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Actualités comptables & fiscales

Guide CIR 2025 : ce que dit la doctrine pour sécuriser votre crédit d'impôt

Date
28.10.2026
Durée
17 minutes
Guide CIR 2025 : ce que disent le BOFiP et la loi de finances 2025, état de l'art, verrous, dossier justificatif et calendrier pour sécuriser votre CIR.
Dirigeant de startup préparant le dossier justificatif de son crédit d'impôt recherche selon le guide CIR 2025

Le guide CIR 2025 publié par le ministère chargé de la recherche et la doctrine fiscale du BOFiP sont les deux textes que relira un contrôleur avant de valider, ou de remettre en cause, votre crédit d'impôt recherche. Or l'année 2025 a été une année de rupture : la loi de finances pour 2025 a modifié l'assiette en plein exercice, à compter du 15 février 2025, et l'administration a mis à jour ses commentaires le 13 août 2025. Une déclaration déposée en 2026 sur les dépenses 2025 doit donc appliquer deux jeux de règles sur la même année civile.

Ce guide est une lecture opérationnelle, pour le dirigeant et son CFO, de ce que disent réellement ces textes : quelles dépenses restent éligibles, comment documenter l'état de l'art et les verrous, quel dossier justificatif tenir prêt pour un contrôle et quelles échéances surveiller. Le calcul détaillé du crédit et ses nouveautés chiffrées sont traités dans un article dédié ; ici, l'objectif est de rendre votre CIR défendable.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable des startups et entreprises innovantes, nous voyons la même chose à chaque revue de dossier : le crédit est rarement perdu sur le taux ou le calcul, presque toujours sur la preuve. C'est donc par la doctrine que commence la sécurisation.

Guide CIR 2025 et BOFiP : quels textes font foi ?

Trois niveaux de textes encadrent le crédit d'impôt recherche. Le premier est la loi : l'article 244 quater B du code général des impôts fixe le taux, l'assiette et les déductions, complété par les articles 49 septies F et suivants de l'annexe III pour les définitions. La version consolidée en vigueur au 1er janvier 2026 a été modifiée par la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, puis par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 : relisez toujours la rédaction consolidée plutôt qu'un résumé.

Le deuxième niveau est la doctrine administrative, publiée au BOFiP sous la référence BOI-BIC-RICI-10-10. C'est elle qui est opposable à l'administration : si vous appliquez une position publiée au BOFiP, elle ne peut pas vous la reprocher. La version en vigueur des principales sections (champ d'application, dépenses éligibles, obligations déclaratives et contrôle) date du 13 août 2025.

Le troisième niveau est le guide du CIR du ministère chargé de la recherche. Il n'a pas la valeur juridique du BOFiP, mais il traduit la façon dont les experts scientifiques du ministère apprécient un dossier. Ignorer leur grille de lecture, c'est prendre un risque inutile.

Qu'est-ce qui a changé en 2025 dans la doctrine du CIR ?

L'actualité BOFiP du 13 août 2025 commente les articles 55 à 58 de la loi de finances pour 2025. Pour une startup, quatre changements comptent vraiment. Ils s'appliquent aux dépenses exposées à compter du 15 février 2025, et non à l'exercice entier.

  • Forfait de fonctionnement abaissé : il passe de 43 % à 40 % des dépenses de personnel de recherche. Le forfait de 75 % sur les amortissements est maintenu.
  • Fin du dispositif « jeunes docteurs », qui permettait de retenir pour le double les salaires d'un docteur pendant deux ans après son premier CDI, y compris dans le forfait de fonctionnement.
  • Exclusion des brevets et certificats d'obtention végétale : frais de prise, de maintenance et de défense, ainsi que leurs amortissements.
  • Exclusion de la veille technologique de l'assiette.
Ce que la loi de finances pour 2025 a changé dans l'assiette du CIR
PosteDépenses exposées jusqu'au 14 février 2025Dépenses exposées à compter du 15 février 2025
Forfait de fonctionnement sur les dépenses de personnel43 % des salaires et charges des chercheurs et techniciens40 % des salaires et charges des chercheurs et techniciens
Forfait de fonctionnement sur les amortissements75 % des dotations75 % des dotations (inchangé)
Dispositif « jeunes docteurs »Salaires retenus pour le double pendant deux ans après le premier CDISupprimé
Brevets et certificats d'obtention végétale (prise, maintenance, défense, amortissements)ÉligiblesExclus de l'assiette
Veille technologiqueÉligibleExclue de l'assiette
Subventions publiques à déduireAides publiques liées aux opérationsAides des personnes publiques et des organismes privés chargés d'une mission de service public
Taux du crédit d'impôt30 % jusqu'à 100 M€, 5 % au-delà30 % jusqu'à 100 M€, 5 % au-delà (inchangé)

Deux précisions complètent ce tableau. La notion de subventions publiques à déduire est désormais définie : il s'agit des aides versées à raison des opérations éligibles par les personnes morales de droit public ou par les personnes de droit privé chargées d'une mission de service public. Par ailleurs, le crédit d'impôt innovation a été prorogé jusqu'au 31 décembre 2027, avec un taux de droit commun ramené de 30 % à 20 % : nous le détaillons dans notre article sur le crédit d'impôt innovation et son calcul.

Si votre plan de recrutement reposait sur des profils PhD, la suppression du doublement change l'arbitrage : notre analyse sur la façon de valoriser des docteurs dans le CIR après la fin du dispositif jeune docteur présente les leviers qui subsistent.

Comment la doctrine définit-elle une opération de R&D éligible ?

Le BOFiP (BOI-BIC-RICI-10-10-10-20) pose une règle simple : une opération doit relever d'au moins une des trois catégories, recherche fondamentale, recherche appliquée ou développement expérimental, et satisfaire aux cinq critères du Manuel de Frascati. Ces critères sont cumulatifs.

  1. Nouveauté : les travaux visent des connaissances qui dépassent celles accessibles dans le domaine.
  2. Créativité : ils reposent sur des concepts ou hypothèses originaux.
  3. Incertitude : le résultat, le coût ou le délai pour l'atteindre ne sont pas connus d'avance.
  4. Caractère systématique : les travaux sont planifiés, budgétés et suivis.
  5. Transférabilité ou reproductibilité : les résultats peuvent être documentés et réutilisés.

Le BOI-BIC-RICI-10-10-10-25 précise le critère décisif : une opération de R&D doit combiner un élément de nouveauté non négligeable avec la dissipation d'une incertitude scientifique ou technique. La solution ne doit pas apparaître évidente à une personne parfaitement au fait des connaissances et pratiques courantes du secteur. La pertinence commerciale d'un produit, ou le simple fait qu'il soit nouveau sur le marché, ne suffit pas.

La démarche d'identification de la R&D selon le BOFiP

1Difficulté rencontrée

Un sous-projet bute sur un problème sans solution connue en interne.

2État de l'art

Analyse des connaissances accessibles au début des travaux : publications, brevets, conférences, solutions du marché.

3Verrou ou pas ?

Si une solution existe et est exploitable, c'est de l'ingénierie. Sinon, le verrou justifie une opération de R&D.

4Opération de R&D

Hypothèses, démarche, travaux scientifiques et techniques, tests et validation.

5Intégration

La solution est appliquée au sous-projet, puis le produit est intégré, testé et validé hors R&D.

Frontière clé : seule l'étape 4 (et les travaux indispensables à sa réalisation) entre dans l'assiette. Un échec documenté reste éligible, car il accroît les connaissances.

Ce qui ne relève pas de la R&D

La doctrine liste des activités connexes exclues, même lorsqu'elles s'inscrivent dans un projet innovant : études de marché et de coûts, études de faisabilité selon les techniques existantes, adaptation des produits aux normes, formation, collecte et diffusion d'informations, veille technologique. Sont aussi exclus la mise en fabrication, l'outillage et la production d'essai.

À l'inverse, dès qu'une opération est qualifiée de R&D, l'ensemble des travaux scientifiques et techniques indispensables à sa réalisation est éligible, même s'ils ne seraient pas de la R&D pris isolément. C'est un point souvent sous-exploité : les développements, tests et jeux d'essais nécessaires pour lever le verrou entrent dans le périmètre.

Le cas particulier du numérique

Pour les éditeurs de logiciels, la doctrine procède en deux temps : identifier les incertitudes et les opérations qui leur sont liées, puis rattacher à la R&D la conception, le développement et les tests indispensables à ces opérations, en explicitant ce lien dans la gestion du projet.

Point de vigilance pour les startups SaaS

Le BOFiP rappelle que l'utilisation de systèmes existants pour une finalité nouvelle ne constitue pas en soi un progrès, et que l'acquisition d'une technologie existante (langage, framework, méthodologie de test) n'est pas de la R&D. Un produit innovant pour vos clients peut donc ne contenir aucune opération éligible.

Comment documenter l'état de l'art et les verrous ?

L'état de l'art est la pièce maîtresse du dossier. Le BOFiP le définit comme l'état des connaissances scientifiques et techniques au début des travaux, et non comme une comparaison avec la concurrence ou le constat que votre produit n'existe pas encore. Il doit s'appuyer sur les sources accessibles, gratuites ou payantes, brevets compris. Dans le numérique, la doctrine cite expressément les conférences scientifiques sélectives comme source de l'état des connaissances.

La doctrine distingue aussi l'incertitude scientifique de la simple carence de compétences. Si une solution existe sur le marché ou dans la littérature, les travaux pour la reproduire ne sont pas de la R&D, même si votre équipe ne la maîtrise pas. L'état de l'art sert précisément à prouver que vous avez cherché, trouvé ce qui existait et constaté que cela ne suffisait pas.

Une méthode en cinq étapes pour un état de l'art solide

  1. Formulez le problème technique, pas l'objectif commercial. « Réduire la latence d'inférence d'un modèle de vision sous 20 ms sur un terminal sans GPU » est un problème ; « proposer la meilleure application du marché » n'en est pas un.
  2. Interrogez les sources : publications à comité de lecture, actes de conférences, bases de brevets, dépôts open source de référence, documentation des solutions commerciales. Conservez les requêtes et les dates.
  3. Analysez chaque solution : ce qu'elle permet, ses limites chiffrées dans votre contexte, pourquoi elle ne répond pas au besoin.
  4. Énoncez le verrou en une ou deux phrases, puis les hypothèses de travail que vous allez tester.
  5. Datez et figez le document au lancement du projet, puis mettez-le à jour si une publication change la donne en cours de route.

Les indicateurs cités par le BOFiP renforcent la crédibilité sans être obligatoires : publications, encadrement de thèses CIFRE, collaborations avec des laboratoires publics, projets collaboratifs subventionnés, dépôts de logiciels ou enveloppes Soleau. Leur absence n'est pas rédhibitoire, leur présence n'est pas une preuve suffisante.

Quelles dépenses de personnel retenir et comment les justifier ?

Les dépenses de personnel représentent l'essentiel de l'assiette d'une startup, et l'essentiel des redressements. Le BOFiP (BOI-BIC-RICI-10-10-20-20) retient les chercheurs et techniciens de recherche directement et exclusivement affectés aux opérations de R&D. Les chercheurs sont des scientifiques ou ingénieurs ; la qualité de scientifique est reconnue à partir d'un diplôme de niveau master, et un salarié non diplômé peut être assimilé ingénieur s'il a acquis cette qualification dans l'entreprise.

Stagiaires et apprentis peuvent être assimilés à des techniciens de recherche sous conditions, et les dirigeants peuvent être retenus s'ils participent effectivement et personnellement aux projets.

Le temps passé : aucune estimation forfaitaire

Pour un salarié affecté à temps partiel, sa rémunération est retenue au prorata du temps réellement et exclusivement consacré à la recherche. La doctrine est explicite : l'entreprise doit pouvoir l'établir avec précision et rigueur, « toute détermination forfaitaire étant exclue ». Le prorata se calcule en heures ou jours consacrés à la R&D rapportés au total travaillé, puis s'applique à la rémunération brute, congés payés inclus.

Concrètement, un CTO qui code la moitié de son temps sur un verrou et consacre le reste au recrutement et à l'avant-vente doit disposer d'un relevé de temps par projet, tenu au fil de l'eau.

Cas pratique : la déclaration 2026 d'une startup deeptech

Prenons une startup d'IA embarquée soumise à l'IS, qui clôture au 31 décembre 2025 et déclare son CIR en 2026. Le CIR se calcule par année civile. En 2025, elle a exposé 360 000 € de salaires et charges de chercheurs et techniciens, dont 45 000 € jusqu'au 14 février et 315 000 € ensuite. Elle a aussi 20 000 € de dotations aux amortissements sur des serveurs de calcul affectés à la recherche, 50 000 € de travaux confiés à un laboratoire agréé, une subvention publique de 30 000 € affectée au projet et 8 000 € de frais de dépôt de brevet engagés en juin.

Le calcul, pas à pas :

  1. Forfait de fonctionnement sur la période ancienne : 45 000 × 43 % = 19 350 €.
  2. Forfait sur la période nouvelle : 315 000 × 40 % = 126 000 €.
  3. Forfait sur les amortissements : 20 000 × 75 % = 15 000 €.
  4. Sous-traitance agréée : 50 000 €, bien en dessous de la limite de trois fois les autres dépenses de recherche et du plafond de 10 M€ applicable en l'absence de lien de dépendance.
  5. Brevet : les frais engagés en juin 2025 sont postérieurs au 15 février et ne sont plus retenus.
  6. Subvention : 30 000 € viennent en déduction de la base.

Assiette CIR 2025 de la startup du cas pratique

Personnel R&D exposé du 1er janvier au 14 février 202545 000 €
Personnel R&D exposé du 15 février au 31 décembre 2025315 000 €
Dotations aux amortissements (serveurs de calcul)20 000 €
Forfait de fonctionnement : 45 000 × 43 %19 350 €
Forfait de fonctionnement : 315 000 × 40 %126 000 €
Forfait de fonctionnement : 20 000 × 75 %15 000 €
Sous-traitance à un laboratoire agréé50 000 €
Subvention publique affectée au projet− 30 000 €
Frais de dépôt de brevet engagés en juin 20250 € (exclus)
Assiette nette540 350 €
CIR 2025 (30 %)162 105 €

L'assiette nette atteint 360 000 + 20 000 + 19 350 + 126 000 + 15 000 + 50 000 − 30 000 = 540 350 €, soit un CIR de 162 105 € au taux de 30 %. Si l'entreprise avait appliqué 40 % à toute l'année, le forfait aurait été de 144 000 € au lieu de 145 350 € : l'écart, 1 350 € d'assiette et 405 € de crédit, est modeste mais montre l'intérêt d'une ventilation datée des salaires. À l'inverse, avoir laissé les 8 000 € de brevet dans la base aurait créé un risque de redressement sans contrepartie.

Le vrai sujet de ce dossier n'est pourtant pas le calcul, mais la preuve : relevés de temps des 360 000 € de salaires, agrément du laboratoire à la date des travaux, convention de subvention et état de l'art du projet. Pour la mécanique complète du calcul et les nouveautés de taux, reportez-vous à notre article sur le calcul du crédit d'impôt recherche en 2026.

Quel dossier justificatif tenir prêt pour un contrôle ?

Le BOFiP (BOI-BIC-RICI-10-10-60) indique que des agents du ministère chargé de la recherche peuvent vérifier la réalité de l'affectation des dépenses à la recherche, sur pièces ou sur place. L'entreprise dispose de 30 jours pour répondre, délai prorogeable. Surtout, si les justificatifs ne sont pas produits, l'affectation est réputée non justifiée. Le dossier doit donc exister avant la demande, pas être construit pendant.

Le dossier justificatif à tenir prêt, poste par poste
BlocPièces attenduesErreur fréquente
Dossier scientifique et techniqueContexte et objectifs, état de l'art daté et sourcé, verrous, hypothèses, travaux menés, résultats et échecs, indicateurs (publications, thèses, collaborations)Dossier rédigé un an après, sans trace des travaux de l'époque
Personnel de rechercheOrganigramme projet, diplômes ou justification de la qualification d'ingénieur, contrats, bulletins, DSN, relevés de temps par projetTaux d'affectation forfaitaire (« 50 % du CTO ») sans relevé
AmortissementsFactures d'acquisition, tableau d'amortissement, preuve d'affectation à la rechercheMatériel partagé avec la production retenu à 100 %
Sous-traitanceContrats, factures, preuve d'agrément du prestataire à la date des travaux, état des sous-traitants (2069-A-2-SD)Prestataire non agréé ou agrément expiré
DéductionsConventions de subventions et d'avances remboursables, factures de conseil liées au crédit d'impôtSubvention Bpifrance ou régionale oubliée dans le calcul
Déclaratif2069-A-SD, 2069-RCI-SD, relevé de solde, échanges avec l'administration, rescrit éventuelFormulaires archivés sans le détail de calcul

La structure recommandée du dossier technique

Pour chaque projet, reprenez la démarche du BOFiP : contexte et objectifs, état de l'art, verrous identifiés, hypothèses et démarche, travaux réalisés avec les personnes impliquées, résultats obtenus ou échecs, puis indicateurs de recherche. Ajoutez une annexe financière qui relie chaque ligne de la 2069-A-SD aux projets décrits.

Rescrit, contrôle, prescription : quel calendrier pour 2026 ?

La déclaration 2069-A-SD est déposée, pour une société à l'IS, avec le relevé de solde, soit au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture. Le montant est ensuite reporté sur la 2069-RCI-SD. Au-delà de 10 M€ de dépenses, un état complémentaire 2069-A-1-SD est exigé ; la liste des sous-traitants figure sur le 2069-A-2-SD.

Le rescrit CIR prévu au 3° de l'article L. 80 B du LPF permet de faire valider l'éligibilité d'un programme de recherche avant de déclarer. La demande doit être déposée au moins six mois avant la date limite de dépôt de la déclaration spéciale ; le silence de l'administration pendant trois mois vaut accord tacite. Pour une société qui clôture au 31 décembre, la date limite d'une demande sur le CIR de l'année est le 15 novembre de cette même année. Les PME peuvent en outre faire valider un montant plancher de dépenses de l'année en cours.

Calendrier d'une société à l'IS qui clôture au 31 décembre

15 février 2025

Bascule des règles. Les dépenses exposées à partir de cette date suivent les nouvelles règles (40 %, fin des brevets, de la veille et du dispositif jeunes docteurs).

15 mai 2026

Déclaration du CIR 2025. La 2069-A-SD est déposée avec le relevé de solde d'IS de l'exercice 2025.

15 novembre 2026

Date limite du rescrit CIR 2026. La demande doit précéder d'au moins six mois la date limite de dépôt de la déclaration du CIR 2026.

15 mai 2027

Déclaration du CIR 2026. Même échéance, calée sur le relevé de solde d'IS.

31 décembre 2029

Fin du droit de reprise sur le CIR 2025. L'administration peut contrôler jusqu'à la fin de la troisième année suivant le dépôt de la déclaration.

À la mi-octobre 2026, la fenêtre du rescrit sur le CIR 2026 est donc presque refermée pour les sociétés calendaires. Notre article sur le rescrit et la comptabilisation du CIR détaille le contenu d'une demande recevable.

Le droit de reprise

Le droit de reprise de l'administration court jusqu'à la fin de la troisième année suivant le dépôt de la déclaration spéciale. Un CIR 2025 déclaré en 2026 peut ainsi être contrôlé jusqu'au 31 décembre 2029. En cas de désaccord sur la partie scientifique, le comité consultatif du crédit d'impôt pour dépenses de recherche peut être saisi dans un délai de 30 jours.

Quelles erreurs fréquentes font tomber un CIR ?

  • Confondre innovation et R&D : un produit nouveau pour le marché n'implique pas de verrou scientifique ou technique. Les travaux d'innovation de produit des PME relèvent éventuellement du CII.
  • Un état de l'art absent ou commercial : un benchmark concurrentiel ne remplace pas l'analyse des connaissances scientifiques et techniques.
  • Des temps forfaitaires : « 80 % de l'équipe tech » sans relevé est exclu par la doctrine.
  • Appliquer les anciennes règles à toute l'année 2025 : 43 % sur tout l'exercice, jeunes docteurs doublés au-delà du 14 février, brevets ou veille maintenus.
  • Oublier une déduction : subvention régionale, aide Bpifrance ou prestations de conseil liées au crédit doivent être retirées de la base, dans les conditions du III de l'article 244 quater B.
  • Sous-traiter à un prestataire non agréé ou dont l'agrément ne couvre pas l'année des travaux.
  • Retenir des travaux postérieurs à la levée des incertitudes : industrialisation, mise en production, maintenance corrective.

Sur la sous-traitance, vérifiez la liste des organismes agréés avant de signer, et non au moment de déclarer ; notre article sur l'agrément CIR et ses conditions explique la démarche côté prestataire comme côté donneur d'ordre.

Comment appliquer le guide CIR 2025 à votre organisation ?

La sécurisation du CIR est un process continu, pas un exercice de fin d'année. Voici la checklist que nous recommandons aux CFO de startups.

  1. Au lancement de chaque projet : fiche projet avec problème technique, état de l'art daté et verrous.
  2. Chaque semaine : relevé de temps par projet, validé par le responsable technique.
  3. Chaque trimestre : point d'avancement écrit, pistes abandonnées et résultats intermédiaires.
  4. À la signature d'un contrat de sous-traitance : contrôle de l'agrément et archivage de la preuve.
  5. À l'octroi d'une aide publique : rattachement de la convention au projet pour la déduire.
  6. Six mois avant la déclaration : décision sur un éventuel rescrit pour les projets à la frontière.
  7. À la clôture : ventilation comptable des dépenses par poste et par projet, rapprochement avec la paie et les DSN.

En résumé : sécuriser son CIR, c'est documenter avant de déclarer

La doctrine 2025 n'a pas changé la définition de la R&D, mais elle a resserré l'assiette en cours d'année et rappelé avec force que la preuve incombe à l'entreprise. Pour vos déclarations de 2026 et 2027, trois réflexes suffisent : ventiler les dépenses de 2025 autour du 15 février, tenir un état de l'art et des relevés de temps au fil de l'eau, et décider avant le 15 novembre des projets à soumettre en rescrit.

Vous voulez faire relire votre dossier avant un contrôle ou structurer votre process CIR dès maintenant ? Découvrez notre accompagnement en optimisation fiscale des entreprises innovantes (CIR, CII, JEI).

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Foire aux questions

Le guide CIR 2025 a-t-il une valeur juridique ?

Non. Le guide publié par le ministère chargé de la recherche est un document d'explication. La loi (article 244 quater B du CGI) et la doctrine publiée au BOFiP, opposable à l'administration, font foi. Le guide reste précieux car il reflète la grille de lecture des experts scientifiques qui examinent les dossiers techniques lors d'un contrôle. En cas de divergence, appuyez-vous sur le BOFiP.

Les nouvelles règles s'appliquent-elles à tout le CIR 2025 ?

Non. Les modifications de la loi de finances pour 2025 (forfait de fonctionnement à 40 %, fin du dispositif jeunes docteurs, exclusion des brevets et de la veille) s'appliquent aux dépenses exposées à compter du 15 février 2025. Les dépenses antérieures restent soumises aux anciennes règles. La déclaration du CIR 2025 doit donc ventiler les dépenses selon leur date.

Quelle pièce est la plus importante en cas de contrôle ?

L'état de l'art daté, associé à la description des verrous, est la pièce maîtresse de la partie scientifique. Côté financier, ce sont les relevés de temps du personnel de recherche : la doctrine exclut toute détermination forfaitaire. Sans justificatifs produits dans le délai de réponse de 30 jours, l'affectation des dépenses est réputée non justifiée.

Jusqu'à quand peut-on déposer un rescrit sur le CIR 2026 ?

La demande doit être déposée au moins six mois avant la date limite de dépôt de la déclaration spéciale 2069-A-SD. Pour une société à l'IS clôturant au 31 décembre 2026, qui déclare au plus tard le 15 mai 2027, la date limite est le 15 novembre 2026. Le silence de l'administration pendant trois mois vaut accord tacite.

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