En déclaration contrôlée, toutes les dépenses engagées pour l'exercice de la profession et justifiées sont déductibles. Pour une IDEL, la structure des charges est assez stable d'un cabinet à l'autre : le véhicule domine, suivi du local et des outils de facturation.

Le véhicule, premier poste de charges

Les tournées à domicile font du véhicule le poste le plus lourd. Deux méthodes coexistent. Vous pouvez déduire les frais réels : carburant, entretien, assurance, pneumatiques et amortissement si le véhicule est inscrit au registre des immobilisations. Vous pouvez aussi opter pour le barème kilométrique forfaitaire, qui couvre notamment la dépréciation, l'entretien, le carburant et l'assurance ; dans ce cas, ces dépenses ne sont plus déductibles en plus.

L'option pour le barème n'est pas ouverte à un véhicule pris en crédit-bail dont vous déduisez les loyers, et elle suppose de pouvoir justifier le kilométrage professionnel. Les indemnités kilométriques et de déplacement que vous facturez, elles, sont des recettes : elles ne viennent pas en déduction de vos frais.

Le cabinet et les frais partagés

La plupart des IDEL partagent un local avec des associés ou d'autres professionnels de santé, souvent au sein d'une société civile de moyens (SCM). Votre quote-part de loyer, de charges, de ménage et d'équipement est déductible. En collaboration, la redevance versée à la titulaire est également une charge.

Les autres dépenses courantes

S'y ajoutent le logiciel de facturation et la télétransmission, le téléphone, le petit matériel et les consommables, la responsabilité civile professionnelle, la cotisation ordinale, les frais bancaires, la formation, l'accompagnement comptable et la cotisation foncière des entreprises (CFE). La CFE n'est pas due l'année de création ; certaines communes accordent en outre une exonération temporaire aux auxiliaires médicaux qui s'installent sur leur territoire.

Charges professionnelles d'une IDEL : hypothèses de notre cas pratique
Poste de dépensesCe qu'il recouvreMontant annuel retenu (hypothèse)
VéhiculeFrais réels (carburant, entretien, assurance, amortissement) ou barème kilométrique sur option8 500 €
CabinetQuote-part de loyer et de charges, souvent via une SCM ou un contrat d'occupation3 600 €
Matériel et consommablesPetit matériel de soins, tenues, désinfection, sacoche1 500 €
Logiciel et télétransmissionLogiciel de facturation, lecteur de cartes, téléphone et forfait1 600 €
AssurancesResponsabilité civile professionnelle, prévoyance facultative déductible selon contrat1 400 €
Gestion et formalitésBanque, cotisation ordinale, accompagnement comptable, CFE2 400 €
Total des charges d'exploitationHors cotisations sociales personnelles19 000 €

Ces montants sont des hypothèses de travail, très variables selon la zone d'exercice. L'essentiel est de les chiffrer avant l'installation, puis de les suivre mois par mois.

Quelles cotisations sociales paie une infirmière libérale en 2026 ?

L'infirmière conventionnée relève du régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PAMC). Elle paie deux familles de cotisations : celles recouvrées par l'URSSAF (maladie, indemnités journalières, allocations familiales, CSG-CRDS, CURPS, formation professionnelle) et celles de la CARPIMKO, sa caisse de retraite.

La réforme de l'assiette sociale : un abattement de 26 %

Depuis la déclaration des revenus 2025, au printemps 2026, une assiette unique sert au calcul de toutes les cotisations et contributions. Comme l'explique l'URSSAF dans sa page consacrée à la réforme, on part du revenu brut social (recettes moins charges d'exploitation, avant cotisations personnelles), auquel on applique un abattement forfaitaire de 26 %. Cet abattement remplace l'ancienne déduction des cotisations, et la CSG-CRDS n'est plus calculée sur une base plus large que les cotisations.

La logique affichée est double : la CSG-CRDS diminue, tandis que les cotisations retraite augmentent et ouvrent davantage de droits. Pour beaucoup d'auxiliaires médicaux, la réforme se traduit par un remboursement de l'URSSAF au titre de 2025, compensé par une hausse des appels de la CARPIMKO. Conserver ce remboursement plutôt que le dépenser évite une mauvaise surprise.

Les cotisations CARPIMKO en 2026

Selon le bulletin spécial de la CARPIMKO d'avril 2026, les règles 2026 sont les suivantes :

  • Retraite de base : 8,73 % sur la tranche 1 (jusqu'à 48 060 €, soit un plafond annuel de la Sécurité sociale) et 1,87 % sur la tranche 2 (jusqu'à 240 300 €).
  • Retraite complémentaire : la cotisation forfaitaire de 2 312 € est supprimée au profit d'une cotisation proportionnelle de 8,70 %, calculée au minimum sur 24 030 € et au maximum sur 144 180 €.
  • ASV (avantage social vieillesse) : 224 € plus 0,16 % des revenus conventionnés à votre charge, l'Assurance maladie réglant de son côté 447 € plus 0,24 %.
  • Invalidité-décès : forfait de 1 022 €.

Les cotisations URSSAF

Côté URSSAF, la CSG-CRDS s'élève à 9,70 % de l'assiette, dont 6,8 points de CSG déductibles du revenu imposable. La contribution aux unions régionales des professionnels de santé (CURPS) est de 0,10 %, dans la limite de 240 € pour 2026, et la contribution à la formation professionnelle représente 0,25 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 120 €. Les indemnités journalières maladie sont financées par une cotisation de 0,30 %.

Deux spécificités du conventionnement allègent la facture. La cotisation d'assurance maladie est en grande partie prise en charge par l'Assurance maladie sur les revenus tirés de l'activité conventionnée. Les allocations familiales sont nulles en dessous de 52 866 € de revenus et atteignent au plus 3,10 % au-delà de 67 284 €. Pour un chiffrage précis de votre situation, le simulateur « auxiliaire médical » de l'URSSAF reste l'outil de référence.

Point de vigilance : le décalage d'un an

Vos cotisations de l'année sont d'abord appelées sous forme d'acomptes, puis régularisées une fois votre revenu réel déclaré au printemps suivant. Une première année plus rentable que prévu se paie donc l'année d'après, au moment où les acomptes sont eux aussi réévalués. Sans réserve de trésorerie, la deuxième année d'installation est souvent la plus tendue.

Cas pratique : le salaire d'une infirmière libérale qui encaisse 90 000 €

Prenons l'exemple hypothétique de Claire, infirmière libérale titulaire, installée depuis plusieurs années en cabinet partagé. Elle encaisse 90 000 € d'honoraires par an, entièrement conventionnés, et ses revenus sont stables d'une année sur l'autre, ce qui permet de neutraliser l'effet des régularisations. Elle est célibataire, sans enfant ni autre revenu.

Étape 1 : du chiffre d'affaires au revenu brut social

Ses charges d'exploitation, détaillées dans le tableau des charges plus haut, totalisent 19 000 €. Son revenu brut social est donc de 90 000 − 19 000 = 71 000 €. Ses recettes dépassant 83 600 €, elle relève obligatoirement de la déclaration contrôlée.

Étape 2 : l'assiette sociale

L'abattement de 26 % s'élève à 71 000 × 26 % = 18 460 €. L'assiette sociale ressort à 71 000 − 18 460 = 52 540 €. C'est sur ce montant que sont calculées les cotisations CARPIMKO et URSSAF.

Étape 3 : les cotisations

Calcul des cotisations sur une assiette sociale de 52 540 €
CotisationRègle 2026CalculMontant
Retraite de base, tranche 18,73 % jusqu'à 48 060 €48 060 × 8,73 %4 196 €
Retraite de base, tranche 21,87 % jusqu'à 240 300 €52 540 × 1,87 %982 €
Retraite complémentaire8,70 % entre 24 030 € et 144 180 €52 540 × 8,70 %4 571 €
ASV (part à votre charge)224 € + 0,16 % des revenus conventionnés224 + 52 540 × 0,16 %308 €
Invalidité-décèsForfait—1 022 €
Sous-total CARPIMKO11 079 €
CSG-CRDS9,70 %52 540 × 9,70 %5 096 €
Indemnités journalières0,30 %52 540 × 0,30 %158 €
CURPS0,10 %, dans la limite de 240 €52 540 × 0,10 %53 €
Formation professionnelle (CFP)0,25 % du PASSForfait120 €
Maladie, part restant à chargeLargement prise en charge par l'Assurance maladie sur les revenus conventionnésProvision forfaitaire (hypothèse)400 €
Allocations familiales0 % sous 52 866 € de revenusAssiette inférieure au seuil0 €
Sous-total URSSAF5 827 €
Total16 906 €

Au total, Claire verse environ 16 906 € de cotisations et contributions, soit près de 24 % de son revenu brut social et 19 % de ses honoraires. Son revenu disponible avant impôt atteint 71 000 − 16 906 = 54 094 €, soit environ 4 510 € par mois sur douze mois.

Étape 4 : l'impôt sur le revenu

Le bénéfice imposable correspond au revenu brut social diminué des cotisations déductibles. La part non déductible de la CSG-CRDS (2,4 % de CSG et 0,5 % de CRDS, soit 2,9 % × 52 540 = 1 524 €) est réintégrée. Le bénéfice imposable est donc de 71 000 − (16 906 − 1 524) = 55 618 €.

En appliquant le barème utilisé pour l'imposition des revenus 2025 (0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €) pour une part de quotient familial, l'impôt s'élève à (29 579 − 11 600) × 11 % + (55 618 − 29 579) × 30 % = 1 978 + 7 812 = 9 789 €.

De 90 000 € d'honoraires au revenu net : la cascade

Honoraires encaissés (hypothèse)90 000 €
Charges d'exploitation− 19 000 €
Revenu brut social (avant cotisations personnelles)71 000 €
Cotisations CARPIMKO (retraite, ASV, invalidité-décès)− 11 079 €
Cotisations et contributions URSSAF (dont CSG-CRDS)− 5 827 €
Revenu disponible avant impôt54 094 €
Impôt sur le revenu (1 part, barème des revenus 2025)− 9 789 €
Revenu net après impôt, soit environ 3 690 € par mois44 305 €

Cas hypothétique, situation stabilisée (revenus identiques d'une année sur l'autre), célibataire sans autre revenu. Les cotisations réelles dépendent de votre assiette sociale de l'année précédente et des régularisations.

Sur 90 000 € d'honoraires, Claire conserve donc environ 44 300 € nets après impôt, soit 49 % de ses encaissements. Deux paramètres font bouger ce résultat plus que tout autre : le niveau des charges, en particulier du véhicule, et la composition du foyer fiscal. Avec un conjoint sans revenu, le quotient familial réduirait sensiblement l'impôt.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée : quel régime choisir ?

Le régime micro-BNC est réservé aux professionnels dont les recettes ne dépassent pas 83 600 € pour les années 2026 à 2028, d'après le barème officiel publié au BOFiP. Il remplace la déduction des charges réelles par un abattement forfaitaire de 34 %, avec un minimum de 305 €. Au-delà du seuil, ou sur option, l'infirmière relève de la déclaration contrôlée et dépose une déclaration 2035.

Le calcul est simple : si vos charges réelles, cotisations sociales obligatoires comprises, dépassent 34 % de vos recettes, le micro-BNC vous fait payer de l'impôt sur des dépenses que vous avez réellement supportées. Pour une infirmière qui encaisse 70 000 € avec 15 000 € de frais professionnels, le micro-BNC retient un bénéfice imposable de 70 000 × 66 % = 46 200 €. En déclaration contrôlée, les 15 000 € de frais et les cotisations sociales déductibles viennent en déduction, ce qui conduit en pratique à un bénéfice nettement inférieur.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée : comparatif pour une IDEL
CritèreMicro-BNCDéclaration contrôlée (2035)
AccèsRecettes inférieures ou égales à 83 600 € (seuil 2026-2028)Obligatoire au-delà, possible sur option en dessous
Charges prises en compteAbattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €), quelles que soient vos dépenses réellesCharges réelles justifiées, cotisations sociales obligatoires comprises
Assiette des cotisationsRecettes après abattement fiscal de 34 %Revenu brut social après abattement de 26 %
ObligationsLivre des recettes, déclaration des recettesComptabilité de trésorerie, déclaration 2035 et annexes
Profil gagnantRemplaçante ou activité réduite, peu de fraisTitulaire avec véhicule, cabinet et charges supérieures à environ un tiers des recettes

Le micro-BNC garde un intérêt pour une remplaçante qui utilise le cabinet et parfois le véhicule de la titulaire, ou pour une activité libérale complémentaire à un emploi salarié. Pour une titulaire qui tourne avec son propre véhicule, la déclaration contrôlée est presque toujours plus favorable, et elle fournit en prime une vision fiable de la rentabilité.

Remplaçante, collaboratrice ou titulaire : un revenu très différent

Le statut d'exercice influence autant le revenu que le volume d'actes. La remplaçante facture sous la carte professionnelle de la titulaire et lui rétrocède un pourcentage négocié des honoraires ; en contrepartie, elle supporte peu de charges, en dehors de son véhicule et de ses assurances. La collaboratrice dispose de sa propre patientèle et verse une redevance à la titulaire pour l'usage du cabinet et de la notoriété.

La titulaire, enfin, supporte l'ensemble des charges mais maîtrise son organisation. Elle peut exercer seule, en SCM pour mutualiser les moyens, ou en société d'exercice libéral lorsque le cabinet grandit. Le passage en société change la mécanique de rémunération et de cotisations : il se décide sur la base de simulations chiffrées, jamais par principe. Les mêmes arbitrages se posent dans les autres professions paramédicales, comme le montre notre page dédiée aux masseurs-kinésithérapeutes libéraux.

Comment augmenter son revenu net sans travailler plus ?

Une fois l'activité installée, le revenu net dépend autant de la gestion que du nombre de passages. Voici les leviers que nous activons le plus souvent avec les IDEL que nous accompagnons :

  1. Arbitrer chaque année entre frais réels et barème kilométrique. Pour un véhicule récent et peu économe, les frais réels sont souvent plus avantageux ; pour un véhicule ancien et très roulant, le barème l'emporte fréquemment. L'option se reconsidère chaque année.
  2. Vérifier la cotation des actes. Des majorations oubliées ou des indemnités de déplacement non facturées représentent une perte sèche. Un contrôle régulier de la facturation par rapport à la nomenclature est rentable.
  3. Récupérer tous les justificatifs. Une dépense non justifiée n'est pas déductible. Les petits achats (consommables, stationnement, téléphone) finissent par peser plusieurs centaines d'euros par an.
  4. Préparer sa retraite de façon déductible. Les versements sur un plan d'épargne retraite individuel sont déductibles du revenu imposable dans certaines limites : à 30 % d'imposition marginale, chaque euro versé allège l'impôt de 30 centimes.
  5. Mutualiser les moyens. Une SCM bien dimensionnée réduit le coût du local, du secrétariat et du matériel par associé.
  6. Anticiper la trésorerie. Mettre de côté chaque mois la part des cotisations et de l'impôt évite les découverts lors des régularisations, et donc des frais bancaires inutiles.

Votre routine mensuelle en 5 étapes

1Rapprocher les encaissements

Pointer les virements de l'Assurance maladie et des complémentaires avec la facturation télétransmise.

2Classer les dépenses

Photographier chaque justificatif dès l'achat et l'affecter au bon poste.

3Suivre les kilomètres

Tenir un relevé des tournées pour justifier l'usage professionnel du véhicule.

4Provisionner

Virer chaque mois sur un compte dédié la part estimée des cotisations et de l'impôt.

5Mesurer

Comparer le revenu disponible réel à votre objectif et ajuster l'activité ou les charges.

Ce suivi mensuel est plus simple avec des outils connectés au compte bancaire : notre approche de la comptabilité digitale et automatisée permet de catégoriser les dépenses au fil de l'eau et de connaître son revenu disponible sans attendre la clôture annuelle.

Les erreurs fréquentes des infirmières libérales

Les mêmes erreurs reviennent chez les infirmières qui démarrent, et elles coûtent rarement peu :

  • Confondre honoraires et revenu. Raisonner sur le montant versé par l'Assurance maladie conduit à surestimer de près de moitié son revenu net, comme l'a montré le cas de Claire.
  • Dépenser le remboursement URSSAF lié à la réforme. Il est en principe compensé par la hausse des cotisations CARPIMKO appelées ensuite.
  • Rester au micro-BNC par facilité alors que les charges réelles dépassent largement 34 % des recettes.
  • Mélanger comptes personnel et professionnel. Sans compte dédié, le suivi des charges devient approximatif et les justificatifs se perdent.
  • Négliger la prévoyance. Les indemnités journalières du régime de base ne couvrent pas toujours les charges fixes du cabinet en cas d'arrêt prolongé.
  • Oublier la deuxième année. Les cotisations provisionnelles de début d'activité sont régularisées ensuite : une première année réussie entraîne un rappel l'année suivante.

Quand faire appel à un comptable IDEL ?

Un comptable spécialisé dans les infirmiers libéraux est utile à trois moments clés. Avant l'installation, pour construire un prévisionnel réaliste, choisir entre remplacement, collaboration et installation, et sécuriser le contrat d'exercice et la SCM. Chaque année, pour établir la déclaration 2035, déclarer le revenu brut social, arbitrer le traitement du véhicule et vérifier les appels de cotisations après la réforme de l'assiette. Lors des changements : achat d'un véhicule, entrée d'un associé, passage en société, demande de prêt immobilier.

Le bon comptable IDEL ne se contente pas de remplir la 2035 : il vous donne une lecture de votre revenu disponible, de votre taux de charges et de votre trésorerie, sur le modèle des tableaux de bord financiers utilisés par les entreprises. Les autres professions de santé libérales, comme les sages-femmes ou les médecins et chirurgiens-dentistes présentés sur notre page professions de santé, se posent exactement les mêmes questions.

En résumé : du salaire affiché au revenu réellement perçu

Le salaire d'une infirmière libérale se construit en quatre étages : les honoraires, les charges d'exploitation, les cotisations URSSAF et CARPIMKO calculées depuis 2026 sur une assiette abattue de 26 %, puis l'impôt sur le revenu. Le revenu moyen mesuré par la DREES, 57 100 € en 2021, est un repère utile, mais seul un calcul sur vos propres chiffres vous dira combien vous gagnerez réellement.

Pour sécuriser votre installation, choisir le bon régime fiscal et piloter votre revenu mois après mois, l'équipe DIGIFEC vous accompagne à distance avec des outils comme Pennylane. Découvrez notre accompagnement d'expert-comptable dédié aux infirmiers libéraux et demandez une première simulation de votre revenu net.

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Foire aux questions

Quel est le salaire moyen d'une infirmière libérale ?

Selon la DREES, le revenu d'activité moyen des infirmières libérales s'élevait à 57 100 € en 2021, soit environ 4 760 € par mois. Ce revenu d'activité est bien inférieur aux honoraires encaissés. Il s'agit d'une moyenne, publiée avec plusieurs années de décalage : votre propre revenu dépendra de votre volume d'activité, de vos frais de véhicule et de votre statut d'exercice.

Combien gagne une infirmière libérale net par mois ?

Tout dépend des honoraires et des charges. Dans notre exemple hypothétique d'une titulaire qui encaisse 90 000 € par an avec 19 000 € de frais, le revenu disponible avant impôt atteint environ 4 510 € par mois et le revenu net après impôt environ 3 690 € par mois, pour une personne seule. Un foyer avec enfants paiera moins d'impôt.

Quel pourcentage des honoraires part en charges et cotisations ?

Dans notre cas pratique, les charges d'exploitation représentent 21 % des honoraires, les cotisations sociales 19 % et l'impôt 11 %. L'infirmière conserve environ 49 % de ce qu'elle encaisse. Ce ratio varie fortement avec le poste véhicule, le partage du cabinet et la situation familiale, d'où l'intérêt d'un prévisionnel personnalisé.

Une infirmière libérale peut-elle être au micro-BNC ?

Oui, si ses recettes ne dépassent pas 83 600 € pour les années 2026 à 2028. Le micro-BNC applique alors un abattement forfaitaire de 34 % au lieu de déduire les charges réelles. Il convient surtout aux remplaçantes ou aux activités réduites. Une titulaire qui supporte un véhicule et un cabinet a généralement intérêt à opter pour la déclaration contrôlée.

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