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Entrepreneuriat & croissance

Autoentrepreneur ou SASU : quand passer en société et comment s'y prendre

Date
27.10.2026
Durée
16 minutes
Autoentrepreneur ou SASU : seuils 2026, signaux qui justifient le passage en société, cas chiffré et marche à suivre pour basculer sans rupture.
Visuel Digifec illustrant la croissance d'un autoentrepreneur qui passe en SASU pour structurer son activité

Votre micro-entreprise a fait ses preuves : les clients signent, le chiffre d'affaires grimpe, et la question revient à chaque déclaration Urssaf. Autoentrepreneur ou SASU : faut-il rester dans le régime le plus simple de France, ou basculer en société pour payer moins, se protéger et préparer la suite ? Mal tranchée, cette décision coûte cher dans les deux sens : une SASU créée trop tôt alourdit la gestion pour rien, une micro conservée trop longtemps fait payer des cotisations sur un bénéfice que vous n'avez pas réalisé.

Ce guide vous donne les seuils légaux 2026, les signaux économiques qui justifient le changement, un cas chiffré pas à pas et la marche à suivre pour passer de l'un à l'autre sans rupture d'activité. Il s'adresse aux freelances tech, consultants et fondateurs qui testent un produit en solo avant de structurer une startup.

Chez DIGIFEC, cabinet d'expertise comptable dédié aux startups et entreprises innovantes, nous accompagnons très souvent cette bascule : elle est fréquemment la première étape vers une levée de fonds. Voici la méthode que nous appliquons avec nos clients.

Autoentrepreneur ou SASU : quelles différences de fond ?

La micro-entreprise n'est pas une forme juridique : c'est un régime fiscal et social simplifié appliqué à une entreprise individuelle. Vous calculez vos cotisations et votre impôt directement sur le chiffre d'affaires encaissé, sans tenir de comptabilité complète. La SASU, elle, est une société par actions simplifiée à associé unique : une personne morale distincte de vous, qui a son propre compte bancaire, son propre bénéfice et son propre impôt.

Cette différence de nature change tout le reste. En micro, ce que l'entreprise gagne est votre revenu personnel, imposé chez vous. En SASU, la société réalise un bénéfice soumis à l'impôt sur les sociétés, puis vous décidez de ce que vous en prélevez : un salaire de président, des dividendes, ou rien du tout si vous préférez réinvestir.

Auto-entrepreneur ou SASU : ce qui change concrètement
CritèreMicro-entrepriseSASU
PatrimoineEntrepreneur individuel : patrimoine professionnel distinct par défaut, sans personne moraleSociété distincte de l'associé unique, responsabilité limitée aux apports
Base de calcul des chargesChiffre d'affaires encaissé, sans déduction des frais réelsBénéfice réel, après déduction de toutes les charges justifiées
FiscalitéImpôt sur le revenu après abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 %), ou versement libératoireImpôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), 25 % au-delà
Rémunération du dirigeantLe bénéfice est le revenu, il n'y a pas de salaireSalaire de président (assimilé salarié) et/ou dividendes
Plafond d'activité83 600 € (services) ou 203 100 € (vente)Aucun
Ouverture du capitalImpossibleEntrée d'associés, BSPCE, BSA AIR, levée de fonds
FormalismeTrès léger : déclaration du CA, livre des recettesComptabilité d'engagement, comptes annuels, décisions de l'associé unique

Pour une comparaison détaillée des formes juridiques adaptées à un projet innovant, consultez notre article SAS ou SASU pour lancer sa startup : avantages et inconvénients. Si vous hésitez encore avec l'EURL, notre comparatif EURL ou SASU pour lancer une activité en solo détaille les écarts de cotisations et de fiscalité.

Quels sont les seuils de la micro-entreprise en 2026 ?

Trois séries de seuils encadrent le régime micro. Les confondre est l'erreur la plus fréquente, car ils ne déclenchent pas les mêmes conséquences. Les chiffres ci-dessous sont ceux publiés par l'administration pour 2026 (plafonds micro sur Service Public Entreprendre et seuils de franchise en base de TVA).

Micro-entreprise : les seuils qui comptent en 2026
ActivitéPlafond de CA microFranchise TVA (seuil de base / majoré)Cotisations sociales (% du CA)
Vente de marchandises, hébergement203 100 €85 000 € / 93 500 €12,3 %
Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC)83 600 €37 500 € / 41 250 €21,2 %
Activité libérale non réglementée (BNC, SSI)83 600 €37 500 € / 41 250 €25,6 %
Activité libérale réglementée relevant de la Cipav83 600 €37 500 € / 41 250 €23,2 %

Le plafond de chiffre d'affaires et la règle des deux années

Le plafond s'apprécie sur le chiffre d'affaires hors taxes. Point essentiel : un dépassement sur une seule année ne fait pas sortir du régime. Il faut dépasser le plafond deux années civiles consécutives. La sortie intervient alors automatiquement au 1er janvier de l'année qui suit la deuxième année de dépassement.

Exemple : une consultante facture 90 000 € en 2025 puis 95 000 € en 2026. Elle reste micro-entrepreneuse en 2026, mais elle bascule au régime réel au 1er janvier 2027. Si son CA 2026 était retombé à 80 000 €, elle serait restée au régime micro. L'année de création, le plafond est proratisé selon le nombre de jours d'activité.

Les activités mixtes

Si vous combinez vente et prestations de services, par exemple la vente de licences et des missions d'intégration, deux limites s'appliquent : le CA total ne doit pas dépasser 203 100 €, et la part services ne doit pas dépasser 83 600 €. Ce double test surprend souvent les éditeurs de logiciels qui démarrent en solo.

La franchise de TVA, un seuil indépendant

La franchise en base de TVA suit ses propres seuils, bien inférieurs aux plafonds micro pour les services. Le projet de seuil unique à 25 000 €, un temps prévu par la loi de finances 2025, a été abandonné : les seuils de 37 500 € et 85 000 € restent en vigueur en 2026.

Point de vigilance : la franchise de TVA tombe avant le plafond micro

Pour une activité de services, la franchise en base de TVA cesse au-delà de 37 500 € de CA sur l'année précédente, et dès le premier jour où le CA de l'année en cours dépasse 41 250 €. Vous pouvez donc rester micro-entrepreneur tout en facturant la TVA : ce n'est pas, à lui seul, une raison de créer une SASU, puisque la société sera elle aussi redevable de la TVA.

Quels signaux montrent qu'il est temps de passer en SASU ?

Le plafond légal est le signal le plus visible, mais rarement le plus pertinent. Dans notre pratique, la décision se joue sur cinq indicateurs, que vous pouvez évaluer en une heure avec vos relevés bancaires.

Signal 1 : vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire

En micro, l'administration fiscale considère que vos frais représentent un pourcentage fixe du CA : 34 % pour les activités libérales (BNC), 50 % pour les prestations de services commerciales, 71 % pour la vente. Côté social, c'est encore plus net : les cotisations sont calculées sur le CA brut, sans aucune déduction. Si vous payez des licences logicielles, du matériel, un sous-traitant, des déplacements ou un espace de coworking pour une part significative de votre CA, vous cotisez sur un revenu que vous ne percevez pas.

Signal 2 : vous voulez réinvestir plutôt que consommer

En micro, tout le bénéfice est imposé chez vous dans l'année, même si vous le laissez sur le compte professionnel. En SASU, le bénéfice non distribué n'est soumis qu'à l'impôt sur les sociétés : 15 % sur les 42 500 premiers euros pour une société éligible au taux réduit, 25 % au-delà. C'est un levier majeur si vous préparez un recrutement, le développement d'un produit ou une phase de R&D.

Signal 3 : un associé, un investisseur ou des BSPCE à l'horizon

Une entreprise individuelle n'a pas de capital : impossible d'y faire entrer un cofondateur, un business angel ou un fonds. Les BSPCE et les BSA AIR supposent une société par actions. Dès qu'une levée de fonds, même modeste, entre dans votre plan à douze mois, la SASU (qui deviendra SAS à l'arrivée du premier associé) n'est plus une option mais un prérequis.

Signal 4 : vos clients ou vos marchés l'exigent

Certains grands comptes et acheteurs publics référencent plus difficilement des micro-entrepreneurs, notamment pour des questions de dépendance économique ou de requalification en salariat. Une société rassure aussi les clients étrangers et les partenaires bancaires. Si vous perdez des appels d'offres à cause de votre statut, le signal est clair.

Signal 5 : vous approchez du plafond deux années de suite

Si votre carnet de commandes annonce un dépassement durable, mieux vaut choisir votre structure que la subir. Sans démarche de votre part, la sortie du régime micro vous fait basculer au régime réel en entreprise individuelle, avec une comptabilité complète et des cotisations calculées sur le bénéfice, mais sans les avantages d'une société.

Arbre de décision : faut-il quitter la micro-entreprise ?

1. Allez-vous lever des fonds, accueillir un associé ou attribuer des BSPCE dans les 12 mois ?
Oui : société par actions indispensable. Passez en SASU (ou SAS) sans attendre.
Non : question 2.
2. Votre CA va-t-il dépasser le plafond micro deux années de suite ?
Oui : la sortie sera imposée. Anticipez la structure plutôt que de subir le régime réel en entreprise individuelle.
Non : question 3.
3. Vos charges réelles dépassent-elles l'abattement forfaitaire (34 %, 50 % ou 71 %) ?
Oui : la micro vous fait payer des charges sur un bénéfice fictif. Chiffrez la SASU.
Non : question 4.
4. Souhaitez-vous laisser une partie du bénéfice dans l'entreprise pour investir ou recruter ?
Oui : l'IS à 15 % sur la première tranche rend la SASU pertinente.
Non : la micro reste probablement le bon cadre pour l'instant.
Deux « oui » ou plus : la question n'est plus « faut-il passer en SASU ? » mais « à quelle date ? ».

Cas pratique chiffré : micro-entreprise ou SASU pour une développeuse freelance ?

Léa est développeuse freelance en activité libérale non réglementée (BNC, affiliée à la sécurité sociale des indépendants). En 2026, elle prévoit 82 000 € de chiffre d'affaires, juste sous le plafond, et 18 000 € de charges réelles : poste de travail, abonnements cloud, outils de développement, et une mission sous-traitée à un designer. Elle hésite à passer en SASU et à se rémunérer uniquement en dividendes.

Étape 1 : le calcul en micro-entreprise

Les cotisations sociales s'élèvent à 25,6 % du CA, soit 82 000 × 25,6 % = 20 992 €. Les 18 000 € de charges sont bien payés, mais non déductibles. Il reste à Léa 82 000 − 18 000 − 20 992 = 43 008 € avant impôt sur le revenu.

Côté fiscal, l'abattement BNC de 34 % ramène son revenu imposable à 82 000 × 66 % = 54 120 €, intégré au barème progressif de son foyer. Son revenu imposable dépasse le montant réel de ce qu'elle perçoit, ce qui illustre le coût de l'abattement forfaitaire lorsque les frais réels sont élevés.

Étape 2 : le calcul en SASU sans salaire

La société déduit les 18 000 € de charges et, par hypothèse, 3 000 € de frais propres à la société (expert-comptable, banque, assurance). Le bénéfice imposable atteint 82 000 − 18 000 − 3 000 = 61 000 €. L'IS se calcule par tranche : 42 500 × 15 % = 6 375 €, puis (61 000 − 42 500) × 25 % = 4 625 €, soit 11 000 € d'IS. Le bénéfice après impôt est de 50 000 €.

Si Léa distribue l'intégralité en dividendes, le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % s'applique (12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, selon la fiche officielle sur la fiscalité des dividendes). Elle paie 15 700 € et conserve 34 300 € nets, impôt compris.

Cas pratique : Léa, développeuse freelance, 82 000 € de CA
ÉtapeMicro-entreprise (BNC)SASU sans salaire (dividendes)
Chiffre d'affaires HT82 000 €82 000 €
Charges réelles (logiciels, matériel, sous-traitance)18 000 € payés, non déductibles− 18 000 €
Honoraires comptables et frais de structure (hypothèse)—− 3 000 €
Cotisations sociales− 20 992 € (25,6 % du CA)0 € (pas de rémunération)
Impôt sur les sociétés—− 11 000 € (6 375 € à 15 % + 4 625 € à 25 %)
Disponible avant impôt personnel43 008 €50 000 € de dividende brut
Fiscalité personnelleIR au barème sur 54 120 € (82 000 € − 34 %)PFU 31,4 % : − 15 700 €
Ce qui reste et ce qui est couvertNet après IR selon foyer, retraite et maladie cotisées34 300 € net, aucune protection sociale acquise

Étape 3 : ce que les chiffres disent vraiment

Le résultat surprend souvent : à ce niveau de CA, la SASU « 100 % dividendes » n'est pas un raccourci miracle. Les 20 992 € de cotisations micro financent une retraite de base, une couverture maladie et des indemnités journalières, alors que le président de SASU non rémunéré n'acquiert aucun droit social. La comparaison honnête doit porter sur le net après impôt personnel et sur le niveau de protection, pas seulement sur le montant des prélèvements.

La SASU devient nettement plus intéressante dans trois configurations : quand les charges réelles augmentent (plus elles dépassent l'abattement forfaitaire, plus l'écart se creuse), quand Léa laisse une partie du bénéfice dans la société pour financer un développement (elle ne supporte alors que 15 % d'IS sur cette part), et quand le CA dépasse le plafond micro. Dans la pratique, la solution optimale combine souvent un salaire de président et des dividendes.

Pour arbitrer précisément entre ces deux modes de rémunération, servez-vous de notre simulation SASU salaire ou dividendes pour le fondateur, qui détaille plusieurs scénarios chiffrés.

83 600 €plafond micro pour les services et les activités libérales en 2026
2 ansde dépassement consécutif avant la sortie forcée du régime
15 %d'IS sur les 42 500 premiers euros de bénéfice d'une SASU éligible
31,4 %de PFU sur les dividendes perçus en 2026

Quelles conséquences sociales en passant de micro-entrepreneur à président de SASU ?

En micro-entreprise, vous êtes travailleur indépendant : cotisations proportionnelles au CA, payées chaque mois ou chaque trimestre, pas de cotisations si vous n'encaissez rien. En SASU, le président est assimilé salarié lorsqu'il est rémunéré : il relève du régime général de la sécurité sociale, avec un bulletin de paie, mais sans assurance chômage au titre de son mandat.

Les cotisations d'un assimilé salarié sont proportionnellement plus élevées que celles d'un indépendant, en contrepartie d'une meilleure couverture (prévoyance, retraite complémentaire). Surtout, elles ne sont dues que sur la rémunération effectivement versée. Vous pouvez donc moduler : aucune paie les premiers mois, puis un salaire calibré une fois le chiffre d'affaires sécurisé.

L'ACRE : à vérifier avant de créer

L'aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise (ACRE) n'est pas accordée si vous en avez déjà bénéficié au cours des trois années précédentes. Si vous l'avez obtenue pour votre micro-entreprise récemment, ne la comptez pas dans votre prévisionnel SASU. Pour les dirigeants de société, l'ACRE doit désormais être demandée à l'Urssaf, et l'exonération partielle de 25 % ne joue que jusqu'à 36 045 € de revenu, avec une dégressivité jusqu'à 48 060 € (conditions détaillées de l’ACRE).

Comment passer d'auto-entrepreneur à SASU : la marche à suivre

Une entreprise individuelle ne se « transforme » pas en société. La méthode consiste à créer une SASU, transférer l'activité, puis fermer la micro-entreprise, dans un ordre qui évite toute interruption de facturation.

Passer de la micro-entreprise à la SASU en 6 étapes

1Simuler

Comparer micro, SASU salaire et SASU dividendes sur 12 à 24 mois, avec vos vraies charges.

2Choisir la date

Viser un démarrage en début d'année civile ou de trimestre pour simplifier les déclarations.

3Décider du transfert

Simple redémarrage, apport ou cession du fonds : selon ce que vaut votre activité.

4Créer la SASU

Statuts, dépôt du capital, annonce légale, immatriculation sur le guichet unique.

5Basculer clients et contrats

Avenants, nouvelles coordonnées bancaires, nouveau numéro de TVA sur les factures.

6Clôturer la micro

Déclarer la cessation, le dernier chiffre d'affaires, et solder les cotisations.

1. Simuler et fixer la date de bascule

Comparez au moins trois scénarios sur douze à vingt-quatre mois : rester micro, SASU avec salaire, SASU avec dividendes. Utilisez vos vraies charges, pas des moyennes. Choisissez ensuite une date de bascule : un démarrage au 1er janvier simplifie la dernière déclaration de revenus de la micro et l'exercice comptable de la société, mais une date en cours d'année reste tout à fait possible.

2. Choisir le mode de transfert de l'activité

Trois options existent, selon la valeur de ce que vous transférez :

  • Le redémarrage simple : la SASU signe de nouveaux contrats avec vos clients, et la micro cesse. C'est la voie la plus courante pour les prestataires de services intellectuels, dont la valeur tient surtout à leurs compétences.
  • L'apport du fonds individuel au capital de la SASU : clientèle, nom commercial, site, matériel, code ou marque deviennent des actifs de la société en échange d'actions. Selon la valeur des apports, l'intervention d'un commissaire aux apports peut être requise, et un régime de faveur permet, sous conditions, de reporter l'imposition des plus-values.
  • La cession du fonds à la SASU : la société vous rachète l'activité, éventuellement à crédit via votre compte courant d'associé. Cette option génère une plus-value imposable et des droits d'enregistrement : elle se chiffre au cas par cas.

Attention à la propriété intellectuelle : si vous avez développé un logiciel ou une marque en micro, ils vous appartiennent personnellement. Un investisseur exigera qu'ils soient détenus par la société. Mieux vaut organiser leur transfert dès la création que lors de la due diligence.

3. Créer la SASU

Les étapes sont classiques : rédaction des statuts, dépôt des apports en numéraire sur un compte bloqué, publication d'une annonce légale, puis immatriculation sur le guichet unique des formalités des entreprises. Le capital est librement fixé par les statuts : dimensionnez-le pour couvrir vos premiers mois de charges et rassurer banques et clients. Notre guide création de SASU : étapes, coût et délais détaille chaque formalité, et notre guide juridique pour créer une start-up couvre les clauses à prévoir si une levée est en vue.

4. Basculer clients, contrats et outils

Prévenez vos clients par écrit, faites signer des avenants ou de nouveaux contrats au nom de la SASU, et communiquez le nouveau RIB. Mettez à jour vos mentions de facturation (dénomination, SIREN, numéro de TVA intracommunautaire). Transférez les abonnements, les noms de domaine et les comptes de plateformes. Gardez le compte de la micro ouvert quelques mois pour encaisser les dernières factures émises avant la bascule.

5. Fermer la micro-entreprise

Déclarez la cessation d'activité sur le guichet unique. Déclarez ensuite à l'Urssaf le chiffre d'affaires encaissé jusqu'à la date de cessation, et intégrez-le dans votre déclaration de revenus de l'année. Vérifiez enfin la situation au regard de la TVA si vous en étiez redevable : une dernière déclaration doit solder la période.

Quelles erreurs éviter lors du passage en SASU ?

  • Décider sur le seul montant des cotisations : une SASU sans salaire paraît moins chère, mais ne vous constitue aucune retraite ni couverture d'arrêt de travail.
  • Garder la micro en parallèle pour la même activité afin de répartir le chiffre d'affaires sous le plafond : le montage est fragile et risque d'être requalifié.
  • Oublier la propriété intellectuelle : code, marque et nom de domaine restent à votre nom tant qu'ils ne sont pas cédés ou apportés à la société.
  • Confondre franchise de TVA et plafond micro : facturer la TVA ne vous oblige pas à créer une société, et créer une société ne vous dispense pas de la TVA.
  • Compter deux fois sur l'ACRE : la règle des trois ans s'applique au créateur, pas à la structure.
  • Sous-estimer le formalisme : comptes annuels, approbation par l'associé unique, dépôt au greffe et rigueur dans la séparation entre compte personnel et compte de la société.
  • Créer la SASU avant d'avoir un business : tant que le CA est faible et les charges limitées, la micro reste un excellent outil de test.

Checklist : êtes-vous prêt à quitter la micro-entreprise ?

  1. J'ai calculé mes charges réelles des douze derniers mois et leur part dans mon CA.
  2. J'ai projeté mon CA sur deux ans et vérifié le risque de dépassement du plafond.
  3. J'ai comparé le net après impôt et la protection sociale dans au moins trois scénarios.
  4. J'ai identifié ce que la société doit détenir : contrats, code, marque, domaine, matériel.
  5. J'ai choisi une date de bascule et prévenu mes principaux clients.
  6. J'ai prévu le capital et la trésorerie de démarrage de la SASU.
  7. J'ai organisé ma comptabilité : outil de gestion, banque professionnelle, expert-comptable.
  8. J'ai vérifié mon éligibilité à l'ACRE et mon calendrier de déclarations de la micro.

En résumé : passer en SASU au bon moment, et pour les bonnes raisons

La micro-entreprise reste le meilleur cadre pour tester une activité. Elle devient un frein lorsque vos charges réelles dépassent l'abattement, lorsque vous voulez réinvestir vos bénéfices, lorsqu'un associé ou un investisseur se profile, ou lorsque vous allez dépasser le plafond de 83 600 € (services) ou 203 100 € (vente) deux années de suite. Le passage en SASU se prépare : simulation, choix du mode de transfert, création de la société, bascule des contrats, puis fermeture de la micro.

Vous souhaitez chiffrer votre situation et sécuriser la bascule ? Découvrez notre accompagnement en structuration et croissance des entreprises digitales : nous modélisons vos scénarios et prenons en charge la création de votre SASU.

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Foire aux questions

À partir de quel chiffre d'affaires passer d'auto-entrepreneur à SASU ?

Il n'existe pas de chiffre magique. Le plafond micro (83 600 € pour les services, 203 100 € pour la vente en 2026) fixe une limite légale, mais le bon moment dépend surtout de vos charges réelles, de votre besoin de protection sociale et de vos projets. Une activité avec beaucoup de frais, ou qui veut réinvestir ses bénéfices, a intérêt à passer en SASU bien avant le plafond.

Que se passe-t-il si je dépasse le plafond de la micro-entreprise ?

Un dépassement sur une seule année ne fait pas perdre le régime. Si le plafond est dépassé deux années civiles consécutives, vous basculez au 1er janvier suivant vers le régime réel d'imposition et le régime social classique de l'entrepreneur individuel. Vous restez alors en entreprise individuelle : la création d'une SASU reste une décision distincte, que vous pouvez anticiper.

Peut-on transformer une micro-entreprise en SASU ?

Juridiquement, on ne transforme pas une entreprise individuelle en société : on crée une SASU, puis on lui transfère l'activité. Trois voies existent : redémarrer simplement l'activité dans la société en fermant la micro, apporter le fonds individuel au capital, ou le céder à la SASU. Pour la plupart des prestataires de services sans actif significatif, le redémarrage avec reprise des contrats clients est la solution la plus simple.

Peut-on garder sa micro-entreprise en créant une SASU ?

C'est possible si les deux structures exercent des activités réellement distinctes, avec des clients et une facturation séparés. En revanche, conserver la micro pour la même activité, en répartissant le CA pour rester sous le plafond, expose à une requalification. Dans la grande majorité des cas, la micro est fermée lorsque la SASU démarre.

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